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Ces reporters indexés par les ministres



Si c'est vrai que dans la jungle, les loups ne se mangent pas entre eux dit l'adage, mais le comportement de certains de nos confrères lors des cérémonies nous incite à la réflexion. Dans le devoir d'éducation que nous confère le traitement quotidien de l'information, bien que toute vérité n'est pas bonne à dire, certaines nous incitent à briser le mur du silence.
Depuis toujours, on sait que les relations entre la presse et le pouvoir ne sont jamais idylliques. Les dithyrambiques et autres troubadours qui encensent le pouvoir sont les enfants bénis, choyés, congratulés. Mais les esprits critiques sont considérés comme des parias et mis au ban de la société. D'ailleurs sur ce plan, le chef de l'Etat lui-même ne s'en est pas caché lors du club de la presse organisé à l'occasion du 2e anniversaire de son investiture. Pour le président François Bozizé, la presse jouait le jeu de l'opposition.
La presse a une logique qui tranche avec ce cliché. Elle a ses règles de traitement de l'information. Pour elle, seuls, l'exactitude, l'équilibre et la clarté lui confèrent une crédibilité sur le plan professionnel, la presse privée indépendante dérange parce qu'elle dit certaines vérités, combat l'impunité, dénonce certaines exactions et violations des droits de l'homme et certains scandales que le pouvoir voudrait faire taire. La presse en cela est devenue une cible et nos confrères doivent en prendre conscience. Le moindre comportement est analysé à la loupe et les rares défaillances exagérément grossies.
Ces dernières semaines, les journalistes, surtout reporters deviennent la risée des autorités. Les conversations de ceux qui nous gouvernent ne tournent qu'autour du comportement des reporters. Selon les autorités, ceux qui sont toujours prêts à nous faire des leçons de morale ne se respectent pas. Lors des cocktails à la fin des cérémonies, certains confrères se ruent sur les tables, ne les quittent pas et se comportent comme lors de la distribution de vivres aux victimes de la faim. Ce genre de comportement n'est pas propre à la presse privée. Même les confrères des médias publics viennent en surnombre quand les événements finissent par un cocktail. Les autorités, surtout les ministres, se mettant à l'écart pointent du doigt les reporters pour cette ruée vers les tables.
Tout constat fait et ce n'est pas pour dédouaner les journalistes, ils ne sont pas tous à le faire. Certains journalistes se retirent dès qu'ils ont fini leur reportage car leurs rédactions sont exigeantes. D'autres qui se respectent n'étant pas habitués à un tel phénomène se mettent à l'écart et observent ceux qui se précipitent pour la ripaille. Mais quand on prend le soin d'observer, les reporters ne sont pas les seuls à se suer sur les tables pour la boisson ou les petits fours. Généralement, toutes les catégories sociales le font et comme les journalistes sont les plus connus, ils sont indexés. Depuis ces critiques, la leçon est bien apprise et les directeurs des médias se sont mis à sensibiliser les agents à ce propos. Mais que voulez vous, quand on aime pas son chien on l'accuse de rage.


Samedi 28 Juillet 2007
Divine Tékoro
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