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LA JEUNESSE DIPLÔMEE SANS EMPLOI EN MANQUE DE REPERES




Il convient tout d'abord de faire la différence entre les jeunes diplômés en instance d'intégration dans la Fonction Publique Centrafricaine et ceux qui, lassés de compter sur l'État se réclament de l'initiative de l'auto- Emploi.
Le Collectif des jeunes diplômés sans emploi (CJDSE) regroupe en son sein les jeunes diplômés qui se sont constitués au lendemain du sursaut patriotique (avril 2003) ayant pour principale mission de négocier avec les pouvoirs publics, les voies et moyens pour leur intégration dans la fonction publique. C'est donc ce qui a eu comme premiers résultats, la dernière vague d'intégration en Juin 2004.
Par contre l'initiative pour l'Auto Emploi des jeunes Diplômés (IAJDC) est une association créée le 1er Octobre 2005 dans le but de rechercher et faire la promotion d'une classe d'opérateurs économiques qualifiés parmi les jeunes Diplômés. Ces derniers se sont fixés pour objectifs de : susciter l'esprit d'initiative, d'aider les membres à entreprendre des activités génératrices de revenus, œuvrer à l'instauration d'un partenariat entre les jeunes diplômés et le gouvernement en ce qui concerne le développement économique,etc..
Il apparaît très clair et tout le monde le sait que ce n'est pas tout le monde sur les plus de 5000 diplômés qui fera son entrée dans la fonction publique centrafricaine.
Nous devons aussi comprendre, en effet que le développement d'un pays s'opère par la promotion des initiatives privées à travers la prolifération de l'auto emploi, d'un côté, il tient aussi sensiblement compte de l'efficacité et du dynamisme d'une administration publique ayant pour moteur un personnel jeune et qualifié.
Notre administration vit une réelle crise du Personnel, soi, même un disfonctionnement accentué par un départ massif à la retraite et de nombreux cas de décès qui nécessitent sans doute un remplacement numérique afin de permettre à l'appareil de l'État de mieux fonctionner.
Le collectif des jeunes Diplômés sans Emploi s'est beaucoup évertué dans cette perspective.
En effet, au lendemain de la dernière vague d'intégration, un nouveau bureau a été démocratiquement mis en place le 26 juillet 2004.
Aussitôt mandaté par le Ministère de la Fonction Publique, ce bureau s'est versé corps et âme dans la négociation avec les pouvoirs publics pour la prise en compte du reliquat des 271 diplômés dont leurs projets d'arrêtés on été interceptés, en plus du spectre de la seconde vague qui s'annonçait à l'horizon.
Le bureau dans ses démarches, a rencontré plus de ¾ des ministres de Transition dans le but de solliciter leur appui et plaidoyer au cas où le Ministre de la Fonction Publique parvenait à déposer le rapport de la précédente intégration sur la table du CONSEIL DES Ministres afin, que la seconde tranche puisse être ordonnée.
Le Vice Président de la République en recevant ce bureau à l'époque n'à pas caché son indéfectible soutien au cas où le débat pouvait avoir lieu au conseil des ministres. Malheureusement ce rapport tardait toujours à venir.
Du compte rendu général de ces multiples audiences fait au Ministre de la fonction Publique, il ressortait que seul, le Chef de l'État par l'exercice de son pouvoir discrétionnaire pouvait autoriser la prise en compte du Reliquat et de la prochaine vague d'intégration.
A cet effet, plusieurs correspondances notamment, lettres de doléance, mémorandum et demandes d'audience ont été adressées à l'endroit de cette haute autorité depuis 2004, 2005 et récemment en janvier 2006, qui malheureusement sont toujours demeurées lettres mortes.
Il est fort regrettable de constater que le refrain qui retentit aujourd'hui aux jeunes diplômés est celui de : ne pas toujours compter sur l'État.
Il faut plutôt aspirer à l'initiative privée en créant soi- même de l'auto –emploi.
Certes, c'est une réalité de l'heure, mais il faut préparer la rentabilité et avoir un fond de roulement pour s'auto employer. Un chômeur diplômé d'une école professionnelle ou universitaire depuis 10 ans aura à sa disposition quel moyen financier ou quel capital pour créer un emploi ?
D'une part, il apparaît très important de distinguer le chômeur diplômé du chômeur sans référence pour lequel le projet de la jeunesse Pionnière Nationale, s'avère imminent.
Les notions de Sciences Administratives, de droit internationale Public.(DIP), de droit international du Développement (DID), de droit Administratif Spécial etc… permettrons au juriste d'appliquer quelle théorie aux fumiers pour les Jardins ou aux aliments pour les poulets et porcins? D'autre part, l'on nous parle aussi d'une REFORME au nom duquel la jeunesse est aujourd'hui martyrisée. Cela nous amène à poser la question de savoir : Qui est à l'origine du désordre survenu dans la masse salariale, les finances publiques et la gestion du personnel de l'État ? Nous pensons pour notre part que la jeunesse diplômée devrait être plutôt instrument de cette réforme que d'être victime ! Comment quelqu'un qui a causé la dérive peut lui-même redresser la situation ? De surcroît, une assertion que nous qualifions de sadique est avancée selon la quelle, l'infirmier qui veut soigner une plaie est obligée de gratter si cela fait mal ou que le sang sorte, il ne peut que continuer, pourvu qu'il ait guérison. En principe, il n'appartient pas à la jeunesse d'être victime expiatoire d'une réforme. Les auteurs de cette gabegie sont là et sont couverts par la loi de l'impunité. C'est donc la pauvre jeunesse diplômée sans emploi qui paie la peau cassée. Où est la logique en Centrafrique ? Nous comprenons donc pourquoi, la jeunesse a toujours été marginalisée en ce qui concerne la prise des grandes décisions au niveau national. Et pourtant, cette jeunesse est bel et bien reconnue acteur de transformation changement sociopolitique.

En Afrique, les exemples de 1979 avec la chute de l'Empire et les élections du 8 mai 2005 avec la montée démocratique du Général Bozizé Yangouvounda à la Magistrature suprême de notre pays. En sont les preuves patentes. Nos Ambassadeurs au sommet de Bamako sur la jeunesse l'ont dit et je les cite : « si les politiques ne s'occupent pas de la jeunesse, le vent de changement en contexte démocratique conduira la jeunesse à s'occuper des politiques afin que les engagements aient un sens ». Depuis le débat et l'adoption de la loi de finance 2006 qui ne fait ni Etat d'intégration de masse, ni du remplacement numérique, la jeunesse diplômée sans emploi est en gestation. Les semaines qui en suivent ont fait naître au cours de leur Assemblée Générale un bras de fer entre le bureau et la base qui pour elle, veut à tout prix descendre dans la rue et faire une marche pacifique pour matérialiser son mécontentement au dos que lui tourne les pouvoirs publics. N'eut été la réticente du bureau et la conscientisation du Président qui pour eux, optent pour le dialogue et la négociation, cette base serait déjà passée à l'acte. Et peut être, d'aucun interpréterait autrement pour parler d'une manipulation, or il s'agit d'un véritable Ras de bol du chômage chronique des diplômés responsables et pères, mères de famille au point de conduire à la délinquance intellectuelle. Fort de ce qui précède, nous appelons à la conscience de nos pouvoirs publics de FAIRE VITE pour trouver un compromis à l'attente de la jeunesse diplômée. Sans emploi qu'il s'agite déjà afin qu'il ne soit pas trop tard : Le renforcement des programmes des promotions d'Emploi du Gouvernement serait souhaitable. Ce gouvernement peut toute fois s'imposer aux investisseurs qui arrivent afin d'influencer leur politique de recrutement car quelques fois, le marché d'emploi Centrafricain profite beaucoup plus aux Etrangers, alors que nous avons des cadres compétents en chômage. Nous disons : « Le Centrafricain d'abord ou avant tout » Les départs à la retraite plus le cas de décès ont dégagé. 2400 places. La meilleure solution de tuer le poussin d'insurrection dans l'œuf serait de procéder juste à ce remplacement numérique. Vive la jeunesse diplômée pour que se redynamise l'Administration Centrafricaine.



Jeudi 02 Février 2006
Isaïe Maran Ngouasse
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