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DROITS DE L'HOMME
LES AVOCATS DURCISSENT LEURS POSITIONS'Nous ne pouvons pas rester insensibles à ce comportement'
«C’est le combat des grands», devrait lancer un passant curieux de voir un autre décor planté devant la Cour d’Appel de Bangui, dans la matinée d’hier. Les Avocats centrafricains, fâchés et floués, ont fait un sit-in pour le moins spécial, ironise-t-on. Tous, une soixantaine, étaient débouts.
Mais le moment le plus palpitant était sans nul doute le point de presse donné juste après le sit-in par le Bâtonnier Martin Kongbéto Gbogoro. « Nous ne pouvons pas rester insensibles à ce comportement, a-t-il déclaré. Ce climat de malaise sur fond de menaces à l’encontre des avocats par certains magistrats de la Cour d’Appel et de la Cour de Cassation doit être combattu», devrait-il poursuivre. Comme pour répondre au Procureur Général qui fustige le comportement des porteurs de robe noire et laisse entendre qu’ils ne peuvent jouir de l’impunité. Dans cette polémique, parfois tourmentée, parfois mouvementée, les Avocats comme les magistrats campent sur leurs positions et n’attendent pas céder à la tentative ou à la récupération. Sur RFI, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bangui dit qu’il n’agit sous aucune impulsion politique. Il s’agit, selon lui, d’une démarche claire visant à ‘’responsabiliser’’ les Avocats qui auraient beaucoup de contentieux avec leurs clients. «Ce n’est pas le Parquet qui se plaint contre eux…». Pour Me Kongbéto, leur mouvement n’a rien de politique. Il a insisté sur le fait que les Avocats ne sont pas certes au dessus de la loi, mais pour autant, ils ne doivent pas être appréhendés comme des minables personnes, - en citant à titre d’exemple le cas de sa propre arrestation et de celle qui guette d’autres Avocats. Tout ce tableau bien sombre augure d’un avenir morose pour ces nobles professions qui sont, ironie de l’histoire, intimement liées. Les Magistrats et les Avocats sont censés collaborer ensemble dans la perspective d’une justice indépendante et crédible en République Centrafricaine. Alors, qu’est-ce qui a jeté le pavé dans la marre? Les raisons invoquées sont de plusieurs ordres. Mais les questions d’intérêts ne sont pas choses à exclure. Désormais, on aura compris que les deux parties se connaissent très bien et peuvent, si la crise perdure, révéler des vérités profondes sur la place publique. D’ailleurs, Me Kongbéto a balayé d’un revers de main toutes les affirmations du Procureur de la République qui a cité à la Télévision Centrafricaine les noms des Avocats ‘’indélicats’’. Le Bâtonnier, cité à comparaître aujourd’hui (il dit n’avoir pas été convoqué), a promis brandir à la presse certains dossiers sales concernant un certain nombre des Magistrats. Si ceux-ci continuent à les humilier alors qu’ils, renchérit Me Kongbéto, jouissent de la présomption d’innocence car pas encore inculpés. Cela dit, le bras de fer Avocats-Magistrats risque de prendre des proportions inquiétantes au point de gêner même le processus de Transition qui a plus que jamais besoin d’un apaisement. Patrick Bakwa
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Jeudi 26 Août 2004
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