Au-delà de cette exigence se laissent entrevoir le sens de l'honneur, de l'honnêteté et de la franchise. Cette rigueur dans l'appréhension des évènements de la vie pratique nous oblige à tourner et retourner la philosophie politique de travail consacré désormais par le slogan ‘‘ Kwa na Kwa''.
Comme de tradition, les travailleurs centrafricains du secteur public et privé ont commémoré eux aussi la fête du 1er mai 2008, affamés sous un soleil de plomb.
Cependant, il est important de rappeler pour mémoire que les secrétaires généraux des Centrales Syndicales ont saisi cette journée du 1er mai 2008 pour demander au gouvernement, à travers leurs déclarations, de trouver une solution durable au coût de la vie élevée devenue impossible avec la flambée vertigineuse des prix des matières premières (sel, sucre, savon et autres). Ils ont mis l'accent particulièrement sur le déblocage et l'ajustement des salaires des fonctionnaires et notamment sur le dialogue permanent entre le gouvernement et les représentants des Centrales Syndicales, afin d'alléger la souffrance des travailleurs qui croupissent sous le poids des arriérés de salaire. ‘‘ Le gouvernement devra mettre tout en œuvre pour faire bénéficier à tous le fruit de leur travail'', renchérit le représentant de l'USTC.
Le travail, libre et volontaire fera de nous des hommes fiers et indépendants
Le Président fondateur de la République Centrafricaine, Barthélemy Boganda, disait que : Le travail est la seule base solide de l'union qui donne la liberté et le bien-être, en permettant de résoudre les problèmes économiques et sociaux. Cela, Barthélemy Boganda l'avait très tôt compris en établissant les cinq verbes du MESAN dans les années 1950 : Nourrir, Soigner, Vêtir, Loger et Instruire. Le travail, seul Boganda et ses fidèles disciples connaissaient le prix et les conséquences. Ainsi, il a non seulement réalisé sa vision du développement par le travail en créant des structures comme le Socoloulé, mais encore capitalisé la contre-partie à savoir : libérer l'homme de la servitude et de la misère, le rendre indépendant et surtout lui reconnaître sa responsabilité. Comme Socrate, il a finalement bu la ciguë par la sacrifice suprême, la mort donnant ainsi l'exemple de l'abnégation.
QUE DIRE DE LA PHILOSOPHIE
« Kwa na Kwa » ?
L'homme du 15 mars 2003, le général d'Armée François Bozizé a lui aussi, comme ses prédécesseurs sa philosophie politique de sortie de crise sous le slogan « Kwa na Kwa ». Les salariés, la population active se mettent naïvement à y croire une nouvelle fois tout en oubliant leur misère. Les fonctionnaires, oubliant leur sacrifice national, donnent leur caution pour le blocage des anciens arriérés de salaires, pensions et bourses. Pire, le rabattement de salaire est proposé par le gouvernement, malgré cette équation : coût de la vie élevé = souffrance de déblocage de salaire.
A l'exception de « l'Opération Bokassa » qui était une véritable philosophie politique incarnant une véritable force mobilisatrice, il avait demandé aux Centrafricains de se surpasser dans le travail pour sortir le pays du sous développement. Assorti du slogan « Zo Kwè Zo », il avait mis tout en œuvre pour faire prospérer l'économie et nourrir le peuple centrafricain.
Que dire, diantre, encore toujours de ces « éclairés » de la nation, qui font montre d'une naïveté déconcertante, allant jusqu'à refuser de se convaincre que le temps de l'omnipotence régalienne est définitivement révolu? Et que tout développement, digne de ce nom, doit inéluctablement impliquer un changement radical de mentalité et d'attitudes à l'égard des défis à dimension nationale ?
Que dire du travail qui perd sa lettre de noblesse devant les arriérés de salaires et violations flagrantes des droits de l'homme ? La philosophie de « Kwa na Kwa » ne peut devenir libératrice que si elle prend le travail comme une action transformatrice du peuple, en lui garantissant un retour mérité du fruit de sa sueur, seule ressource lui permettant de se nourrir. Malheureusement, le peuple ne se reconnaît dans « Kwa na Kwa » pour la simple raison qu'il ne s'en nourrit pas.