AFFAIRE MASSI : LA FRANCE DEFEND LES DROITS HUMAINS
En 1990 au Sommet France-Afrique de la Baule, le Président François Mitterrand a pris une décision historique : celle de la démocratisation des anciennes colonies de la France.
Cette mesure tirait son fondement dans le fait que les coups d’Etat étaient le mode d’accès au pouvoir le plus courant, les dictateurs brillaient à cette époque par la gestion patrimoniale des deniers publics et ressources naturelles. Ils n’avaient pas de considération pour leurs concitoyens et excellaient dans les violations des droits humains. Aujourd’hui, après vingt années d’expérience démocratique, les dirigeants centrafricains demeurent les mauvais élèves de la démocratie parce qu’ils ne tirent pas les leçons de l’histoire. Hier, le président Patassé a instauré une dictature à tout casser teinté de la mal gouvernance, des multiples violations des droits humains et de clanisme etc., son refus de s’ouvrir au dialogue mais surtout l’implication des rebelles du Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba ont accéléré sa chute. Sous l’actuel régime, au lieu de panser les plaies laissées par Ange Félix Patassé en appliquant les recommandations issues des deux concertations nationales, l’homme du 15 mars 2003 est tombé, à la surprise des Centrafricains, dans le piège des maux qui ont miné la société centrafricaine. Avec les actions engagées par Mme Denise Massi sur le plan politique et juridique afin d’amener les princes du pouvoir à fixer l’opinion publique nationale et internationale sur la disparition prolongée de son mari, le Colonel Charles Massi, Président de la CPJP, l’actuel régime doit désormais tout mettre en œuvre pour tirer son épingle du jeu. Nous publions ci-dessous la correspondance au président Nicolas Sarkozy et la réponse de la Présidence de la France.
Madame Denise NERIS-MASSI
10 avenue de Budenheim
95600 – EAUBONNE
TEL : 06.28.27.65.87
e-mail : denise.neris@fodem.org
A
Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française
Palais de l’Elysée
PARIS
Eaubonne, le 18 janvier 2010
OBJET : A propos de l’assassinat du Colonel Charles MASSI par Monsieur François BOZIZE,
Président de la République Centrafricaine.
Monsieur le Président de la République,
Mon époux, le Pharmacien-Colonel Charles MASSI, ancien Ministre d’Etat, Président-Fondateur du FODEM (parti politique - Forum Démocratique pour la Modernité), Député Titulaire de BABOUA (République Centrafricaine) et désigné Président du Conseil Politique de la C.P.J.P. (Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix) pour aider, ce mouvement de Centrafricains en rébellion, à trouver une solution pacifique avec le Président François BOZIZE) a été enlevé le 18 décembre 2009 par des hommes vêtus d’uniformes tchadiens dans la zone des trois frontières TCHAD-CAMEROUN-R.C.A.
Nos investigations et les témoignages vérifiés ont conclu que le Colonel Charles MASSI avait été retenu par les autorités tchadiennes à DOBA (Tchad) jusqu’au 31 décembre 2009 et remis aux autorités centrafricaines le 1er janvier 2010.
A la recherche de la vérité sur le sort de mon époux, je suis arrivée à Bangui le mercredi 13 février 2010, à 23h30. Le lendemain à 16h, alors que j’étais chez moi en compagnie de Maître MOROUBA, Avocat à Bangui, et de son assistant, une vingtaine de policiers armés ont fait irruption dans mon salon et m’ont demandé de les suivre, sans aucun motif ni destination.
Bien que mon avocat ait exigé de connaître, à défaut d’être signifié, le motif de cette interpellation, mes téléphones portables m’ont été violemment retirés et l’interdiction de prévenir l’Ambassade de France et ma famille m’a été faite. Grâce à la présence gênante de mon avocat, empêchant qu’ils me violentent, les « hautes instances », qui avaient donné l’ordre de m’intercepter, invoquèrent, par téléphone, la sécurité d’Etat et décidèrent de m’expulser par le premier vol pour la France.
Il ne m’a même pas été donné la possibilité d’arranger mes effets et de fermer mon
domicile. J’ai été conduite « manu-militari » à l’aéroport où j’ai attendu, sous bonne garde, le vol Air France du jeudi 14 février à destination de Paris dans lequel ils m’ont obligée à monter.
Choqués, devant ces méthodes d’un autre temps, des membres de l’entourage du Président BOZIZE nous ont fait parvenir des informations confirmant l’assassinat de mon époux, informations également récupérées par les enquêtes menées sur le terrain par les médias indépendants, nos parents et nos amis.
A ce jour, nous avons appris que le parcours effectué dans la plus grande discrétion par les proches du Président BOZIZE a situé mon époux au Camp de Roux à Bangui, où il a subi des tortures pour en décéder lors de son transfert dans la tristement célèbre prison de Bossembélé, dénommée « Guantanamo », le vendredi 8 janvier 2010 vers 19 heures.
Excellence, Monsieur le Président de la République,
Le Pharmacien-Colonel Charles MASSI, Ancien élève de l’Ecole de Santé Navale de Bordeaux et Pharmacien Biologiste des Armées, a deux filles et une épouse françaises. Mon « expulsion » vers la France est un aveu cinglant de l’implication directe du Président François BOZIZE dans l’enlèvement et la mise à mort de mon époux. Elle avait pour seul but de m’empêcher d’accéder à la vérité en toute violation des Droits de l’Homme et des principes les plus élémentaires de l’honneur et de la dignité.
Charles MASSI, plusieurs fois Ministre et Député, est connu de tous pour la qualité de son travail, son intégrité et son courage. Il paye aujourd’hui son combat pour la Paix et la Justice !
Excellence, Monsieur le Président de la République.
Au nom de toute sa famille, de ses amis et soutiens, je sollicite votre intervention, à titre humanitaire, auprès du Président François BOZIZE pour permettre au CICR ou à toute autre organisation indépendante de rencontrer Charles MASSI afin de nous rassurer sur le fait qu’il soit bien en vie comme l’affirment les autorités centrafricaines, ou bien qu’ils nous restituent son corps, car nous avons tout lieu de croire qu’un malheur inévitable lui est arrivé.
Pour nous tous, au-delà de la peine et de la détresse, nous vivons suspendus dans le temps depuis sa disparition, il y a un mois exactement, car rien n’est pire que de ne pas savoir.
Veuillez recevoir, Excellence Monsieur le Président de la République, nos plus respectueux remerciements.
Madame Denise NERIS-MASSI
Réponse Présidence France
Paris, le 4 février 2010
Présidence de la République
RM/PP
Le Conseiller Diplomatique adjoint
Chargé de l’Afrique
Madame,
Vous avez appelé l’attention du Président de la République sur la disparition de Monsieur Charles Massi et sollicité son intervention afin d’obtenir des autorités centrafricaines des informations sur sa situation.
Chargé de vous répondre, je tiens à vous assurer que les autorités françaises partagent votre préoccupation quant à la situation de M. Massi, avec lequel notre ambassade à Bangui entretenait ces dernières années, au titre de ses fonctions ministérielles passées et de son activité politique, un contact régulier.
Dès réception de votre courrier, notre Ambassadeur à Bangui a donc été instruit d’effectuer une démarche officielle auprès du gouvernement centrafricain afin de le prier de bien vouloir communiquer toute information en sa possession sur la disparition de M. Massi. L’absence de réponse satisfaisante de ce jour ne peut que nous inciter à persévérer dans notre détermination à obtenir que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Comme vous le savez, la France n’a pas ménagé ses efforts en faveur de stabilisation de la RCA et de l’enracinement de la démocratie dans ce pays ami. L’éventualité que vous évoquez d’une exécution grave des principes élémentaires de l’Etat de droit qui ne consulterait une violation grave des principes élémentaires de l’Etat droit qui ne pourrait rester sans conséquence.
Je vous prie de croire à l’assurance de mes respectueux hommages.
Madame Denise NERIS-MASSI
10, avenue de Budenheim
95600-EAUBONNE
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30/01/2012
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