Le Collectif avait déjà rencontré pour une première fois le Président du Conseil National de Médiation, Mgr Paulin Pomodimo. Au cours de cette entrevue du lundi 1er février 2010, le Collectif des Forces du Changement avait posé un certain nombre de préalables et d’exigences qui avaient été pris en compte par le Médiateur de la République. Une semaine après, c’est –à dire le lundi 8 février 2010, le Collectif des Forces du Changement devait de nouveau être face au prélat, Médiateur de la République, Mgr Paulin Pomodimo. Comme nous l’a souligné un leader du collectif, une rencontre de ce genre se prépare avec méticulosité car dit-il, nous sommes sur le terrain politique où chaque acte est important. Pour la rencontre du lundi 8 février 2010, le Collectif du changement a tenu un véritable conseil de guerre au Cabinet de Me Nicolas Tiangaye dans la matinée de cette journée et a arrêté les exigences qui alimenteront les discussions avec le Médiateur de la République.
Entre la légalité et l’illégalité
Le Collectif des Forces du Changement, qui dans sa déclaration du 13 janvier 2010 avait posé un certain nombre d’exigences, les a renforcées en prenant soin de les hiérarchiser. C’est ainsi que, lors de cette séance du lundi 8 février 2010, le Collectif des Forces du Changement a priorisé la restructuration de la Coordination de la Commission Electorale Indépendante, tenaillée en ce moment entre le légalisme en respectant les vœux des mandats et l’illégalité en n’accordant aucune importance à la volonté des entités parties prenantes au dialogue politique inclusif. Le Collectif des Forces du Changement estime que la mise en place des Comités locaux selon les critères définis dans la loi portant Code Electoral peut contribuer à éclaircir l’atmosphère vers des élections dont la crédibilité peut être espérée. La dissolution des délégations spéciales, mises en place en violation des recommandations du Dialogue Politique Inclusif, ne peut être tolérée, car le pouvoir, en mettant en place ses hommes, prépare le lit à des fraudes incommensurables qui vont altérer la qualité des élections et soulever des contestations pouvant ternir l’image des élections; ce qui serait un recul pour la démocratie en Centrafrique.
Corriger les erreurs
Pour le Collectif des Forces du Changement, l’audit de la coordination de la Commission Electorale Indépendante permet de voir clair dans la gestion de cet organe. Le Collectif des Forces du Changement estime qu’il y a trop de missions sans que le trésorier de la CEI ne soit qu’au courant de la provenance réelle des fonds. Par ailleurs, le constat est fait du recrutement d’une kyrielle d’agents de sécurité sans savoir comment ils sont payés ? Et puis, même ceux qui font de la résistance aux injections de leur entité, disposent d’agents de sécurité et de véhicules; ce qui constitue, au regard de la loi, des détournements de deniers publics, car ces derniers ne sont plus en fonction dès l’instant où les entités qui les ont envoyés ont décidé de leur sort.
Dans l’analyse de la composition de la Coordination Nationale de la CEI, le Collectif des Forces du Changement s’est rendu compte qu’une omission grave a été faite. Les syndicats, qui sont une force sociale avec laquelle compter et les organisations des droits de l’Homme ont été purement et simplement rayés au profit d’organisations parfois nébuleuses qui font allégeance au pouvoir. Pour le Collectif des Forces du Changement, les syndicats doivent être pris en compte au sein de l’entité Société Civile pour une meilleure représentativité des travailleurs de Centrafrique. Outre ces erreurs graves et préjudiciables à la CEI, qui doivent être corrigées, le Collectif demande aux autorités de tenir compte de véritables mouvements politico-militaires représentés au dialogue politique inclusif. Ces mouvements sont pourtant connus. Mais les pouvoirs publics ont inventé des mouvements inexistants, fabriqués par eux-mêmes pour prendre la place des véritables ayants droit. Avec ce qui s’est profité à l’horizon, la rencontre avec le Médiateur de la République n’était pas une partie de plaisir.