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CES EX-LIBERATEURS QUI FONT LEUR LOIFaire partie d'une rébellion et arriver au pouvoir par les armes n'est pas un fait mauvais en soi lorsque les circonstances qui l'ont motivé sont de nature à meurtrir la population démunie et sans force. C'est du moins la situation qui a prévalu pour que Bozizé entre en rébellion contre le régime d'Ange-Félix Patassé.
L'événement du 15 Mars 2003 marquant la prise du pouvoir par le général Bozizé a été qualifié de sursaut patriotique à cause de l'exaspération du peuple centrafricain sous le régime défunt. La marche de soutien du 28 Mars 2003 qui a mobilisé tout Bangui et ses environs immédiats et lointains en est un témoignage très significatif et trop parlant.
Mais peu de temps après, le peuple centrafricain et surtout la population de Bangui n'a pas tardé à désenchanter à cause des multiples et incessantes exactions de ces libérateurs terroristes qui ont accompagné Bozizé. Leurs forfaits sont sans nombres et apparemment gratuits, c'est-à-dire, sans aucune raison motivée ou ne pouvant être tranchée par la justice du pays. Aussi, des noms se sont tristement faits remarquer, notamment les noms de libérateurs proches du chef de l'État qui se croient tout permis et qui se veulent au dessus des lois de la République. De Bolet à Ngaya en passant par Dogo, Gbangouma et… que sait-on encore, les mémoires des centrafricains sont pleines des images de leurs victimes telles que Danchiné, Marzane, Mamadou-Ngaïssona, Assombélet et autres, tous des militaires abattus froidement par leurs frères d'armes pour des faits anodins.
Ce que le peuple centrafricain n'arrive pas à comprendre et à s'expliquer est le mutisme observé par le général Bozizé dont les hommes de mains se comportent en terroristes contre leurs frères d'armes, voire contre la paisible population civile en toute impunité. Les derniers faits entre le sergent Sanzé et le sous lieutenant Yango-Kapita qui a défrayé la chronique ces jours-ci, les bavures de certains éléments du Bataillon de Protection et de Sécurité (BPS) qui ont méprisé la justice, les autres corps des forces de l'ordre telles que la gendarmerie nationale ainsi que le BONUCA, organisation des Nations Unies pour faire leur loi à eux montrent à suffisance que cette force rapprochée du Président de la République se croit autorisée à agir comme bon lui semble puisqu'elle bénéficie du parapluie atomique.
S'agissant de forces de l'ordre, l'autre aspect de choses que le peuple centrafricain n'arrive pas à s'expliquer est l'absence de casernes où doivent résider les éléments des Forces Armées Centrafricaines pour un meilleur contrôle à l'image de ce qui s'observe ailleurs. L'absence de casernes pour les éléments des FACA d'où leur libre circulation parmi la population civile et surtout avec des armes de guerre, est une menace permanente pour la paisible population civile. Les exactions perpétrées dans ces circonstances pour des faits banales et dans un contexte d'ébriété ou d'histoire charnelle ne sont pas à compter au point que l'on est en droit de se demander s'il y a la notion de discipline au sein de l'armée centrafricaine.
La discipline militaire est la chose au monde la mieux respectée et appliquée. L'on ne cesse de parler de la réforme de nos forces armées, en même temps, l'on ne cesse de se plaindre du comportement des militaires. Tout porte à remettre en cause beaucoup de choses dans ces réformes, notamment le mode de recrutement dans l'armée, les considérations partisanes et ethniques qui prédominent dans ces recrutements, les avancements désordonnés en grade qui ne cessent de mortifier et de décourager les doyens face au manque de respect des nouvelles recrues.
Jeudi 05 Janvier 2006
Chantal Bangui
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