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LE PROCESSUS DU DIALOGUE GRIPPELa mise en place du Comité du Comité d’Organisation du Dialogue Politique Inclusif suscite beaucoup plus d’interrogations qu’il n’en résout. De par sa composition, ce Comité d’Organisation tord allègrement le cou au consensus qui a prévalu jusque-là , au point que beaucoup, aussi bien dans la majorité présidentielle que dans l’opposition démocratique et armée, se demandent si les autorités centrafricaines ont vraiment la volonté d’aller à ce forum.
L’Union des Forces Vives de la Nation a déjà réagi, dénonçant la composition de ce Comité d’organisation dont la part belle est faite aux pouvoirs publics et à la majorité présidentielle. L’initiateur du texte, qui n’est autre que le ministre de la Communication en charge du Dialogue, est pointé du doigt. Pour beaucoup, si le Chef de l’Etat, le Général François Bozizé, a accepté d’apposer sa signature au bas du texte, c’est qu’il a cautionné le désordre qu’a voulu instaurer son ministre, en cherchant à tout prix à canaliser le dialogue politique inclusif et nul n’est dupe.
Des menaces de boycott planent sur le DPI La stratégie du gouvernement est bien perçue par l’opposition démocratique et les groupes armés. Usant d’artifices illégaux, le gouvernement aurait confectionné le décret mettant en place le Comité d’organisation entre quatre murs sans se référer ou consulter les autres entités. Dans le texte, les autorités ont imposé certaines personnalités, qui n’ont pas été cooptées par leur parti on leur entité. Cette pratique est très mal appréciée par les entités qui considèrent que le gouvernement a voulu ainsi diviser pour mieux les fragiliser à l’approche du Dialogue Politique Inclusif. Les exemples les plus patents fréquemment cités sont la désignation d’un seul délégué pour représenter les politico-militaires. Les groupes rebelles auraient bien voulu se concerter avant de désigner leur représentant. Or ’’manu militari’’, le gouvernement a choisi le représentant du FDPC d’Abdoulaye Miskine, ce qui crée des grincements de dents au sein de l’UFDR et de l’APRD, même si l’UFDR de Florian Ndjadder –Bedaya a toujours été marginalisé. Comme si cet artifice ne suffisait pas, les autorités ont choisi un représentant du MLPC, contre l’avis de son parti, ce qui aussi crée l’ire, non seulement au sein du MLPC, mais également au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), qui menace de plus en plus de boycotter le dialogue politique inclusif, si le Comité d’organisation est maintenu en l’état. Un grain de sable dans la machine Alors que tout avait l’air de bien fonctionner jusqu’alors pour aller au forum inter centrafricain, que tout le monde attend de tous ses vœux, la mise en place boiteuse de ce Comité d’organisation constitue un grain de sable dans la machine, aux conséquences imprévisibles. Les groupes politico-militaires, notamment l’APRD et l’UFDR, qui ont des facultés de nuisance certaines, commencent à bouder sérieusement et mettent la pression. Dans la région de Yalinga, selon notre indicateur à Bria, l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), a ratissé la zone et a ramassé tous les appareils de communication Thuraya que les rebelles ont confisqués. La situation inquiète, car les organisations humanitaires ne communiquent avec leurs bases qu’à l’aide de ces appareils. Les groupes rebelles manifestent de plus en plus d’impatience, car ils attendent toujours la date de signature de l’accord de paix global, qui demeure pour l’heure une incertitude. Le gouvernement veut jouer aux prolongations Depuis l’accord de Libreville du 9 mai dernier, le gouvernement traîne les pas pour le regroupement des combattants de l’APRD. Le regroupement des combattants de l’UFDR, n’ayant jamais eu lieu, l’APRD doute de la sincérité du gouvernement. La composition du Comité d’organisation du dialogue politique inclusif vient amplifier le doute dans l’esprit des politico-militaires. Aussi bien l’opposition démocratique que les groupes armés voient d’un très mauvais oeil l’auto proclamation du Ministre de la communication en charge du Dialogue en qualité de coordonnateur de ce Comité d’organisation. Tout se passe comme si le gouvernement veut jouer aux prolongations, car même les députés, qui viennent de terminer leur première session ordinaire, ne peuvent pas regagner leur circonscription respective. Ils attendent à Bangui la session extraordinaire promise par le Chef de l’Etat, pour l’étude du projet de loi d’amnistie qui traîne en longueur et ce n’est pas du tout du goût surtout des politico-militaires. La confusion commence à régner de plus en plus dans les esprits, et beaucoup pensent que la mise en place du fameux Comité d’organisation du dialogue politique inclusif a ouvert la boîte de Pandore et que le processus du dialogue est sérieusement grippé. La balle est maintenant dans le camp du Chef de l’Etat, qui seul peut rectifier la barre comme à l’époque, lors de la mise en place du Comité Préparatoire. Il n’est jamais tard, car le dialogue politique inclusif a une importance capitale pour la République Centrafricaine. Lundi 23 Juin 2008
John Smith
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