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DESEQUILIBRE AU COMITE D'ORGANISATION DU DPI



Par décret n°08/216 du 09 juin 2008, le président de la République apposait son seing au bas d'un document qui rendait publique la composition du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif. Un Comité qui fait la part belle au régime Bozizé qui multiplie les recettes pour verrouiller systématiquement le processus engagé. Car la peur qui s'est installée à l'épicentre du pouvoir de Bangui fait en sorte que le Président n'entend guère perdre tout ou partie de ses prérogatives. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a tout mis en œuvre pour soutenir que ledit Dialogue devrait absolument se tenir dans le cadre des institutions de la République. Des institutions fantômes qui n'existent que de nom et qui ne sont en réalité que l'ombre du seul pouvoir Exécutif qui décide de tout et de rien. C'est donc un véritable couac dans le processus du Dialogue censé débattre des problèmes qui, tel un serpent de mer -comme l'a si bien dit l'autre-, refont surface de manière récurrente, au point de saper le semblant de développement de notre pays. Que faire dans ce cas ? La question vaut la chandelle et le président de la Coordination des signataires du Manifeste pour un dialogue politique véritablement inclusif a cru bon devoir déclarer que, tel que parti, le processus engagé concourra à la re-légitimation du régime du président Bozizé. Autrement dit, « les conditions du dialogue telles que prévues par le rapport du Comité Préparatoire participent à une volonté, comme ce fut le cas du dialogue national de 2003, de redonner un semblant de légitimité au pouvoir du président Bozizé actuellement en totale perte de vitesse par les effets désastreux de sa politique marquée par la mal gouvernance, les violations systématiques de la Constitution, des atteintes graves aux droits de l'Homme et des actes guerriers ayant provoqué une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent en Centrafrique ». Le Dialogue Politique Inclusif désormais vidé de son contenu ? Tout porte à y croire, car l'objectif final recherché par les pouvoirs publics, c'est la conservation, sinon l'accroissement des pouvoirs de l'actuel Chef de l'Etat qui, naviguant à vue, n'a même pas la maîtrise de la gestion de la chose publique. Toutefois, les réactions ne tarderont pas à fuser après cette « forfaiture » dont s'est rendu coupable qui de droit, car, fallait-il le préciser, nul n'a le titre foncier de la République Centrafricaine. Ce pays nous appartient et il est de notre devoir de nous mettre ensemble pour débattre sans complaisance des maux qui le minent, qui le rongent à petit feu et qui risquent de compromettre sérieusement ses chances de se relancer dans le concert des Nations. L'intérêt égoïste des uns devra céder sa place à la défense de l'intérêt général. Pourvu qu'on le comprenne ainsi, afin de rectifier le tir en corrigeant ce déséquilibre constaté dans la composition du Comité d'organisation du fameux Dialogue.

Vendredi 13 Juin 2008
La Rédaction
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