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FPP : MABOKO A VURU ?
Décidément, les réunions désormais se suivent et se ressemblent au FPP : une fois de plus, samedi dernier 17 décembre, la réunion avec les militants de base s'est terminée dans la cacophonie et les troubles, heureusement vite maîtrisée par le Président de séance Lamine MAMADOU qui a demandé aux éléments de la sécurité de faire évacuer la salle dans le calme.
Aucune surprise en réalité, tous les ingrédients d'une explosion étant présents dès 9 heures le matin. Les partisans d'Alexandre GOUMBA, une trentaine de militants qu'un minibus a opportunément déposés sur les lieux, faisaient face à ceux de DJIMASSE, descendus en masse probablement de son fief du 6ème arrondissement et bien disposés à en découdre. La situation était à ce point dangereuse qu'il a fallu que Anne Marie GOUMBA, épouse du Professeur et Présidente du groupe parlementaire FPP, intervienne elle-même avec autorité pour faire évacuer les lieux et amener les uns et les autres à se plier aux contrôles des éléments de la sécurité chargés de filtrer les entrées en salle. Heureuse intervention en réalité, car ce à quoi les militants ont assisté fut tout simplement un véritable morceau d'anthologie de leçons de choses politiques. Tout d'abord Alexandre GOUMBA, curieusement accepté à cette réunion malgré la mesure de suspension qui le frappe (mais nous apprendrons plus tard que c'est justement au cours de cette réunion que, devant les militants, le Bureau exécutif devait lui faire notification officielle de la décision), puis ses partisans ont pris la parole, sous quelques applaudissements, pour critiquer une fois de plus les décisions de la présidente intérimaire du parti, Madame OKEMBA. C'est alors que Moammar BENGUE-BOSSIN, qui avait lui-même écopé d'une sanction de trois mois de suspension en juillet dernier, a pris la parole pour, d'une part soutenir qu'Alexandre, en sa qualité de militant, n'aurait jamais dû traîner des cadres du Parti devant l'OCRB, et d'autre part, pour affirmer, non sans une certaine véhémence, que la sanction de six (6) mois était trop sévère, trop disproportionnée en regard d'autres cas, notamment des cas de trahison que le Parti a connus lors de la campagne et qui n'ont jamais été sanctionnés ; avant d'ajouter que cela pourrait faire penser qu'il s'agit d'un coup d'Etat pour écarter le Fils du président fondateur du FPP du Congrès. Il a fini en demandant à Alexandre de suivre la procédure au lieu de chercher inutilement le rapport de forces, et de penser plutôt à introduire un recours gracieux au près du Bureau Politique. Alexandre GOUMBA, qui dit ne pas accepter ces décisions, a donné lecture, à l'appui de son argumentation, de la mise au point de ENDJIMOUNGOU, président de la fameuse commission des conflits, mise au point parue récemment dans la presse et marquant « la surprise » du président de la commission devant les décisions du bureau politique. Il affirme ensuite qu'il n'a « pas de problème personnel avec Marcel, ni Lamine, ni Jean-Claude ni Henri. Ce sont mes frères ». Et que son seul souci, c'est d'aller au Congrès dans le respect des textes du Parti. Puis ce fut au tour des cadres du parti de s'expliquer (est-ce au nom et à la place de la présidente OKEMBA qui était absente ?). Les tribuns du parti, notamment DJIMASSE, suivi de MBOKIA, le président du mouvement de la jeunesse, puis de LAMINE, ont vite fait de transformer cette réunion en un véritable meeting où ils ont asséné les leçons de politique à « ceux qui applaudissent sans comprendre », dixit DJIMASSE. Ce dernier a surtout relevé que « tout le monde n'est pas au même niveau d'information sur les textes de base du parti», car il est « absurde de dénier à MALIMINDOU, président du Bureau exécutif, le droit de piloter l'organisation d'un congrès où il lui appartiendra précisément de rendre compte aux militants sur sa gestion, à travers un « Rapport Politique et Moral » du bureau exécutif ». Suit alors une évocation de l'historique de ce conflit, où méthodiquement DJIMASSE démantèle les contrevérités d'Alexandre, chaque fois en l'interpellant, pointant son doigt accusateur vers l'intéressé : « ce n'est pas vrai que Alexandre veut aller au Congrès dans le respect des textes. Autrement, il ne demanderait pas qu'on révise les statuts hors d'un Congrès extraordinaire du Parti ; il ne demanderait pas non plus ce coup d'Etat qui voudrait que l'on renvoie Madame OKEMBA et Joseph MALIMINDOU pour mettre en place un Comité ad hoc qui devra diriger le Parti jusqu'au congrès. Ce n'est pas vrai que Alexandre considère ces camarades qu'il a cités ici comme ses frères, puisque dans les coulisses, en utilisant la plume de certains journalistes corrompus, il s'attaque à ces soi-disant anciens fonctionnaires de la Primature qui auraient fait échouer son père. D'ailleurs disant cela, il accrédite naïvement la thèse de ceux qui disent que le gouvernement de GOUMBA avait échoué alors que ses résultants sont sans doute les meilleurs de tous les gouvernements de BOZIZE. Ce n'est pas vrai que Alexandre respecte l'avis donné par le Comité des conflits, même si aujourd'hui il brandit cette mise au point de ENDJIMOUNGOU. Car le mardi qui a suivi la restitution des conclusions de la Commission des conflits, c'est lui Alexandre, et ses partisans, notamment MOCKTAR, qui ont pris la lourde responsabilité de réveiller la crise en continuant à réclamer la désignation du président du comité d'organisation par la voie du vote, contestant ainsi le seul avis juridique donné par la Commission et qui reconnaissait la légalité de la décision prise par Madame OKEMBA pour la mise en place du comité d'organisation du congrès. Il est là, Alexandre ! Je dis cela devant lui ! ». Vient ensuite un long discours pédagogique sur les textes de base du parti et sur « la lecture politique » qu'il convient de faire des conclusions de la commission des conflits (qui est une commission juridique, devant rendre aux organes dirigeants du Parti des avis juridiques, lesquels avis restent cependant de simples recommandations. Au lieu de quoi, la Commission s'est fourvoyée dans des considérations politiques de pseudo conciliation). Lamine MAMADOU quant à lui, après un long rappel sur son parcours auprès du professeur GOUMBA, est revenu sur la forfaiture, à ses yeux, de la commission des conflits. On apprendra ainsi que Alexandre GOUMBA rendait visite à certains membres de la Commission, qu'il a même payé des perdiems de 15000 francs aux membres de la Commission. Et Lamine de conclure, se tournant vers GOMBAKO, figure historique et un des membres de la commission: « camarade GOMBAKO, je me tourne vers toi puisque tes collègues ne sont pas là. Après tout cela, quel respect veux-tu que les militants accordent à nos sages, à la commission et à son rapport ? ». Ouille ! C'est dans un silence religieux que l'assistance, totalement médusée, a pu suivre les interventions de ces vieux routiers de la harangue des foules. Beaucoup parmi les militants ont baissé la tête, se reprochant sans doute de s'être laissés si facilement manipulés par le fils du vieux lion. C'est alors qu'est intervenu un incident malheureux : alors qu'il avait la parole, un élément de la sécurité a ouvert sa chemise pour montrer une arme blanche en disant qu'il était venu « en homme », avis à ceux qui auraient été tentés de semer le trouble. Pourquoi l'aide de camp de Alexandre, qui était à plus de dix mètres, a-t-il retiré sa chemise pour aller se battre avec cet élément de la sécurité ? En fait, l'incident qui a mis fin prématurément à la réunion, est arrivé à point nommé puisqu'il a permis d'arrêter, fort opportunément pour Alexandre, ce que l'on pouvait considérer comme une méthodique opération de lavage de cerveau qui aurait pu retourner ses partisans. A la sortie, plusieurs petits groupes se forment : « Mon bah, vrai téné ni la ! I yèkè téné lakouè il faut a grands so a ga na devant ti a militants a fa na i vrai nda ti téné so ! (Tu vois, c'est maintenant qu'éclate la vérité. Nous avons toujours demandé aux grands du parti de venir expliquer devant nous pourquoi ils n'arrivent pas à s'entendre entre eux)». Puis ce fut un curieux ballet de jeunes gens qui brusquement se mettent à courir vers l'avenue KOUDOUKOU et se regroupent autour de la voiture de Alexandre. Pour la « distribution de la dîme » (entre 500 et 1500 francs dit-on) crient les quolibets de l'autre camp. En tout cas, on ne pourra pas reprocher au fils de ne pas chercher à se faire un surnom à défaut de se faire un prénom. Si Papa c'est « maboko a vuru (les mains propres) », Fiston ne dédaigne nullement de plonger les mains dans les eaux saumâtres de la corruption des consciences. Ca, c'est aussi une façon de moderniser le FPP ! Mercredi 21 Décembre 2005
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