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Vendredi 10 Février 2012
21:32
LIBERTE DE LA PRESSE

L’OMCA SANCTIONNE UN JOURNALISTE



Le Directeur du Laboratoire National de Biologie Clinique et de Santé Publique, le Docteur Wilfrid Sylvain NAMBEI, a saisi, le 05 mai 2010, l’Observatoire des Médias en Centrafrique (OMCA) pour ce qu’il considère comme « Mauvaise pratique professionnelle, diffamations sur le laboratoire national et son personnel » à l’encontre de Monsieur Patrick Léonce ADOUAKA, directeur du quotidien La Renaissance .

Les faits: dans son article intitulé à la UNE: Le Laboratoire National de Bangui est devenu un mouroir pour les malades » paru dans l’édition n°465 de la Renaissance en date du 03 mai 2010. « La Rédaction » (?) de la Renaissance, qui déplore la manière avec laquelle se comportent les responsables de ce service, écrit: « Le Directeur du Labo vient au travail à ses heures (…). La caissière se prend pour une reine qui met pied à son poste de travail que quand elle aura fini de faire ses besognes. De surcroît, elle se permet de crier sur des patients qui se pointent là depuis 4 ou 5 heures du matin pour faire leur prélèvement. Tantôt, il faut attendre l’arrivée de tel ou tel responsable détenant la clé de l’armoire, les matériels, les reçus… Cependant, les malades poirotent et souffrent atrocement (…) A la fin, ils vont distribuer des résultats inappropriés comma quoi, il n’ya aucune maladie dans votre corps… La rédaction conclut sur la mauvaise foi et l’immoralité de certains agents de la santé. Le Docteur Nameï, informé, invite le Directeur de Publication de La Renaissance et son Rédacteur en chef pour une mise au point, objet d’un compte-rendu du Directeur de publication de La Renaissance, Monsieur Adouaka qui titre en UNE de son édition n°466 du 4 mai 2010 : ‘’Quand le Laboratoire National se transforme en clic de donneurs de leçons qui se prennent pour des supers fonctionnaires et agents de l’Etat…’’. Dans l’article, Monsieur Adouaka décrit l’ambiance de la rencontre qu’il qualifie d’audience et de procès inédit (sic). Il déclare que « Mme Adouaka se trouve depuis deux années chez ses parents en France (…). A ce titre, quelle femme s’était présentée au laboratoire nationale au nom d’Adouaka? » contredisant ainsi le Directeur du Laboratoire qui a affirmé lors de la rencontre avec Monsieur Adouaka et son rédacteur en chef: « Une de ses soit disant copines est venue faire des examens au laboratoire et a eu des altercations avec la caissière (…). Sur cette base, il décide de venger sa copine en portant un discrédit sur le laboratoire national et le personnel de ladite structure. Le Directeur du Laboratoire s’interroge: « C’est cela la déontologie journalistique? » Il s’étonne parce que « Le Laboratoire est une structure de diagnostic et non pas d’hospitalisation ». Et donc, Monsieur Adouaka peut-il dire « s’il ya eu des cas de décès et combien au laboratoire? ».

L’appréciation. Après plusieurs interpellations infructueuses de Monsieur Adouaka, après avoir apprécié le contenu des deux articles et la plainte du Dr Namabeï, l’OMCA: a) affirme que les deux titres du journal La Renaissance sont sensationnels, les contenus des deux articles ne les justifiant pas; b) constate que s’agissant d’une enquête ou d’une investigation –même si dans le cas d’espèce, il est loin d’en être question– le journaliste doit savoir se poser les bonnes questions en commençant toujours par les incontournables Qui? Quoi? Quand? Où? Comment, et Pourquoi? Dans le cas d’espèce, le Directeur de Publication de La Renaissance, dans ce questionnement, n’a pas tenu compte des quatre étapes essentielles de l’enquête, à savoir: la documentation, (lire toute la statistique à ce sujet); le choix de l’angle (le fil conducteur, l’aspect pertinent du sujet; l’accès aux sources (archives, témoignages, preuves); la vérification (recouper, contrôler ses informations pour éviter les erreurs, désinformation et manipulations).

DECIDE DE:
1° Infliger un avertissement ferme à M. Adouaka, Directeur de Publication du Quotidien La Renaissance pour avoir violé les articles 19 et 22 de l’Ordonnance N° 05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de Communication en RCA qui énonce: Article 19: « Le journaliste de peut publier ou diffuser que des informations vérifiées ou, à défaut, les accompagner des réserves qui s’imposent ». Article 22: « Le journaliste doit s’interdire la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement ». Le condamner à publier le présent communiqué dans la Renaissance.

Le présent communiqué sera diffusé et publié partout où besoin sera.


Pierre Debato 2
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Jeudi 2 Septembre 2010

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