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LES ONG DES DROITS DE L'HOMME S'ELEVENT CONTRE LES ACTES DE BARBARIE DES SOLDATS EGARES
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2006, une dispute opposant deux militaires, le Sergent-Chef, Claude Sanzé et le sous lieutenant Wilfrid Yango-Kapita au quartier Gobongo à Bangui a tourné au drame.
Poursuivi par le sous lieutenant Yango-Kapita jusqu'à son domicile, le sergent-chef Claude Sanzé a fait usage de son arme et a abattu Yango-Kapita. Informées de cette situation, des personnes ont érigé des barricades sur les l'avenu de l'indépendance et sur l'avenue des martyrs. Claude Sanzé qui a trouvé refuge dans les bureaux des nations Unies en Centrafrique « BONUCA » où il s'est constitué prisonnier a été transféré à la gendarmerie nationale et au Service d'Enquête et de Recherche « SERD » d'où il a été extrait par des éléments armés. Ceux-ci l'ont torturé et mutilé avant de l'exécuter sommairement dans le local de la SERD sensée abriter des personnes placées en garde-à-vue, c'est-à-dire sous l'autorité de la justice. Entre temps sa maison et celle de son ami ont été détruites. Dans la même nuit du 2 au 3 janvier au matin,le domicile de Me Nicolas Tiangaye, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Centrafrique, ancien président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme et ancien Président du Conseil National de Transition (Parlement de Transition) a été mis à sac, pillé et quatre véhicules saccagés. Si Claude Sanzé était l'ancien aide de camp de Me Nicolas Tiangaye lorsque celui-ciassurait les fonctions de Président du Conseil National de Transition, il n'existe aucune relation directe ou indirecte entre les faits qu'il a commis et la destruction des biens de Me Nicolas Tiangaye, sauf manifestement un règlement de comptes de la part des personnes qui n'ont jamais admis les prises de position de Me Nicolas Tiangaye en faveur de l'Etat de droit, des droits de l'homme et de la démocratie. Dans le même temps, dans le silence et loin des bruits de Bangui, les populations des préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-pendé sont livrées aux exactions de certains éléments de la sécurité présidentielle envoyés pour combattre les coupeurs de rote ou « zaraguinas » et placés sous le commandement du lieutenant Eugène Ngaïkoïssé. Cette population vit dans la terreur totale. A Bossangoa dans la nuit du 13 au 14 décembre 2005, après la découverte d'une arme de guerre de type AK 47, de munitions et une quantité de chanvre indien dans l'un des véhicules qui se rendaient au marché hebdomadaire de Bétoko, les passagers ont été passés à tabacs y compris le Président du Tribunal de Paoua, M. Willy Siolo et certains, dépossédés de leurs argents. Des personnes ont été arrêtées et torturées aux motifs qu'elles cherchaient à rejoindre les rebelles. Il s'agit de Séraphin Datoloum, commerçant à Bossangoa, Eugène Dokouna, Président de la Délégation Spéciale de Marrkounda, Sébastien Daïbé, tailleur à Bossangoa et Jérémie Alladoum. Certains passagers dont l'ex-caporal Sylvain Borbé, le caporal Etienne Nemekon, Gervais Moïndo et des ressortissants tchadiens qui se trouvaient dans le camion et qui ont été interpellés auraient été exécutés sans aucune forme de procès et enterrés dans une fosse commune dans la localité de Koro-Mpoko à 45 Km de Bossangoa. Les nommés Martin Yalissem, Ndayo Yalissem et Benjamin Mbaïgoto ont été sommairement exécutés le 28 décembre 2005 et inhumés dans une fosse commune à Bodjmo entre Boguila et Markounda. Plusieurs villages situés entre Boguila et Bodjomo ont été incendiés. Les Organisations de Défense des Droits de l'Homme constatent que tous ce faits sont le résultat de la consécration de l'impunité par les pouvoirs publics qui n'ont jamais daigné appliquer la loi et assurer la protection des personnes et des biens, livrant le pays à la loi de Talion. Le communiqué laconique du gouvernement en date du 3 janvier 2006 faisant état d'un simple « incident malheureux » pour qualifier des faits criminels gravissimes en plaçant sur le même pied d'égalité la mort des deux militaires en est une parfaite illustration. Le gouvernement centrafricain qui a l'obligation d'assurer la sécurité des biens et des personnes et qui ne fait rien pour sanctionner les criminels lorsque des crimes odieux sont commis en régissant de manière complaisante est tenu par les organisations des Droits de l'homme quant à la volonté du gouvernement centrafricain d'instaurer un régime d'exception ‘est à dire la dictature à travers la loi ‘habilitation de surcroît non conforme à la constitution du 27 décembre 2004. Les organisations des Défenses des Droits de l'Homme soussignées, -condamnent énergiquement l'assassinat du sergent-chef Claude Sanzé, précédé de tortures et d'actes de barbarie sur sa personne ; -dénoncent la complicité passive et coupable des autorités de gendarmerie et de la justice responsable de la protection de l'intégrité physique d'une personne qui s'est constituée prisonnière ; Demandent l'ouverture d'une véritable enquête judiciaire aux fins d'identifier les auteurs de l'assassinat du sergent-chef Claude Sanzé et des actes de barbarie commis sur sa personne et leur traduction devant la justice. Condamnent avec la même fermeté les actes et planifiés de destruction de biens mobiliers et immobiliers et le pillage du domicile de Me Nicolas Tiangaye. Exigent du gouvernement de prendre des mesures immédiates pour faire cesser les assassinats, les exécutions sommaires des personnes et les destructions de biens mobiliers et immobiliers dans les villes de Bossangoa, Nana-Boguila et Markounda et dans les villages environnants. Fait à Bangui, le 05 janvier 2006 Me Bruno Hyacinthe Gbiegbia (ACAT/RCA) Me Marie Edith Douzima Lawson (AFJC) Me Nganatowa Goungaye Wanfiyo (LCDH) M. Adolphe Ngouyombo (MDDH) Me Albert Panda Gbianimbi (OCDH) Vendredi 06 Janvier 2006
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