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LA FACULTE DE DROIT WALOMBE PLANCHE SUR L'ETAT DE DROIT

La Faculté privée de droit Walombé a organisé ce samedi 26 mars 2008, dans ses locaux, un séminaire national de formation à l'occasion du lancement officiel de « World Justice Project » en Centrafrique.



Les travaux de cet important atelier dédié à « l'Etat de droit » ont duré de 8 heures 30 à 16 heures 45. La Faculté est installée à l'avenue Conjugo, Place des Nations Unies, face à la Nonciature apostolique. Initiée par des privés, elle prône et met en exergue le courage, la bravoure et la persévérance comme clefs de succès de toute entreprise, d'où l'appellation « Walombé ». Sa devise elle-même est explicite : « C'est dur ! Tant mieux » ! Étaient invités les doyens, les responsables des Établissements privés ainsi que divers acteurs de la société civile, parmi lesquels des représentants de la presse publique et privée. Naturellement, les étudiants de la Faculté de droit Walombé étaient aussi présents. L'honorable député du II è arrondissement avait également honoré de sa présence la cérémonie d'ouverture. Le programme, qui comprenait la présentation de quatre thèmes suivie de débats, a été clos par la remise par les participants du questionnaire d'évaluation et la lecture du rapport final. Ces travaux ont été précédés par les allocutions d'usage. Ont respectivement pris la parole le point focal de « World Justice Project », une ONG de promotion de la justice basée aux États-Unis, le président fondateur de ladite Faculté et la représentante du Ministre de l'Éducation Nationale. La Chargée de mission qui délivrait le message du Ministre empêché par d'autres urgentes obligations, s'est réjouie de la tenue de ces assises qui entrent dans la droite ligne des préoccupations du gouvernement, tout en louant les initiateurs du projet et en souhaitant plein succès aux travaux du séminaire… Comme mentionné ci-dessus, l'atelier était divisé en quatre thèmes.

Faire de l'Éducation une priorité
Le premier, relatif à la « place des principes de l'Etat de droit dans la réforme du système éducatif », a été présenté par le docteur en droit public Charles Armel Doubane, avec la facilitation de M. Sy, doyen de la faculté de droit de l'Université de Bangui. Le deuxième avait trait aux « médias, éducation et les principes de droit en RCA ». Il a été animé par le directeur général de Radio Centrafrique, M. David Gbanga, assisté du docteur Claude Lenga. Maître Mathias Morouba, avocat et défenseur des droits de l'homme, a entretenu l'assemblée sur « le Barreau centrafricain et les principes de dissémination de l'Etat de droit ». Il avait à ses côtés comme modérateur M. Joachim Guelemby, ancien vice-recteur de l'Université de Bangui. Le dernier à s'exprimer (en l'absence du Dr. Danzi) a été M. Cyriaque Robert Y., maître de conférence en Littérature africaine anglophone de l'Université de Bangui et point focal de « World Justice Project », avec la modération de M. Robert N'dekele, président fondateur de la Faculté Walombé. Il s'est penché sur « le théâtre et la langue sango comme moyen des principes de vulgarisation de l'État de droit en RCA »… Les exposés des éminents conférenciers, les débats en multiples séances de questions réponses, ont été de très haute teneur académique et intellectuelle, tant au niveau du fond que de la forme. Il est apparu que la RCA est un Etat de droit au regard des textes juridiques fondamentaux comme la Constitution et les instruments internationaux déjà ratifiés.

Applicabilité des textes
Mais tout le monde a unanimement constaté que le problème fondamental réside dans la mise en application ou l'applicabilité de ces textes au quotidien. L'ancien ministre de l'Éducation (et fils de militaire) Doubane a indiqué que les pouvoirs publics doivent affecter une bonne part du budget de l'Etat au secteur éducatif pour promouvoir la formation, l'enseignement et la recherche. Le pourcentage alloué aujourd'hui est largement insuffisant par rapport aux besoins dans le domaine. L'école étant le creuset de la nation, l'Etat a l'obligation de donner à tout Centrafricain la chance d'accéder à l'instruction jusqu'à l'âge de seize ans. Les élèves et les étudiants sont invités quant à eux à cultiver la discipline, la rigueur, l'honnêteté et le sens du travail bien fait. A la fin de leur formation scolaire, au lieu de tout attendre de l'Etat pour l'obtention de l'emploi, ils doivent plutôt faire montre d'esprit d'initiative. Le DG de la Radio a cité les Écritures : « Mon peuple périt faute de connaissances ». Il a affirmé que la presse fait beaucoup pour la vulgarisation des principes fondamentaux de l'Etat de droit. Il a affirmé que beaucoup d'efforts sont en train d'être consentis par les pouvoirs publics pour développer les médias comme base et vecteur de l'éducation et de la formation. Les participants, en donnant l'exemple de Bangassou, ont demandé que Radio Centrafrique puisse être écoutée sur l'ensemble du territoire national… Me Mathias Morouba croit que l'Etat de droit n'est pas celui où « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Il a donné, beaucoup d'exemples à l'appui, les forces et les faiblesses du barreau centrafricain. Il trouve qu'il est difficile de parler d'État de droit lorsque la guerre gronde aux frontières, que l'insécurité est le lot quotidien d'une partie de la population, qu'il existe dans le pays des déplacés internes.

Un travail de tous les instants
Maître Morouba pense que la clef du succès est le combat permanent, sans relâche, en faveur de l'État de droit. Même si des peaux de bananes existeraient au sein du barreau centrafricain et même à la chancellerie. La justice, a-t-il relevé en répondant à une question, peut être lente ou décevante, mais il vaut toujours mieux de s'en référer à elle au lieu d'appliquer la loi du talion ou de régler soi-même ses affaires au quartier… Le dernier intervenant a relevé que la langue sango est parlée par tous les Centrafricains depuis les années 1915 – 1920. C'est un puissant vecteur de transmission de messages, de valeurs et de schémas de pensée, un précieux outil de la majeure partie de la population, la langue de travail par excellence des chansonniers et des conteurs nationaux. Comme il corrige les mœurs en riant, le théâtre est le miroir de la société. Le couple théâtre/langue sango est la voie royale pour la transmission des principes de vulgarisation de l'Etat de droit. Les soins de santé primaires, la politique de limitation des naissances, la lutte contre la pandémie du VIH/Sida, etc., ont été véhiculés jusque dans les hameaux les plus reculés de l'arrière pays grâce à ces canaux. La construction d'un Etat de droit est à la fois une affaire collective et un travail de tous les instants… Avant de se séparer, les participants à ce premier atelier ont unanimement constaté que ce séminaire organisé par la Faculté privée de droit Walombé était couronné de succès ; ils ont souhaité qu'il ne soit pas le dernier du genre.

Mardi 29 Avril 2008
Nicolas Ndagiyé
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