Cette conclusion faisait suite à un appel pathétique lancé le 25 mars 2008, et qui évoquait le découragement des populations de Bambouti et d'Obo. Les populations du Haut-Mbomou se disaient très déçues par le comportement de leurs députés qui ne leur ont pas apporté leur soutien dans la dure épreuve qu'ils ont vécue.
En effet, après le passage de ‘‘Tong Tong'', les rebelles de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony, du 6 au 7 mars 2008, des exactions ont été commises à Mboki, Maboussou, Kitessa, Tamboura et la ville d'Obo. Des maisons ont été fouillées et pillées, des greniers brûlés et des personnes enlevées. Les populations, face à cette à ces éléments lourdement armés, n'ont eu que leurs yeux pour pleurer. Les autorités de Bangui, alertées par ces attaques, ont dépêché dans le Haut-Mbomou, les éléments du détachement basés à Bangassou. Puis, le dispositif de sécurité a été renforcé dans la région par des éléments venus de Bangui. Ce dispositif sécuritaire avait commencé à rassurer les populations qui ont commencé à regagner progressivement leurs villages. Mais le problème des personnes enlevées par les ‘'Tong Tong'', n'était pas pour autant résolu.
Décidé d'en découdre avec les ‘‘Tong Tong''
Lors de la traversée macabre à travers le Soudan, la République Centrafricaine pour se réfugier en RD Congo, les rebelles de Joseph Kony dont la cruauté est connue de tous, ont enlevé près de 350 hommes, femmes et enfants au Soudan, en Centrafrique et en RD Congo. L'appel pathétique des populations a fait prendre conscience aux autorités centrafricaines du danger et des meurtrissures que vivent les populations du Haut-Mbomou. Le gouvernement a donc décidé d'en découdre avec les ‘‘Tong Tong'' de Joseph Kony qui veulent déplacer l'épicentre de l'insécurité du nord-ouest vers le sud-est. A l'époque, certaines organisations des droits de l'homme évoquaient l'éventualité d'une intervention des éléments de l'EUFOR, et de la MONUC, sans le dire explicitement, ont coupé court à toutes ces rumeurs lors de la signature de la convention rendant opérationnelle l'EUFOR en Centrafrique. Le mandat de l'EUFOR avait précisé M. Alain Girma, Ambassadeur, Haut Représentant de France en Centrafrique, est précis et ne se limite qu'à la mission qui lui a été attribuée dans sa zone de juridiction. L'EUFOR ne peut intervenir ni au nord-ouest, ni au sud-est. Elle ne peut non plus assurer la surveillance des frontières qui est de la responsabilité des gouvernements du Tchad et de la République Centrafricaine.
La volonté politique s'affirme
Conscient du danger dans le Haut-Mbomou, le gouvernement a considérablement renforcé la sécurité dans le Haut-Mbomou en dépêchant des détachements de militaires entre Obo et Bambouti. Pour le cas de La RCA, plus d'une cinquantaine de personnes sont encore resté entre les mains des rebelles de LRA. Les personnes enlevées ont été emmenées en République Démocratique du Congo où se cacheraient Joseph Kony et ses hommes. Pour une meilleure coordination dans la région afin de déloger les éléments de Joseph Kony, les autorités centrafricaines auraient souhaité la collaboration de l'armée congolaise pour une action conjointe. En pleine forêt, l'accès est difficile. Plus le temps passe, plus les organisations de défense des droits de l'homme, les gouvernements centrafricains, congolais et soudanais s'inquiètent à propos des personnes enlevées. Connaissant la cruauté des ‘‘ Tong Tong'', les organisations humanitaires craignent que les jeunes ne puissent être enrôlés de force et les femmes de servir des esclaves sexuelles. Ce qui est certain, le gouvernement centrafricain, en prenant la décision de renforcer la sécurité dans le Haut-Mbomou, est décidé à assumer ses responsabilités dans la protection de ces populations. Si l'option des actions conjuguées des armées centrafricaine et congolaise prend forme. Les turpitudes de Joseph Kony et ses hommes vont prendre fin avec la pression actuelle du gouvernement ougandais qui ne mâchent plus ses mots face à la LRA et à son chef Joseph Kony, peut égrener ses derniers jours.