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JEAN-JACQUES DEMAFOUTH A LIBREVILLE

Le séjour actuel du leader de l'Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie, M. Jean –Jacques Démafouth à Libreville au Gabon n'est pas anodin. La présence de l'ancien ministre du régime Patassé, qui a dorénavant les rennes de la branche politique de l'APRD, fait suite à la mission qui avait conduit dans la capitale gabonaise, le Président de la République, Chef de l'Etat, le Général François Bozizé.



A la tête d'une délégation du Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif, le Chef de l'Etat s'était rendu à Libreville pour rendre compte au Président Omar-Ondimba, président du Comité ad hoc de la CEMAC sur la situation en Centrafrique, des résultats des travaux du Comité Préparatoire, dirigés par le Centre pour le Dialogue Humanitaire.

Dans le communiqué sanctionnant le séjour gabonais du Président François Bozizé, certaines recommandations avaient été faites dont la signature d'un accord de paix avec l'Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD), un accord de paix général et une amnistie qui permettrait à toutes les parties prenantes au Dialogue Politique Inclusif de prendre part à ce grand forum, sans être inquiétées. Par ailleurs, ces mesures préconisées, peuvent ouvrir la voie à une véritable réconciliation nationale.

L'idée d'un dialogue refondation apparaît
Jean –Jacques Demafouth de l'APRD, qui séjourne en ce moment au Gabon en prélude à la signature d'un accord de paix avec le gouvernement centrafricain sous les auspices du Chef de l'Etat gabonais, El Adj Omar Bongo-Ondimba, a déjà annoncé les couleurs. Le leader de l'APRD milite pour la création d'une armée véritablement républicaine, ce que les thématiques du Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif ont déjà pris en compte et ces vœux ont également été émis par le récent séminaire sur la Réforme du Système de Sécurité en République Centrafricaine. Ce n'est donc pas un fait nouveau, mais en tant qu'ancien ministre de la Défense de Patassé, ses soucis premiers semblent porter vers l'organisation de l'armée.

Mais là où le bât blesse, c'est que Jean Jacques Demafouth et son mouvement l'APRD, militent également pour un programme commun de gouvernement pour une période de deux ou trois ans, qui serait accepté par tous les protagonistes. Cette donne, qui n'est pas nouvelle, renverrait le pays à une sorte de transition non seulement avec le programme commun de gouvernement, mais qui risque d'être assorti d'un protocole d'Accord politique, connu en 1996, au sortir des deux premières mutineries. Ces suggestions épousent la droite ligne d'un dialogue refondateur que le Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif n'a pas prévu, même s'il est allé en profondeur dans les propositions des thèmes à débattre lors de ce forum.

Sur quoi vont déboucher le programme commun de gouvernement pour une période de deux ou trois ans et le protocole d'accord politique, qui se profile à l'horizon surtout que ces propositions sont émaillées d'une période qu'on peut considérer comme transitoire ?

Le consensus était requis autour de certains principes que le Dialogue Politique Inclusif sera tenu de respecter dont celui du strict cadre de la Constitution du 27 Décembre 2004.

Accord sur fond de crise
Est- ce peut-être parce que le représentant de l'APRD, après de nombreux atermoiements, n'a pu être désigné qu'ici la dernière minute et n'a pu prendre part aux débats pour faire les propositions de son mouvement ?

On peut croire à une pareille hypothèse. Mais les idées avancées par Jean-Jacques Demafouth devront faire l'objet d'un examen minutieux, surtout lors des débats lors de la tenue du Dialogue Politique Inclusif.

L'Accord qui sera signé sous l'égide du Président Omar Bongo-Ondimba sera le troisième du genre après celui de Syrte avec le FDPC en Février 2007 et celui de Birao en Avril 2007. Mais pendant que cet accord avec l'APRD se négocie, il y a des étincelles dans l'air. On assiste à une guerre de communiqués à propos d'attaques supposées ou vraies des Forces Armées centrafricains sur les positions des éléments de l'APRD. Les Chefs du mouvement rebelle déclarent avoir repoussé une attaque des FACA et se proposent d'envoyer des renforts dans les zones d'incidents.

L'Etat-Major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dément formellement avoir mené des attaques contre les positions de l'APRD. Est-ce une surenchère à la veille de la signature de l'Accord de paix de Libreville, qui tendrait à diaboliser l'adversaire ?

Dans tous les cas, l'implication personnelle du Président Omar Bongo-Ondimba dans le processus devrait amener les rebelles de l'APRD et le gouvernement centrafricain à entendre raison. Si les dissensions ont été aplanies jusque-là, cela traduit la volonté du peuple qui aspire à la paix, à profiter au plaisir de cette paix et de cette réconciliation, qui lui ont fait défaut depuis plus d'une douzaine d'années.



Mercredi 07 Mai 2008
Dinawade Mokambo Junior
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