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CORRUPTION: JUSQU’OÙ IRONT FAUSTIN TOUADERA ET EMMANUEL BIZOT ?

Faux en écriture, complicité de faux en écriture, minoration des recettes et détournements des deniers publics, tels sont les motifs pour lesquels, plus d’une vingtaine de fonctionnaires du ministère des Finances ont été sanctionnés par leur ministre de tutelle, Emmanuel Bizot.



CORRUPTION: JUSQU’OÙ IRONT FAUSTIN TOUADERA ET EMMANUEL BIZOT ?
Et c’est encore le ministère qui a le nerf de la guerre qui s’illustre par une telle pratique et qui confirme, si besoin en était, qu’au sein du bloc Finances, on ne baisse pas l’échine devant cette soi-disant lutte contre la corruption et ses corollaires.

Visiblement, la « palme d’or » des détournements des deniers publics (et privés dans une certaine mesure) pourrait être décernée au ministère des Finances dont Emmanuel Bizot a la charge.
Contrôleurs des Impôts, Inspecteurs des Impôts, Inspecteurs principaux du Trésor, Attachés d’Administration, Commis principaux d’Administration (excuser de peu, c’est faisable en Centrafrique), se sont rendus coupables de détournements de fonds publics d’une somme allant de 435.950 Fcfa à 160 millions de Fcfa, le maximum. Au total, c’est plus de 625.859.819 Fcfa qui ont pris, non pas la destination du Trésor Public mais, bien entendu, des destinations que seuls les fonctionnaires sanctionnés connaissent. Des fonds qui, s’ils étaient versés dans les caisses du Trésor Public, auraient pu servir à quelque chose. Hélas !

Détournements, faux en écriture, corruptions se mêlent et s’entremêlent au sein du bloc Finances, bloc de tous les dangers, un véritable paradis fiscal pour les initiés du régime.

Touadera se lance dans la danse

Peu importe que le Premier ministre Faustin Archange Touadera ait décidé d’engager un combat sans merci contre la fraude et la corruption sous tous ses angles. « La pseudo bourgeoisie de certains fonctionnaires des régies financières et de l'administration publique en général, bâtie sur le dos de l'Etat et du peuple, doit mourir ». Déclaration engagée et de bonne intention en fait de la part du premier ministre centrafricain. Mais, peut-il, en tout cas, inverser la tendance, vu que les auteurs intellectuels de ces fraudes et détournements bénéficient d’une protection atomique ? La question vaut la peine d’être posée tant ses prédécesseurs, qui ont tenté cette aventure, se sont butés à l’intransigeance de certaines « mains invisibles ».

Serein, le premier ministre affirme haut et fort qu’il « est temps que chaque centrafricain comprenne que le gouvernement ne reculera devant rien pour assainir la situation financière de notre pays et combattre sans relâche la fraude et la corruption » car, ajoute-t-il, que « cette préoccupation est aussi celle de la communauté internationale qui exige de nous le respect de la bonne gouvernance dans tous les secteurs de la vie publique ».

Comme on le voit, c’est dans le souci de prouver aux partenaires que le gouvernement centrafricain s’est résolument engagé dans la lutte contre la corruption qu’on pourrait situer la pluie de sanctions qui s’est abattue sur une vingtaine des fonctionnaires du ministère des Finances.

C’est en fait du saupoudrage comme l’a si bien dit l’autre qui soutient à tout vent qu’il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. Car,à dire vrai, les fonctionnaires sanctionnés ne sont en réalité que les « petits poissons » qui, n’ayant aucun antidote pour se prémunir contre d’éventuels dangers ou poison, ont finalement été coincés. Les « gros poissons » ou encore les « gros bonnets », comme le soutient l’autre, se la coulent tout doucement car bénéficiant d’une protection satellitaire. Ces « gros bonnets », ils sont de notoriété publique, mais ne sont pas inquiétés. Ils sont promus au grand dam des partenaires qui n’ont que leurs yeux pour contempler.

La lutte contre la corruption, la fraude et ses corollaires est-elle synonyme de la politique de deux poids deux mesures ? Qui sont ceux qui doivent servir de chair à canon tandis que d’autres, les vrais responsables de détournements, qui doivent être protégés, promus et que sais-t-on encore ? N’y a-t-il pas une certaine complicité entre ces « gros poissons » et les « gros bras » de la République ? Jusqu’où iront le Premier ministre Faustin Archange Touadera et son ministre de Finances Emmanuel Bizot qui viennent de se réveiller ?



Jeudi 04 Septembre 2008
Harly _ Schengen
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