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GONDA PAS SATISFAIT DE BOZIZEPrésident du Parti National pour un Centrafrique Nouveau (PNCN). Certains le connaissent comme ancien Premier vice président de l'Assemblée Nationale et ancien porte-parole du Général François Bozizé pendant les campagnes de 2005. Cyriaque Gonda qu'on a pas revu depuis son échec face à Komokoïna lors des dernières élections législatives de Bossangoa I a accepté recevoir Le Confident à son domicile. Interview.
LC : Les dernières rumeurs faisant état d'un remaniement ministériel sont devenues réalités. Mais il s'agit plutôt d'un remaniement technique. Quelle lecture faites-vous de ce remue-ménage ?
CG : La lecture que je pourrais faire de ce réaménagement technique, c'est vrai, quatre personnalités ont fait leur entrée dans le gouvernement. Je ne peux pas dire qu'il y a statu quo mais il n y'a pas eu un grand chamboulement. Les mêmes attentes que nous avons exprimées par rapport au premier gouvernement sont encore d'actualité ainsi que nos critiques. Nous voulons que les signaux soient plus forts, que les efforts soient exprimés de façons prononcées de façon à ce que le pays avance. Nous étions déjà informé de ce réaménagement technique par le Chef de l'État lui-même. Nous croyons que c'est normal qu'après six mois seulement, il n'était pas nécessaire qu'il y ait un profond remaniement ministériel. LC : Tout le monde croyait au départ du Premier ministre Élie Doté. Pensez-vous qu'il a réussi aux missions que lui a confié le Chef de l'État? CG : Ceux qui croyaient au départ du Premier Élie Doté n'ont pas fait une lecture austère et pondérée de la situation politique et de la marche du pays à renouer avec la communauté internationale. Le Premier ministre est au début de chantier que lui a confié le Chef de l'Etat. On ne peut pas dire après six mois seulement s'il a réussi ou non. Il faut lui donner un peu de temps car, il a encore du travail à faire. Il y a certes, un nombre de mort-nés dans certains des grands programmes mais il faut comprendre que ce n'est qu'un début. En toute chose, les débuts sont toujours difficiles mais, c'est à tout le gouvernement de travailler d'arrache pied pour que la mission de Doté réussisse. LC : Le PNCN comme les autres partis qui ont soutenu le Chef de l'État lors des dernières élections présidentielles de mars et juin 2005 ne sont pas représentés au sein du gouvernement Doté depuis lors jusqu'à ce jour. Quelle est votre position ? CG : Il est vrai, le PNCN n'est pas représenté au gouvernement ainsi que les autres partis qui ont soutenu le Chef de l'État pour la conquête du pouvoir. Depuis le premier gouvernement, ni le PNCN ni le PDCA, le PLD et les autres partis qui ont soutenu le Chef de l'État ne sont pas représentés malgré qu'ils ont plus d'une trentaine de députés à l'Assemblée Nationale qui soutiennent la politique du gouvernement. La mise en place du premier gouvernement s'est fait sur la base de certaines ententes que nous avons eues à être mise au courant. Il fallait, pour un début, ne pas se focaliser nécessairement sur le fait que le PNCN et les autres partis politiques doivent être au gouvernement et nous avons pris acte en acceptant de participer autrement au fonctionnement du pays comme nous le faisons actuellement au niveau de l'Assemblée Nationale par le biais de nos sept députés. Par conséquent, tous les partis politiques qui ont soutenu le Chef de l'État sont sereins et attendent voir car, être au gouvernement n'est pas une fin pour un parti politique. LC : N'y a-t-il pas crise de confiance ? CG : Je pense qu'il n'y a pas crise de confiance. Elle peut bien exister mais en politique, toute marche doit suffisamment être pondérée et il faut prendre la mesure de chaque action qu'on pose. Certaines personnes peuvent les interpréter comme une crise de confiance. Il n'y a nullement crise de confiance mais plutôt, il y a simplement divergence de démarche. Cette démarche est par exemple l'ouverture que le Chef de l'État fait à tout le monde, il ne s'est pas cramponné sur les partis politiques qui l'ont soutenu. Je crois qu'il n'y a pas crise de confiance. LC : Il semblerait que le Chef de l'État a dit que ce sont les partis politiques qui sont responsables de tous les maux que connaît le pays. C'est pourquoi il est obligé de choisir ailleurs. Quelles sont vos impressions ? CG : Moi-même, j'ai écouté cela, mais c'est peut-être une interprétation erronée que les gens font de l'intention. J'ai été un des proches collaborateurs du Chef de l'Etat pendant les campagnes et je n'ai pas relevé telle approche directement de lui. Il semblerait que beaucoup lui conseille de penser ainsi et que certains dans son entourage lui aurait également conseillé de s'écarter des partis politiques car, ce sont eux qui sont responsables de tous les maux que connaît le pays. je peux dire sans ambages C'est faux. L'histoire de notre pays depuis 1959 a démontré que les partis politiques n'ont réellement géré le pouvoir en RCA. C'est réellement en 1993 que les partis politiques, à l'exception de la petite période de 1981 lorsque Dacko avait pris le pouvoir. Alors, je ne sais pas comment les partis politiques sont responsables des maux qui gangrènent notre pays. La critique est facile mais l'art est très difficile. Aussi, il faut être un averti pour parler et faire des assertions sur un terrain qu'on ne maîtrise pas totalement. Notre pays à un sérieux problème précisément un problème d'Hommes, d'un problème d'identité et un problème de vision. Il faut que les personnes qui font ces genres de déclaration, comprennent qu'il n'existe aucune démocratie au monde sans les partis politiques. De Montesquieu à Jean-Jacques Rousseau en passant à tous les penseurs à tous les grands penseurs de la démocratie, tous s'accordent à dire qu'il n'existe pas de démocratie au monde sans parti politique sans cela. C'est l'anarchie qui veut dire que lorsqu'on a quatre millions d'habitants, on a quatre millions de point de vue et quatre millions de lois. Les partis politiques sont les animateurs de la vie politique. En faisant ces déclarations, c'est trompé le Chef de l'État en disant qu'il peut gouverner sans parti politique. il ne peut que composer avec les partis politiques car, ils ont une responsabilité dans toute démocratie pluraliste moderne. LC : Ces derniers temps, les bruits de botte sont persistants dans le Nord du pays. Aucun parti politique n'est intervenu pour situer le peuple centrafricain si ce n'est Joseph Béndounga, le Président du MDREC qui réagit à chaque moment. Pourquoi ce mutisme des autres partis politiques ? CG : Je pense qu'il n'y a pas de mutisme. Au contraire, vous avez peut-être mal perçu la réaction des partis politiques. Joseph Béndounga réagit directement en tant que leader d'un parti politique. Les autres font la même chose mais de manière différente. Par exemple, le groupe parlementaire PNCN a réagit de manière ferme quand il a interpellé le ministre de l'Intérieur, de la Défense et autres. Ce sont des actions plus directes. Il est important pour nous d'utiliser les représentants du peuple et d'interpeller le gouvernement pour avoir directement ses réponses. C'est ce que les partis politiques comme le PNCN, le PDCA, le PLD et les autres ont fait. Tout simplement, ce sont les voies qui diffèrent et les nôtres sont les plus directes. LC : Dernièrement, la mort du Sous-lieutenant Yango Kapita et l'assassinat du Sergent-chef Jean-Claude Sanzé ont failli mettre le feu dans le 4ème arrondissement. Quelle lecture faites-vous de ces malheureux évènements ? CG : C'est avec beaucoup de pincement au cœur que j'ai appris la mort du Sous-lieutenant Yango Kapita et du Sergent-chef Jean-Claude Sanzé. En dehors de cette question militaire, ce sont des jeunes. Aujourd'hui, le pays a besoin des braves pour sa reconstruction et il n'est nullement question de remplir nos cimetières. Nous avons eu à réagir au niveau du groupe parlementaire. Le PNCN s'est élevé contre le fait que ces genres de chose n'ont plus droit de cité dans cette démocratie. Nous ne voulons plus qu'il y a violation des Droits de l'Homme et que la population ne soit pas mise dans une situation de traumatisme parce que nous l'avons beaucoup vécu sous le régime passé. Ce que nous avons déploré au niveau du Parti c'est cette incapacité de circonscrire rapidement ces genres d'incident pour éviter d'en faire un problème qui diviserait des ethnies qui ont vécu en symbiose toute leur vie. Nous souhaitons que la lumière soit faite sur cette affaire et c'est ce qui a été même décidé par les autorités gouvernementales. Les chefs de quartiers, les jeunes doivent s'impliquer dans la sensibilisation pour qu'il n'y ait plus ces genres d'acte dans le 4ème arrondissement. Nous pensons aujourd'hui que les autorités gouvernementales doivent jouer à la modération, continuer à faire le travail de sensibilisation comme le Comité des Sages l'a déjà fait pour que les jeunes puissent comprendre désormais qu'ils ne doivent pas se regarder en chiens de faïences. Il faut sensibiliser et c'est cela la responsabilité aussi des partis politiques qui doivent éduquer les jeunes à la démocratie. Voilà à peu près la lecture de la situation que je pourrais faire par rapport aux derniers évènements malheureux survenus dans le 4ème arrondissement. LC : Lors du 2ème tour des élections législatives, entend t-on dire dans le milieu politique que vous êtes lâché par le Chef de l'États parce que vous n'avez pas votre langue dans la poche. C'est pourquoi le candidat du PSD Komokoïna était sorti vainqueur. Qu'en dites-vous ? CG : (rires…) Vous savez, j'ai choisi d' aller en politique non pas en ‘‘enfant de cœur'' mais comme faisant partie d'une nouvelle classe et je ne sais pas ce que les gens entendent par ne pas avoir ma langue dans la poche. Tout simplement, j'ai choisi être quelqu'un qui met de côté la démagogie et l'hypocrisie et utilise beaucoup plus la pédagogie et la vérité. C'est l'une des philosophies de mon parti. La plupart du temps, je dis les choses telles qu'elles mais en utilisant beaucoup plus de diplomatie. Lâché par mes amis politiques, je ne crois pas. Je l'ai dit maintes fois, mon échec ou ma victoire, mais je considère cela comme ma victoire qui est celle de la démocratie et de la lutte politique. Vous savez, la ville de Bossangoa a un taux d'abstention de 65%. C'est une question de tactique. D'ailleurs, mon électorat n'a pas voulu que j'aille au 3ème tour. J'ai voulu le faire pour éviter toutes supputations. Puisque le décret du Chef de l'État est tombé, je ne veux pas démontrer à l'opinion nationale et internationale que je ne suis pas un démocrate. Ce qui est très important, c'est que la population de Bossangoa ait un représentant au parlement car, c'est une région qui a beaucoup souffert et puis-je vous assurer que je suis serein. LC : Dernièrement les partis politiques qui ont soutenu le Général François Bozizé lors des dernières élections présidentielles se sont transformés au Groupe de Partis Politiques de b[la Majorité Parlementaire (GPPMP) dont vous seriez l'initiateur. A quel dessein ? CG :]b Effectivement, j'ai été l'un des initiateur de la création du GPPMP. Nous avons pensé qu'il fallait adapter notre organisation à la réalité du moment. A l'époque, c'était un collectif qui a été créé pour soutenir une candidature, celle du Général François Bozizé. Notre objectif était d'avoir un Chef d'État, on l'a atteint. Également, on a eu des députés à l'Assemblée Nationale. A partir de ce moment, il était nécessaire que nous nous transformions en groupe des partis politiques qui ne soutiennent plus un candidat mais qui sont de la majorité présidentielle et qui participent à la gestion de la chose publique. C'est pourquoi nous avons crée le GPPMP. LC :comment expliquez-vous l'éviction de Rigobert Vondo et de Nguérémangou Zoukouala qui étaient avec vous dès les premières heures de la création de votre parti ? CG : MM. Nguérémangou Zoukouala Rigobert Vondo n'ont pas été moi dès les premières heures de la création du PNCN. Les fondateurs du PNCN sont encore là. C'était en majorité les leaders du Mouvement Etudiant de 1979 à 1985 et après, rejoints par des cadres spécialistes en Développement. Je peux vous donner les procès verbaux. M. Nguérémangou Zoukouala qui a presque parcouru tous les partis politiques ( MESAN, MESAN BOGANDA, MDD, RDC, MUD), n'est que dans sa logique. Ce n'est que plus tard qu'il ma été présenté par le secrétaire général du Parti en provenance du MUD pour devenir le Délégué à la mobilisation. M. Vondo n'a jamais été en politique. Le même SG me le présentera 5 mois après la création du parti. Je ferai de lui comme beaucoup d'autres un conseiller, poste qui est lié à moi-même et c'est tout. A ces postes, ils ont posé des actes illégaux, écrits ( dont le secrétaire général détient toutes les copies), ils ont fait de l'imposture, de l'arnaque au nom du parti et ont crié partout qu'ils veulent être ministres, préfets, ambassadeurs et que c'est moi qui ne voudrais pas. Alors que ceux-ci n'ont ni les compétences requises (diplômes et expériences) ni la légitimité par rapport aux membres élus du Bureau Exécutif. Le PNCN n'est pas un bureau de recrutement mais plutôt un parti politique qui défend des idéaux. Ils ont été tellement connus que le parti ne soit pas représenté au sein du gouvernement. Après maintes mises en demeure, ils ont d'abord été suspendus pour être aujourd'hui exclus définitivement. Je ne peux que leur souhaiter bonne chance, nos chemins ne peuvent que se séparer si telle est leur conception de la politique, qui, par essence, est une entre^prise de patience, d'échecs, de succès et de pondérations. LC : Et pour finir ? CG : La situation de notre pays n'est pas facile. Je lance un appel à tous les compatriotes centrafricains de pouvoir taire les égoïsmes. J'ai été au Dialogue National et l'un des animateurs. L'un des points forts que nous avons discuté et qui revenaient souvent c'était que nous responsables autour du Chef de l'Etat, devons prendre la mesure des choses et insuffler des idées nouvelles. Je me rends compte qu'il y a un conglomérat de personnes qui continue d'injecter systématiquement des venins d'égoïsme, ce serait ramené le pays en arrière. Je crois qu'il est temps que les gens se ressaisissent pour qu'il y ait unité entre les fils du pays pour sortir le pays de l'ornière. Pour cela, tout le monde doit travailler, initier et avoir des visions qui dépassent l'intérêt immédiat. Mardi 07 Février 2006
Propos recueillis par Alexis Remangaï
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