Le gouvernement centrafricain pourtant, nul ne nous démentira, attend et attendra toujours que la communauté internationale qui s’était pourtant engagée à financer ledit processus puisse passer à la caisse. Cette assurance donnée, le pouvoir de Bangui s’est senti déchargé de ses obligations de souveraineté ici traduite par l’organisation des élections démocratiques afin de consolider la légitimité des institutions républicaines.
Mais, la communauté internationale qui ne voulait pas être embourbé dans le bourbier centrafricain, vu que les conditions d’un scrutin libre, transparent et crédible n’étaient pas réunies, a fait du report des élections, une condition pour son financement. Finalement, la Commission électorale qui n’avait pas aussi les moyens financiers pour tenir le délai fixé s’est rendu à l’évidence et à opter pour le report des élections. L’Opposition démocratique qui a beaucoup milité pour le report a, par la voie de Me Nicolas Tiangaye, salué le courage de la CEI qui a accepté le principe du report des élections. On pensait ainsi que la communauté internationale pouvait enfin mettre la main à la pate pour accélérer les choses.
Erreur de calcul puisque visiblement, la communauté internationale n’a pas d’argent pour les élections centrafricaines. On pourrait se tromper, ce qui est humain mais toujours est-il qu’au jour le jour, on se rend compte que les élections centrafricaines n’ont plus d’importance pour la communauté internationale qui a d’autres priorités en Centrafrique. Des priorités qui ne cadrent pas aujourd’hui avec les nôtre et qui auront pour conséquence de laisser jouer les prolongations et donc au pourrissement de la situation avant que cette communauté dite internationale se réveille pour jouer aux « médecins après la mort », comme d’habitude.
Et François Bozizé qui ne pense qu’à sa réélection devra aussi comprendre que le gouvernement centrafricain qui attend vainement le coup de pouce de la communauté internationale devra aussi s’enorgueillir et prendre les choses en main. La République Centrafricaine peut financer ses élections à plus forte raison qu’il s’agit là d’une question de souveraineté, d’orgueil national comme le dirait l’autre qui ajoute par ailleurs que les élections en Centrafrique, c’est une question centrafricano-centrafricaine. Vouloir, c’est pouvoir dit la maxime n’est-ce pas. Au lieu d’attendre à l’infini la communauté internationale dont on se demande si elle financera ou financera pas, les élections en Centrafrique.