Jean-Pierre Bemba a atterri à la Haye (Pays Bas) non sans peine. Dès son arrestation, les Avocats de Jean-Pierre Bemba ont déclenché toute une artillerie juridique, pour que leur client soit mis en liberté provisoire. Tous les efforts déployés par les défenseurs en première instance, devant la chambre d'accusation et la Cour de Cassation n'ont pas été couronnés de succès. Les instances judiciaires belges ont donné raison à la Cour Pénale Internationale et ont reconnu le bien-fondé des accusations de cette juridiction internationale.
Les avocats de la défense se démènent
Bien que la première audience de M. Jean-Pierre Bemba Gombo devant les juges de la CPI, ressemble à une sorte de formalité, les avocats du prévenu ont commencé à soulever un certain nombre de questions de procédure quant à l'arrestation en Belgique de leur client et son transfèrement vers la Haye. Pour les avocats de la défense, la procédure serait entachée d'irrégularités qu'ils se réservent le droit de soulever à la prochaine audience qui aura lieu le 4 novembre 2008. D'autres questions de fond ont été soulevées qui concernent l'ex Président Ange Félix Patassé. Beaucoup d'observateurs se demandent comment Jean-Pierre Bemba peut-être poursuivi alors que Patassé coule des jours tranquilles et libres au Togo. Toutes les réactions dans les médias convergent vers le ‘‘barbu national'' qui, à l'époque, avait fait venir Bemba et ses troupes pour sauver son régime.
Maintenant que Jean-Pierre Bemba Gombo est au siège de la Cour Pénale Internationale, la juridiction internationale doit aiguiser ses armes pour soutenir l'accusation. Des victimes centrafricaines, nombreuses, auront à témoigner à visage découvert et feront certainement le voyage de La Haye, aux Pays Bas. Les témoignages nombreux, parfois très poignants, avec des preuves que la CPI s'était gardée jusqu'alors de dévoiler, sortiront des tiroirs.
Début de victoire contre l'impunité
Peut-on déjà parler de victoire pour les victimes ? Le chemin est encore long car beaucoup d'acteurs de cette période macabre d'octobre 2002 à mars 2003 circulent encore librement, marquant parfois les victimes. Mais l'arrestation de M. Jean Pierre Bemba, dont les troupes s'étaient trompées d'époque en République Centrafricaine, est déjà le début de cette victoire contre l'impunité. Dorénavant, les princes qui nous gouvernent doivent réfléchir avant de poser des actes, surtout si ceux-là violent allègrement les droits de l'homme. La communauté internationale, dorénavant sourcilleuse sur ces principes, ne laissera pas faire. Après les évènements d'octobre 2002, le niveau de bestialité et de cruauté des banyamulenge de Jean-Pierre Bemba avait dépassé tout entendement. A l'époque, ni Bemba, ni Patassé, encore moins leurs sbires, ne pensaient pas qu'un jour, ils seraient rattrapés par la foudre de la justice. Le moment est venu de faire son examen de conscience. Ce que les bourreaux d'antan croyaient être une simple plaisanterie, avec l'arrestation de Jean-Pierre Bemba, se transforme peu à peu en cauchemar. Dorénavant, le sommeil leur est coupé, car ils ne savent pas à quel moment ils pourront rejoindre le maître du Mouvement de Libération du Congo.