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LE MLPC DENONCE LES GRAVES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME DANS LE 4e ARRONDISSEMENT
Dans la soirée du 2 janvier courant, le sous-lieutenant Wilfried Yango Kapita de la Sécurité présidentielle, a été abattu par le sergent-chef Claude Sanzé au domicile de ce dernier où il s'était rendu après une dispute entre les deux frères d'armes. Conscient de son acte délictueux, le sergent-chef Claude Sanzé, s'est remis à la loi au niveau de la brigade de gendarmerie de Bangui. C'est en ce lieu qu'il devait malheureusement être extirpé dans la matinée du 3 janvier par des éléments armés dont certains de la Sécurité présidentielle pour subir des atrocités : tortures, mutilations, toutes sortes de violence ayant précipité sa mort.
Entre temps, dans la même soirée du 2 janvier, les mêmes éléments proches du défunt compatriote Yango Kapita ont perpétré des actes de pillage et de mise à sac de la résidence de Maître Nicolas Tiangaye, défenseur des Droits de l'Homme, ancien bâtonnier et ancien Président du Conseil National de Transition (CNT) alors qu'il se trouvait à l'étranger. Sa famille n'a eu la vie sauve que grâce à sa vigilance. Dans la foulée des évènements, des barricades ont été érigées sur les principales rues et avenues de la partie Nord de la capitale. Des expéditions punitives à caractère ethnique sont à noter. C'est ainsi que le 5 janvier dernier les mêmes éléments armés de la Sécurité Présidentielle, appuyés par des soi-disant « patriotes » et « libérateurs », véritables milices privées du Chef de l'Etat qui agissent à visage découvert tant à Bangui qu'en province, ont tiré à bout portant sur la paisible population civile et non armée du secteur Gobongo, pendant que les parents et amis du défunt sergent-chef Claude Sanzé revenaient de l'inhumation de ce dernier. Le bilan provisoire fait état de quatre morts, sans compter les dégâts corporels et matériels importants. Suite à ces escalades de violence, la population nord de Bangui demeure traumatisée. Ces actes extrêmement graves et sans précédent dans les annales de l'histoire de notre pays sont inadmissibles en ce qu'ils contiennent les germes d'une guerre civile dont le régime du général Bozizé en porte l'entière responsabilité. Ils contrastent avec les déclarations officielles et les rapports envoyés aux institutions internationales sur l'Etat de Droit dont on nous dit que la RCA ne l'est devenue que depuis le coup d'Etat du 15 mars 2003. En dépit de l'extrême gravité des faits susmentionnés, c'est beaucoup plus tard dans l'après midi du 3 janvier qu'un communiqué gouvernemental laconique lu par le ministre porte-parole du gouvernement par intérim fait allusion aux évènements fâcheux en le banalisant en ces termes nous citons : « L'escalade de la violence qui a entraîné la mort du second protagoniste et que le gouvernement va ouvrir une enquête pour déterminer les circonstances de ces malheureux évènements pour lesquels il présente ses sincères condoléances aux familles » fin de citation. Le communiqué gouvernemental refuse de mentionner que le second protagoniste a été exfiltré de la gendarmerie pour être tué par des gens sans foi ni loi. L'opinion nationale et internationale aura donc compris : les bases pour couvrir et pour blanchir les auteurs de ces crimes et délits inouïs sont d'ores et déjà jetées. Ces faits, faut-il le rappeler, sont intervenus dans un contexte de tensions sociales préoccupantes pour la paix et la cohésion sociale. En de pareilles circonstances, le Chef de l'Etat, garant constitutionnel de la paix et de la sécurité individuelle et collective devait, en sa double qualité de Chef suprême des armées et ministre de la Défense Nationale, sortir de son mutisme et son inaction pour poser des actes capables de rassurer les citoyens quant à leur vie et leur sécurité, ce qui permettrait également de redonner confiance à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Qui plus est, comment comprendre qu'avec le retour à la légalité constitutionnelle, un escadron de la mort basé à Bossangoa et dirigé par le lieutenant Eugène Ngaïkoïsset du Bataillon de protection du Chef de l'Etat, se livre depuis plus d'un mois à des exécutions sommaires massives de compatriotes au seul motif qu'ils seraient d'ethnies ou groupes ethniques supposés hostiles au régime actuel, et à d'autres usagers de la route dont le seul tort est d'emprunter l'axe qui passe par Bossangoa ? Ainsi, depuis plus d'un mois, prendre le chemin de Bossangoa, c'est risquer sa vie si on y est pas originaire. Et les criminels ne sont jamais punis. Fort de tout ce qui précède, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) dans son ensemble voudrait faire sien le sermon de l'Archevêque de Bangui, Mgr. Paulin Pomodimo qui, dans une de ses homélies, disait : « Quand ton chien à l'habitude de mordre tes visiteurs, il faut l'attacher derrière la maison. A défaut, on est obligé de conclure à ta complicité dans tout acte posé par ton chien ». Aussi, le Bureau politique du MLPC : Condamne avec la dernière énergie tous ces évènements ainsi que leurs auteurs ; Adresse ses sincères condoléances à toutes les familles éprouvées ; Invite tous les filles et fils de Centrafrique qui ont choisi le noble métier de défense de la patrie à ne pas céder aux manipulations contraires à leur éthique et déontologie professionnelle, et à abandonner tout recours à la violence pour le règlement des différends ; Lance un vibrant appel à la classe politique et à la société civile centrafricaines , à la communauté nationale et internationale et à toutes les bonnes volontés, pour une mobilisation afin d'empêcher à la République Centrafricaine de basculer dans la guerre civile ; Rappelle aux autorités nationales l'urgente nécessité de prendre la mesure des évènements et de comprendre que le seul défi qui vaille actuellement pour la République Centrafricaine est celui de la lutte contre l'intolérance, l'exclusion, et la pauvreté en vue de garantir le développement durable. Le 1er vice-président Luc Apollinaire Dondon K. Lundi 09 Janvier 2006
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