La remise de ces listes devait s’opérer lors d’une cérémonie prévue le samedi 5 mai 2010 à 10 h 00. Cette confiscation des listes par New Tech lève un coin de voile sur la gestion approximative de la Commission Electorale Indépendante, tant sur le plan administratif que financier. L’organe chargé d’organiser et de préparer les élections est devenu l’épicentre du clientélisme par excellence. Personnel pléthorique, recrutements abusifs et fantaisistes sans base réelle de qualifications ni de compétences réelles pour la CEI, tout y est.
La boite de Pandore
La confiscation des listes électorales par New Tech et la menace de démission du président du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) ouvrent la « Boite de Pandore ». L’entreprise New Tech Institut, n’ayant plus confiance à un organe qui croule sous les dettes réclame le paiement rusés sur ongle des 250 millions au lieu de 200 millions comme initialement prévus que la Commission Electorale Indépendante lui doit. Ces listes, propriétés de la CEI devaient permettre le déclenchement des opérations de validation des listes auprès des Comités locaux, des Comités d’ambassade et de consulat. Mais en poussant les recherches, la CEI vit un véritable scandale. Elle ploie sous le poids des dettes et des arriérés des indemnités des commissaires. Les démembrements de la CEI, depuis leur prestation de serment jusqu’à ce jour n’ont perçu aucun radis pour tout le travail qu’ils déploient sur le terrain. Après deux mois d’exercices pleins, les membres de la Coordination Nationale et des démembrements de la CEI, cumulent à ce jour près de 200 millions d’arriérés d’indemnités. Quand on sait que les membres de la CEI ont cessé toute autre activité pour ne se consacré qu’à la préparation et à organisation des élections, leur situation parait des plus difficiles pour ne pas parler des plus délicates quant à leur substance.
Honorabilité et crédibilité émoussées
Il y a une grogne réelle au sein de la CEI et tout ceci sur fond de rumeurs persistantes de limogeage de son président qui a fait la démonstration patente de ses insuffisances et de son incurie dans la gestion de la Commission Electorale Indépendante (CEI).
Dans les quatre premiers mois de sa gestion, c'est-à-dire de novembre 2009 à février 2010, la CEI allant très vite en besogne, avait déjà passé commande des urnes et des cartes d’électeur. Ces opérations de commandes se sont déroulées dans des conditions très peu orthodoxes. Ces commandes avec des montants très importants ont-elles fait l’objet de marchés publics avec des appels d’offres ouverts aux nationaux et à l’international ?
Personne ne le sait. Mais ce qui semble certain, c’est que la plupart des personnalité adjudicatrices de ces marchés seraient très proches du Chef de l’Etat, qui ont gagné ces marchés en solo, sans présenter d’entreprises crédibles, reconnues au ministère du Commerce, enregistrées et qui paient des impôts au fisc centrafricain. Ce qui parait scandaleux et qui peut hypothéquer la crédibilité des élections, c’est que ces matériels dits sensibles, qui devaient être entreposés en lieu sûr ne se sont pas. Des informations persistantes font l’objet de circulation des cartes d’électeur sous le manteau. A quelles fins ? Personne ne le fait, mais certains spécialistes estiment que ces matériels commandés avant la lettre ne seront qu’une perte sèche pour la CEI, car ils risquent de ne pas être pris en considération par les experts, le moment venu.
Tout ce flou artistique dans lequel nage la CEI appelle vraiment un audit administratif et financier, si la classe politique veut que la confiance soit renouée avec l’organe chargé de préparer et d’organiser les élections. Tout le monde s’accorde maintenant à attester que les signataires du Protocole du 13 février 2010 avaient raison de réclamer un audit effectué par un organe indépendant et crédible et les résultats de l’audit publics. Le gouvernement devra réfléchir à la question s’il ne veut pas que son honorabilité et sa crédibilité soient émoussées comme l’ont été celles de la CEI.