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LE FOOTBALL CENTRAFRICAIN N'EST PAS UN FOND DE COMMERCE



La Fédération centrafricaine de football n'est pas un fond de commerce, ni une mine d'or, ni un patrimoine commercial exposé sur le marché dont le plus solvable peut s'en acquérir. C'est malheureusement la considération qui pourrait être dégagée derrière tous les beaux discours, publireportages et tam-tam médiatique que font tous les candidats à la présidence de la fédération Centrafricaine.
Les campagnes électorales très électriques jusqu'à l'Assemblée Générale élective échouée et reportée pour ce 29 septembre 2007, une coloration impropre pour le milieu sportif. Un milieu d'ailleurs réputé par la valeur du fair-play, vecteur de l'unité, de tolérance. Ce que les candidats à la présidence de ladite fédération n'en font même pas preuve, si ce n'est que des intrigues, des querelles intestines en passant par un esprit belliqueux susceptible de créer un climat de conflit au sein de la famille « footballistique ». Laquelle famille devrait selon l'esprit olympique servir de vecteur de l'unité du peuple centrafricain au-delà de ses divergences géoculturelles, selon le dicton le sport unit le peuple.
Une confusion est apparue dans le rang des candidats à la présidence de la fédération de football, qui comme s'ils ont inoculé leurs fanatiques et supporters qui agissent désormais comme des militants de partis politiques.
Les concurrents au poste du président de la fédération font semblant d'ignorer les conséquences nuisibles qui peuvent subvenir de leurs agissements au lendemain de cette assemblée élective.
L'on ne comprendra pas que qu'une simple fédération, dirait on une association sportive, indépendante de toutes institutions publique, la FCF puisse glisser doucement sur le terrain politique. Elle met aux prises des autorités publiques qui ne devraient servir que de recours en vue d'un conseil, ou bien pour canaliser le groupement et surtout veiller à l'ordre public et au respect de la loi de la République. Ce qui démontre de l'immaturité des prétendants à la présidence de ladite fédération à gérer des conflits de ce genre.
Non seulement recours est fait à l'autorité publique nationale, à la communauté internationale au travers la Fédération Internationale de Football Amateur (FIFA), pour un arbitrage. Tout se passe comme s'il est maintenant devenu une tradition légendaire pour la République Centrafricaine de faire toujours appel à l'extérieur pour gérer ses conflits internes. Une ingérence inadmissible pour une organisation de taille qu'est la Fédération Centrafricaine de Football (FCF). L'on serait tenter de croire qu'un jour la FCF fera appel à la FIFA pour venir arbitrer les compétitions internes programmées au stade Barthélemy Boganda. Bizarre !
Le paradoxe se situe sur le fait que des candidats qui se disent nantis puissent se battre bec et ongle pour la conquête de la présidence de la fédération Centrafricaine de football. Laquelle fédération reçoit difficilement 300 millions F CFA de subvention de la part de FIFA ainsi que quelques 20 millions Fcfa des frais de recouvrement dus aux panneaux publicitaires à l'intérieur du stade Barthélemy Boganda sans oublier quelques frais de licence. Ce qui n'est peut-être pas enviable comme d'aucuns le pensent, pour certains candidats, mais qui tiennent mordicus décrocher la présidence de cette fédération. On comprend alors l'intérêt mercantile qui plane derrière cette course effrénée. Cela s'explique par l'empressement des uns et des autres.
Chacun voudrait peut-être faire usage de ce titre de président de la FCF comme un fond de commerce et s'attirer des honneurs, pour circuler librement dans les milieux internationaux. Et pour atteindre cet objectif, ils utilisent le canal des supporters en achetant leurs consciences.
Les centrafricains ont tous pris conscience et ont l'expérience de ces élections qui se font par l'achat des consciences et des voix moyennant des dons matériels et des espèces sonnantes et trébuchantes. Des dépenses que ces candidat, une fois élu, passent tant leur temps à récupérer, étant donné qu'ils se font des machines à sous et à emplois comme s'ils sont devenus des industries ou des services d'embauches ambulants.
Avec cette allure, il serait souhaitable même qu'il soit imposé à chaque candidat à la présidence de la FCF, la déclaration de tous leurs biens matériels et financiers consignée par un huissier avant l'élection du président et après ce son mandat. Cette disposition permettre d'éviter toute suspicion dans la gestion du patrimoine de ladite fédération pour une sécurité. Et cette déclaration doit être présentée au collège des électeurs.
Mais en attendant les différents candidats ont intérêt à faire preuve du fair play, de l'esprit olympique et cesser tous les agissements et lancer un appel au secours des arguments pour convaincre leurs électeurs. Il faut donc aussi éloigner tant chantage médiatique de dénigrement des uns et des autres qui ne grandit pas d'homme, mais présente la nature douteuse de tel ou tel candidat et marque aussi la carence d'idée lorsqu'il n'y a pas de preuve tangible aux événements relatés pour discréditer les uns et les autres. Une des conditions sine qua non d'une ambiance digne du sport en va de cette attitude.
Car l'élection n'est qu'un évènement parmi tant d'autres, mais c'est la suite qui compte. Il faut donc éviter et cesser de confondre le milieu sportif au monde des affaires et des commerces et encore plus au milieu politique. Ces cercles distincts ont leurs règles de jeu.

Jeudi 27 Septembre 2007
Francis Xavier Guémon
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