Cette visite fait suite aux conditions de vie de personnes déplacées dans les villes de Paoua et Kabo qui avaient subi des pertes énormes ainsi que des maisons brûlées lors des derniers évènements, ayant entraîné les populations de ces localités à se refugier dans la brousse. Dans cette optique, M. Antonio GUTERRES a rendu visite aux populations du village BOKAYANGA, situé à 17 km de la ville de Kabo en allant vers la Moyenne Sido. La population entière de ce village avait fui pour se réfugier dans la brousse. Après un travail de sensibilisation harassant par l’équipe du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la population a fini par sortir après une peur bleue qui les a empêché de revenir dans le village pour refaire leur vie.
M. Antonio GUTERRES était arrivé à Kabo le samedi 6 mars 2010 à 12h 10 mn lorsque son avion a pris contact avec le sol. Il était accompagné de Mme Aminata GUEYE, représentante résident du HCR à Bangui, M. Elie OUEIFIO, ministre en charge de l’Administration du territoire et de M. BONDA, cadre au ministère des affaires étrangères. A l’aérodrome de Kabo, les autorités civiles et militaires avaient accueilli M. Antonio GUTERRES et sa suite. Après les cérémonies protocolaires, la délégation était conduite au domicile du Prêtre de l’église catholique de Kabo. Les choses se sont accélérées. Aussitôt, un briefing a été fait par le chef d’antenne du HCR de Kabo. Ce qui a permis au chef d’antenne d’expliquer à Monsieur le Haut commissaire du HCR les conditions dans lesquelles les populations concernées se sont retirées dans la brousse. Après s’être briefés, MM. Antonio GUTERRES, Elie OUEIFIO se sont ipso facto dirigés vers le village BOKAYANGA. Sur le chemin du village BOKAYANGA, M. Antonio GUTERRES a officiellement remis le kiosque construit par le HCR de la région aux associations des femmes de la localité. Des pousses-pousses, brouettes, bidons et autres ustensiles. C’est justement à cette occasion que le ministre Elie OUEIFIO a encouragé les femmes de Kabo à aller toujours de l’avant. Il leur a recommandé de beaucoup œuvrer en faveur de la paix, de l’amour des uns et des autres. Il n’a pas manqué de les exhorter à unir leurs forces pour le développement socioéconomique de Kabo et de celui de la République Centrafricaine. Très content, le Haut Commissaire était passé serrer une à une les mains des femmes des différentes associations qui étaient sous le hangar. Les femmes étaient également enthousiasmées pour recevoir la visite de la plus haute personnalité du HCR. Le cortège a finalement fait mouvement vers le village BOKAYANGA, le lieu de la visite exacte du premier responsable de l’Institution.
Informée, la population de BOKAYANGA attendait leur hôte. Ce qui peut attirer l’attention des visiteurs au premier coup d’œil, le village fait peau neuve. Toutes les maisons sont nouvellement construites, car les aniciennes étaient complètement parties en fumée lors des derniers évènements. Les travaux de finition tels que la toiture et autres restent encore une préoccupation pour ces personnes qui reviennent dans leur village. M. Antonio GUTERRES, responsable numéro un du HCR, a une idée sur les conditions des déplacées internes et du retour de ces derniers après un travail de sensibilisation ardu par l’équipe du HCR. Il a conféré directement avec la population de BOKAYANGA qui lui a expliqué sa préoccupation par l’entremise du Chef du village, M. SOGUINA Alphonse. Le chef du village, M. SOGUINA Alphonse a pris la parole au nom des siens pour interpeller M. Antonio GUETERRES. Il a déclaré que c’est grâce à l’action du HCR que la population de BOKAYANGA était revenue dans le village pour refaire sa vie. Pour cela? la population du village est très reconnaissante, a-t-il dit. Le chef dudit village n’a pas manqué d’expliquer la souffrance de ses compatriotes dans la brousse qui vivaient comme si c’était au temps jadis, à la merci des aléas de la nature. Il n’ya pas d’école et le chef du village a profité de la présence du Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés pour la construction des nouvelles écoles et des pharmacies pour le bien-être de sa population. Il n’a pas manqué d’évoquer le problème des femmes qui ont souffert dans la brousse, manquant ainsi de tous les moyens pour s’acheter des ustensiles de cuisine. Il en est de même pour les enfants.
En réponse, M. Antonio GUTERRES a déclaré qu’il est en République Centrafricaine avec un objectif précis, celui d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la République Centrafricaine. Or, il se passe beaucoup de choses en Centrafrique sans que la communauté internationale en fasse écho si ce n’est que la République Démocratique du Congo, le Burundi, les pays de l’Asie et de l’Europe, a déclaré M. Antonio GUTERRES. Quand on voit les villages se reconstruire, a renchéri le Haut Commissaire aux réfugiés, il y a de l’espoir et de l’avenir pour ce peuple. M. le Haut Commissaire a spécifié que, même dans les images, on ne parle jamais de la République Centrafricaine, sauf une seule fois par AL JAZIRA qui avait fait un reportage. L’aide se fait de plus en plus vers les pays européens, asiatiques etc. Attirer l’attention de la communauté internationale sur le cas de la RCA, tel sera son leitmotiv pour plaider en sa faveur pour le processus de la paix et la reconstruction nationale. M. Antonio GUETERRES a rassuré la population de BOKAYANGA qu’il mettra en place un plan avec le gouvernement pour résoudre les problèmes essentiels qui font face à la population de BOKAYANGA.