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LES BARBARIES DU 4e ARRONDISSEMENT RACONTEES PAR UN TEMOIN



Les ruines de la Gargottes de Francis Bozize
Le Confident (L.C) : vous avez été témoins des derniers évènements qui ont secoué le 4è Arrondissement de Bangui. Quelles sont vos impressions ?
Jean-Pierre Ndedji (J-P.N) : Mes impressions, sont celles déjà partagées par tout le monde. Les Centrafricains en général et les habitants du 4e arrondissement de Bangui en particulier ont déploré les exactions et exécutions sommaires que les ex rebelles ont perpétré et continuent de perpétrer sur les paisibles citoyens. Ce qui est amère dans cette situation est l'attitude des autorités politiques et militaires sensés assurer la sécurité des populations mais qui cautionnent les actes barbares des hommes en tenues.
L.C : Depuis le changement du 15 mars 2003, les populations ne cessent de se plaindre des comportements des ex libérateurs. Est-ce pour la première fois qu'un incident de ce genre s'est produit dans le 4e arrondissement ?
J-P.N : Le phénomène des ex-libérateurs, est un phénomène que je qualifie de dangereux dans le contexte actuel. L'avènement du général François Bozize au pouvoir n'est pas seulement le fruit de la lutte armée. Toutes les composantes de la Nation, face à la gestion sans partage du pouvoir par le précédent régime, les multiples violations des Droits de l'Homme, ont contribué à la chute de Patassé. Aujourd'hui, après les élections de mars et mai 2005, nous sommes dans une situation où la population a placé sa confiance à un chef d'Etat. Ce président élu doit se mettre au dessus des considérations partisanes et ethniques pour mieux garantir la sécurité et protéger la population. Ces ex-libérateurs sont sous le contrôle de ce chef d'Etat. Je vais vous décrire un peu ce qui s'est passé. Ces ex-libérateurs, lorsque ce sergent chef Jean Claude Sanze s'est réfugié dans les locaux de la SRI, ils sont allés l'extraire. C'est des éléments qui font partie de la sécurité présidentielle, donc un système organisé. Sur les talkies qu'ils portaient, les communications sont coordonnées. Le chef de l'Etat suit même de très près, là ou il est, ce qui se passe au niveau des éléments en mouvement dans le pays. Ces éléments surarmés, avec cinq véhicules, se sont déportés au niveau du BONUCA, au niveau de la gendarmerie pour extraire ce regretté Jean Claude Sanze. Mais ces éléments, ces véhicules, ces armements et ces déplacements sont placés sous le commandement de quelqu'un. Donc, on considère aujourd'hui la situation qui est arrivée comme une situation préméditée. Le chef de l'Etat, chef suprême des armées, ministre de la Défense est par voie de conséquence responsable devant cette situation. Le parlement devrait se pencher sérieusement sur cette affaire.
LC : Selon les informations en notre possession, il serait question de 5 à 6 personnes sur lesquelles les éléments de la garde Présidentielle ont tiré à bout portant. Quelle est votre version des faits?
J-P.N : La femme abattue au marché Gobongo a reçu la balle à bout portant. C'est une remise en cause de la valeur de la vie humaine, une remise en cause de la vie en société. Dans un Etat de Droits avec des règles des institutions, personne ne peut outrepasser ces règles pour agir à sa tête. C'est la justice qui doit prendre en main la suite de ce malheureux incident entre militaires. Le gouvernement a fait mention des enquêtes pour faire la lumière sur les douloureux évènements intervenus récemment dans le 4e arrondissement. Le peuple centrafricain attend impatiemment les résultats de ces enquêtes et la traduction des coupables en justice.
LC : Quel message d'apaisement pouvez-vous lancer à vos concitoyens ?
J-P.N : Il appartient maintenant aux Centrafricains de s'organiser. Les Institutions des Droits de l'Homme, les partis politiques, les centrafricains dans leur globalité doivent s'organiser pour que ces genres de comportement, ces genres de pratiques s'arrêtent. Aujourd'hui, on prône la bonne gouvernance. La bonne gouvernance avec des chefs qui n'ont pas la capacité, les valeurs réelles pour assurer cette gouvernance. C'est que nous remettons en cause notre système de gouvernance nos propres systèmes de valeur. Il est question maintenant pour les centrafricains de réfléchir davantage pour que l'avenir soit un peu meilleur.

Lundi 09 Janvier 2006
Propos recueillis par Modeste Jérôme Poubalandji
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