Il y a quelques mois, le président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), M. Martin Ziguélé, conduisait une délégation de son parti dans les provinces du Centre et du Sud du pays. Les militants de ce parti ont accueilli en liesse leur leader. Mais dans la ville de Bambari, la délégation du MLPC a failli vivre un cauchemar. A l’annonce de la délégation conduite par M. Martin Ziguélé, le maire de la ville de Bambari avait fait passer un communiqué à la radio de la localité. Le premier citoyen de la ville avait même, en guise de boutade, refusé de recevoir la délégation qui séjournait dans sa cité. Martin Ziguélé et les siens avaient gardé un très mauvais souvenir du maire de la ville de Bambari qui les avait déclarés « personae non gratae » dans sa circonscription.
Une épreuve de nerfs
Il y a quelques jours, une autre délégation du MLPC s’est rendue dans la Ouaka, notamment à Kouango et à Bambari, en vue d’organiser les élections primaires aux législatives de leur parti. A Kouango, la délégation a opéré sans trop de difficultés compte tenu de la compréhension du Sous-préfet et du maire de la localité. La difficulté majeure a été l’état de la route, dans une situation de dégradation très avancée. Le véhicule de la délégation, en panne à 40 Km de Bambari, n’a été dépanné que grâce à l’assistance de taxis-moto. Ces difficultés auguraient déjà celles que devait rencontrer la délégation du MLPC à son arrivée à Bambari. Dès le mardi 2 Mars 2010, des contacts ont été pris avec les autorités, non seulement de la ville, mais également de la commune de Oura-Djaffoun, où le MLPC devait organiser des élections primaires pour la circonscription de Bambari 3. La délégation du MLPC, conduite par M. Jacquesson Mazette, était frappée par le mauvais sort, car une délégation du KNK venait juste de quitter la commune d’élevage. Les contacts avec le maire d’Oura-Djafoun et son adjoint ont été une épreuve de nerfs pour la délégation du MLPC. Les responsables de la commune ont déclaré indésirable la délégation du MLPC dans leur commune.
Un des descendants de l’ancien Maire Maloum n’est pas passé par quatre chemins et a avoué que la commune est la terre de leurs aïeux. Après les pressions qu’ils ont eues, ils veulent protéger leurs fonctions. Ces quelques phrases veulent tout dire, car le refus était même assorti de menaces sérieuses, car le fils Malloum, adjoint au maire d’Oura-Djafoun, a déclaré que si la délégation du MLPC refuse d’obtempérer, il y aura un bain de sang et, en proférant ces menaces, le fils Malloun a même versé des larmes de colère.
Ouara-Djafoun, un Etat dans l’Etat
La situation paraissant électrique, la délégation du MLPC s’en est remise au Préfet de la Ouaka, M. Yamba. La représentante du gouvernement dans la Ouaka a conseillé à la délégation du MLPC, qu’en pareille circonstance, elle aurait dû prendre contact avec le maire de la commune, qui peut autoriser ou non la visite de sa commune par les représentants de l’opposition démocratique. Des pressions ont été faites sur les responsables de la commune d’Oura-Djafoun suite au passage du président du MLPC, M. Martin Ziguélé. Refuser la visite d’une portion du territoire centrafricain à des Centrafricains n’est-elle pas une violation flagrante de la Constitution. La commune d’Oura-Djafoun est-elle un Etat pour imposer à tout un pays ses propres règles de circulation ? Ce mal tendu serait né à la suite d’une déformation des propos de M. Martin Ziguélé. La délégation du MLPC, qui n’a pas pu se rendre à Oura-Djafoun, a promis saisir officiellement le maire de la Commune, Mme le Préfet et le Bureau Intégré des Nations Unies le BINUCA. Ces incidents promettent déjà des campagnes qui risquent d’être émaillées d’incidents. Même au niveau de Bambari, la présence de la délégation du MLPC a provoqué une gène, car l’adjointe au maire a fait passer un communiqué interdisant les manifestations publiques. La RCA est une et indivisible. Comment dans ces conditions, vivre une campagne harmonieuse? Quelles mesures seront prises pour éviter des désagréments et des incidents ? La balle est dans le camp des autorités de Bambari.