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POLITIQUE
LES MINISTRES DE BOZIZE QUITTENT LE NAVIRE
Le président de la république François Bozizé est en proie à un soulèvement populaire qui ne lui laisse pas un temps de répit. En date du 31 janvier 2006, le chef de l’Etat a pris un décret pour limoger certains membres du gouvernement qui se sont rendus coupables des actes indélicats qui sont de nature à ternir l’image de marque de ceux qui nous gouvernent.
Au mois de novembre 2005, le gouvernement a pris des mesures cœrcitives pour régler définitivement ce malentendu qui apparaît comme une épine dans les pieds du gouvernement Elie Doté. Depuis sa nomination, des actions salvatrices ont été menées à tous les niveaux pour harmoniser les points de vue autour des questions du développement. A la surprise générale, Bozizé a changé le fusil d’épaule pour apporter un réaménagement technique au gouvernement qu’il avait composé une semaine plutôt. Entre-temps, trois ministres de la république ont été suspendus et attendaient d’être réhabilités après l’opération contrôle paiement. Ce retour a été rendu impossible car, les jeux sont d’ores et déjà pipés. Bozizé est revenu sur sa décision c'est-à-dire que le décret numéro 6 modifiant et complétant certaines dispositions du décret N05/153 du 19 juin 2005 portant nomination des membres du gouvernement a été rapporté pour éviter des frustrations dit-t-on. Deux ministres de la République qui ne se sentent pas franchement dans leur peau ont préféré rendre leur tablier. Il s’agit de M. Mahamat Amadou, dont on a confié le poste du ministre délégué au Développement Rural. En démissionnant, il a exigé de Bozize de lui traduire clairement ses attributions qui demeurent comme un tabou. Il en est de même pour Mme Kpongbo qui ne trouve pas mieux de partir pour ne pas trahir les idéaux du parti politique pour lequel elle milite. De sources concordantes, elle fait partie des personnes décelées par l’Opération contrôle paiement. Elle aurait perçu indûment les deniers de l’Etat. Les gens qui l’ont déniché pour pouvoir le proposer à ce poste ont trompé Bozize. Aux dernières nouvelles, le Président de la République est très amer et ne veut pas retomber dans les erreurs de son prédécesseur qui nommait des morts à des postes de responsabilités. Les deux personnalités qui ont démissionné à la grande surprise de tous peuvent s’estimer heureuses. Pendant que François Bozize maîtrise la gouverne, ceux qui n’ont rien à faire que de réclamer de lui doivent normalement verser les larmes. Deux ministres qui partent du gouvernement sans crier gars est inquiétants. Kpongbo et Amadou ont fait retourner Bozize dans sa pensée. C’est ainsi qu’il avait pris un décret rapportant les dispositions de la décision nommant ces deux personnalités qui ont curieusement refusé de faire chemin ensemble. L’entourage de Bozize l’a suffisamment trompé. Comment dans un pays démocratique, les personnalités qui sont identifiées, susceptibles d’être responsabilisées à des postes importants puissent être marginalisées ? L’histoire que nous rapporte Adamou et Mme Kpongbo est édifiante pour l’avenir de la République Centrafricaine. La cohésion nationale semble être ébranlée. Après ce départ massif, il faut redouter une prochaine vague de personnalités qui sont sur le carreau. Aujourd’hui, le pays vacille et a plus besoin des bras valides. Bozize finalement se place dans l’optique des actions de son prédécesseur Patassé qui nommait à des postes de responsabilité des zombies et des morts dans les délégations spéciales des mairies. Comment peut-on vivre avec un maire revenant, alors que la population attend de pied ferme des actions novatrices de relance de l’économie communautaire. Deux ministres de la République sont partis, le public s’interroge de savoir s’il va encore avoir d’autres défections. A voir. Marcel Dexter Gazikolguet
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Mardi 7 Février 2006
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