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LES MAGISTRATS EN ASSEMBLEE GENERALE
Après la rentrée judiciaire du mercredi 30 avril 2008, les magistrats se sont réunis en Assemblée Générale pour réfléchir en profondeur sur les maux qui gangrènent l'appareil judiciaire centrafricain. Cette Assemblée Générale, qui a démarré ses travaux le vendredi dernier, donnera l'occasion aux magistrats de circonscrire le mal qui ronge et qui continue de gangrener la justice centrafricaine.
Cette rencontre permettra de restructurer et de redynamiser l'administration judiciaire. Depuis quatre ans, le ministère de la Justice éprouve d'énormes difficultés dans le système fonctionnel et organisationnel de son administration. Ce qui sous tend que depuis fort longtemps, malgré les réformes engagées pour assainir la maison Justice par rapport aux recommandations des derniers Etats Généraux dudit département, rien ne semble bouger. La mise en application des différentes recommandations issues de ces Etats Généraux souffre dans les tiroirs. Plusieurs ministres qui sont passés à la tête du département ont initié des projets de nomination pour changer la configuration de l'administration, mais cela n'a engendré aucun effet. Les différents régimes qui se sont succédés à la tête du pays ont fait de la Justice centrafricaine le domaine réservé et stratégique pour régler les comptes des uns et des autres qui ne se conforment pas à l'idéologie du parti au pouvoir. C'est justement là que les observateurs de la vie politique nationale et internationale ont constaté la forte politisation de la machine judiciaire. Ce qui a généré comme conséquence le verrouillage des postes administratifs clés, à la solde des proches du pouvoir. Nul ne peut douter de la personnalisation de la Justice qui, au lieu de travailler pour le peuple, se met au service du pouvoir. Les conséquences ne sont pas à démontrer. Cette forte politisation de la machine judiciaire lui ôte son caractère indépendant. Les nominations à des postes de responsabilité sont faites sur des bases purement ethniques. Les magistrats sont cooptés parce qu'ils sont proches du pouvoir. Tous ces éléments ne contribuent pas à l'efficacité et à l'amélioration du travail au sein de la justice centrafricaine. En conséquence, les justiciables ne cessent de dénoncer cette attitude qui remet en cause l'indépendance de la justice, tout en provoquant le dysfonctionnement de l'appareil judiciaire. Cette Assemblée Générale donnera-t-elle enfin à la justice centrafricaine toute son indépendance pour une justice juste et équitable ? Mercredi 07 Mai 2008
La Rédaction
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