Laquelle démesure l’a finalement conduit à sa propre perte politique, si l’on peut le dire. Un échec cuisant, certes, pour un de ces politiciens centrafricains, mais qui devrait interpeller les uns et les autres sur cette race de « vipères politiques » qui président ou qui aspirent à présider à notre destinée.
Qui a trahi trahira
Car la « saga » Charles Massi avec l’UFDR de Am Non Droko Djotodja, qui n’a duré que le temps d’un feu de paille, apparaît aux yeux de l’opinion nationale comme la résultante de son péché originel : celui de la trahison, comme le confirme la maxime populaire : « Qui a trahi trahira ».
Et en l’espèce, le Colonel Charles Massi, qui a d’abord trahi, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2005, l’opposition politique pour tomber dans les bras de l’actuel Chef de l’Etat, n’a pas hésité un seul instant lorsque ses intérêts personnels étaient en jeu, de trahir encore son allié François Bozizé avec qui, son parti le FODEM et le PUN de Jean-Paul Ngoupandé, avaient signé un Accord politique.
En s’envolant pour le poste de Coordonnateur politique de l’UFDR, après avoir été viré sans préavis du gouvernement par le Chef de l’Etat François Bozizé, Charles Massi, qui n’arrivait pas à digérer ce qu’il considérait comme un manque de considération envers sa personne de la part du Chef de l’Etat, a plié bagages sans crier gare.
L’homme avait minutieusement pris le temps de réfléchir et de contre-attaquer. Peu importe que le diable soit tout près pour le conseiller, puisqu’il est établi qu’en politique l’on peut pactiser même avec le locataire des ténèbres pour arriver à ses fins. Et peut-être que cette logique politico politicienne a certainement guidé les pas de Charles Massi. A moins que le contraire nous soit proposé.
Mais, la contre-attaque de Charles Massi, qui avait alors provoqué un tollé dans le paysage politique centrafricain, pour ne pas dire un véritable effet boomerang, allait révéler au monde la nature profonde de l’être. Un « pouvoiriste » convaincu qui met toutes les batteries en marche pour atteindre ses cibles, ses ennemis et satisfaire ainsi ses pulsions politiciennes. N’étant pas en mesure de les mettre en œuvre avec le Président François Bozizé, Charles Massi croyait qu’avec l’UFDR, ce serait possible. Hélas ! L’aventure a tourné au vinaigre et le président fondateur du FODEM l’a reconnu tout en précisant dans sa lettre de démission au président de l’UFDR que leur « lutte commune se poursuit jusqu’à son terme, mais, à compter de ce jour, sous des bannières différentes ».
La lutte commune, c’est bien évidemment la tenue du dialogue politique inclusif réclamé aussi bien par l’opposition politique qu’armée pour un renouveau politique en Centrafrique.
Massi politiquement fini ?
La question vaut la peine d’être posée. Mais à dire vrai, le président fondateur du FODEM est dans une certaine mesure dans de très mauvais draps suite à son aventure en tant que Coordonnateur d’un mouvement rebelle. Si la politique au sens propre du terme devait être calquée sur le modèle Massi, il y a vraiment de quoi perdre son latin. Mais quand un Charles Massi, visiblement blessé après avoir essuyé tant d’échecs pour s’imposer comme un acteur incontournable du processus en cours, affirme par ailleurs que « la lutte commune se poursuit sous des bannières différentes », il y a de quoi s’inquiéter tant l’homme est capable de retournements de situation aussi spectaculaire que rocambolesque. Charles Massi, un habitué de coups bas, saura rebondir puisque les en dessous de sa démission de l’UFDR demeurent à ce jour flous.
Pour certains, il aurait subi des pressions de la part de ceux qui ont la véritable souveraineté de notre pays, qui voient en son adhésion à l’UFDR un obstacle majeur pour le processus du Dialogue politique. Pour d’autres, il aurait reçu des assurances de la part des princes du pouvoir qui voudraient absolument le récupérer afin de décapiter l’aile politique de l’UFDR représentée par Am Non Droko Djotodja qui a enregistré, il y a peu, la démission de son porte parole et co-détenu Abakar Sabone.
Pour une certaine catégorie de compatriotes, l’atmosphère qui couvait au sein de l’aile politique de l’UFDR n’était plus propice à la collaboration. Comme en témoigne la démission du porte parole de ce mouvement, le nommé Abakar Sabone, qui refuse d’être complice de la volonté de certains leaders rebelles qui montent les enchères pour se faire du beurre sur le dos du peuple centrafricain pour lequel ils prétendent prendre les armes. S’en est suivie la démission de Charles Massi qui a perdu une bataille, mais pas la guerre, puisque ça continuera toujours sous d’autres bannières, dit-il.
Alors, qui de Charles Massi, de Michel Am Non Droko Djotodja ou de Abakar Sabone est attiré par l’appât du gain que pourrait procurer une quelconque alliance avec le régime de l’homme fort du 15 mars 2003 dont les partisans multiplient les recettes pour empêcher la tenue du dialogue politique ?
Libre cours à ceux qui ont l’imagination fertile de répondre.