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LA GENDARMERIE NATIONALE ET LE BONUCA EN DEFICIT DE PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME



La question de la sécurité, du respect des Droits de l'Homme ne devrait pas être une question à débattre lorsqu'on sait que le Président de la République François Bozizé Yangouvonda ne cesse de proclamer un Centrafrique qui jouit pleinement de la paix et de la sécurité rétablies à plus de 80% depuis l'avènement du 15 Mars 2005. Autrement dit cette déclaration confirme sans détour, et surtout avec la réussite des élections groupées de Mars et Mai derniers, l'instauration d'un Etat de droit en Centrafrique.
Ironie du sort. Les multiples exactions des ex libérateurs qui défraient la chronique depuis toujours; les fréquentes et incessantes attaques dans l'arrière pays dont on n'arrive à identifier les auteurs démontrent à suffisance que la paix reste une illusion en Centrafrique peut replonger le pays dans la spirale de violence.
Nul n'ignore que sans la sécurité, sans une paix véritable, aucun développement ne peut être amorcé. Et c'est là le nœud du combat qui interpelle toutes les personnes éprises de paix. Il est fort surprenant que face à toute cette barbarie que le peuple centrafricain subit, aucune bouche ne s'ouvre pour la décrier comme si des puissances occultes hypnotisaient les forces vives de la nation.
Comment oser croire en l'instauration d'un Etat de Droit en Centrafrique lorsque des agents de l'application des droit et de la loi font leur loi à eux ou demeurent passifs lorsque les Droits de l'Homme sont bafoués au su et au vu des autorités politiques, militaires et judiciaires? Le cas flagrant est l'exécution du sergent Jean-Claude Sanzé après son forfait sur le sous-lieutenant Yango-Kapita. Selon des sources dignes de foi, celui-ci a cherché protection et trouvé refuge au BONUCA d'où il a été extirpé par la gendarmerie nationale sur instruction du Procureur de la République. Mis à la disposition de la SRI, il sera torturé et exécuté par les éléments de la Garde présidentielle.
Le cas de Sanzé n'est pas l'unique où les noms du BONUCA et de la gendarmerie nationale sont cités. L'on se souvient encore du margis chef de la gendarmerie Ngaouet Patrice qui a été assassiné le 10 juin 2001, suite aux hostilités crées par la tentative de coup d'Etat revendiqué par le général Kolingba. Les parents étaient allés déposer le corps devant les bureaux du BONUCA qu'ils avaient accusé d'avoir appelé les agents de la force à la reprise de leur travail sans pour autant être capable de prévenir et garantir leur sécurité. Entre temps, le militaire Serge Azouandji dit Chabardo qui avait trouvé refuge dans les locaux de la gendarmerie en était arraché pour être exécuté par des éléments de la garde présidentielle de Patassé.
Ces cas suffisent pour expliquer le ras le bol de la population qui indexe aujourd'hui le BONUCA comme complice du gouvernement qui, au lieu de faire la promotion du respect des droits de l'homme, les méprise en livrant des personnes en danger. Le cas Sanzé est trop flagrant pour que la population s'en passe car, comment expliquer l'attitude des responsables du BONUCA qui, prétextant plus d'insécurité dans leurs locaux, l'ont livré à la gendarmerie au lieu de le confier à la FOMUC ou à une ambassade, notamment celle de la France qui a toujours servi de lieu de protection en des pareilles situations ? Vertement, le BONUCA a trahi sa mission…
S'agissant de la gendarmerie nationale, personne ne peut comprendre et expliquer le système de protection mis en place dans des événements dramatiques tels que celui de Sanzé. Comment expliquer que tout un corps de force de l'ordre ne puisse pas réagir face à l'assaut de quelques individus qui ont le fol esprit de terroriser? Tout porte à croire qu'il y a une machination en dessous de cet événement apparemment banal mais qui, non seulement entache des institutions nationales et internationales, fait ressurgir toute la problématique de la sécurité et de la paix dont le peuple centrafricain est amoureux.
La question de la paix et de la sécurité concerne tous les centrafricains quel que soit leur rang social. Rien ne les garantit encore à la population qui doit se mobiliser dans toutes ses couches pour mener des actions visant la préservation, la consolidation de la sécurité et de la paix. Il y va du développement du pays.


Vendredi 06 Janvier 2006
Grand. Petit-Jean
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