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MARTIN ZIGUELE RABROUE LE REGIME DE BANGUILe candidat malheureux à la présidentielle du 8 mai 2005 est sorti de sa tanière pour tancer Bozizé et son gouvernement. Il n'a pas remué sa langue sept fois pour dire à l'occasion d'une interview accordée à notre confrère de RFI, Christophe Boibouvier ce qu'il pense du régime de Bangui. Voici la transcription intégrale de l'interview.
Christophe Boibouvier : Martin Ziguélé Bonjour,
Martin Ziguele : Bonjour, Christophe Boibouvier : Quels sont les bons points et les mauvais points pour François Bozize depuis son élection du mois de mai dernier? M.Z. : Je suis très embarrassé pour les bons points, mais par contre j'en vois certains qui sont assez inquiétants et nous assistons à des événements que nous souhaitons ne plus jamais voir en Centrafrique c'est-à-dire des règlements de comptes sanglants entre de jeunes militaires qui se poursuivent apparemment par des tentatives d'assassinat. Christophe Boibouvier : Alors Vous faites allusion à cet événement de mardi dernier, les éléments de la garde présidentielle sont allés dans un poste de gendarmerie pour en extraire un soldat qui, la veille, avait tué leur chef et ils l'ont exécuté. Comment vous réagissez à cela ? M.Z. : Je condamne cela avec la plus forte énergie. Nous sommes là en face d'un phénomène que nous avons pensé à tout jamais révolu en République Centrafricaine. Parce que je ne vois pas le lien qu'il y a entre la dispute entre deux militaires qui se soldent par un assassinat et par exemple le fait qu'on s'en prenne à [une] propriété privée d'une haute personnalité et qui est complètement dévastée etc. et si la personne se trouvait dans sa maison cette nuit là, qu'est ce qui se serait passé ? Christophe Boibouvier : Oui, vous faites allusion au domicile de Me Nicolas Tiangaye qui a été attaqué par les libérateurs venus chercher le soldat qui avait tué leur chef. M.Z. : C'est ça que je trouve que c'est très inquiétant parce que quand quelque chose de ce genre arrive dans un pays il faut le condamner avec fermeté. Force doit rester à la loi et c'est ça le fondement de la République. Hier c'était Me Tiangaye qu'on a apparemment cherché à assassiner parce que si ceux qui sont venus attaquer chez lui l'avaient trouvé, ils n'allaient pas le laisser vivant. Demain ce sera le tour de qui. Il y a eu déjà tout un chapelet de crimes gratuits, de crimes crapuleux, d'assassinats et il n'y a jamais eu de procédure qui a abouti. C.B. : Donc à vos yeux, le régime actuel ne réussit pas à se débarrasser des libérateurs qui l'on porté au régime il y a trois ans. M.Z. : Je ne vois que les faits et je ne condamne que les faits. Ce qui s'est passé hier à Bangui est indigne d'un Etat de droit. C.B. : Martin Ziguélé, quand vous étiez Premier ministre, des miliciens congolais, des Banyamulengué comme on les appelait d'Ange Félix Patassé n'était pas plus tendre avec les populations. M.Z. : Je condamne les violences d'où qu'elles viennent. Si un ensemble de personnes ont dit qu'ils ont pris le pouvoir pour changer la situation, on ne devrait plus avoir à faire de comparaison entre la situation d'aujourd'hui et la situation d'hier. Le fait que l'idée de faire la comparaison vienne à l'esprit, ça veut dire qu'il y a un problème. Nous sommes dans une situation d'éternel recommencement, c'est comme le mythe de Sisyphe à la centrafricaine C.B. : Martin Ziguele, vous dénoncez le fait que sur l'année 2005 les fonctionnaires centrafricains en 2005 n'ont reçu que quatre mois de salaire et quand vous étiez Premier ministre ils n'étaient pas mieux payés. M.Z. : Il faut vérifier vos informations sur le plan financier. Lorsque j'étais Premier ministre, je n'ai jamais reçu un seul centime d'aide budgétaire extérieur. Mais tous les 35, 40, 45 jours, on arrivait à payait au moins un mois salaire. C.B. : Vous êtes très sévère à l'égard de François Bozize. Est-ce parce que vous n'avez pas surmonté votre échec au deuxième tour de la présidentielle du 8 mai dernier ? M.Z. : Non, j'étais le premier à reconnaître les résultats et à les accepter et à féliciter le vainqueur et à lui souhaiter bonne chance. Donc, je n'ai aucune animosité. Je suis sévère, si vous le voulez, parce que je constate plusieurs mois après les élections, que aucune des promesses faites ne se transforment pas en réalité. Et si encore il y a des atteintes sur les droits de l'homme, ça je ne peux pas l'accepter. C.B. : Entre les deux tours, la plupart des autres opposants ont appelé à voter en faveur de votre adversaire François Bozize, est ce que ce n'est pas la preuve que le souvenir d'Ange Félix Patassé fait encore peur et que vous n'avez pas réussi à rassembler à cause de cela. b[M.Z. : Il est possible que certains de nos compatriotes avec qui on était dans l'Union des ]b Forces Vives de la Nation ne nous ont pas fait suffisamment confiance. Il est possible que cela ça soit cela, il est possible également que ça soit autre chose. Mais nous en tirerons les leçons croyez-moi. Maintenant, l'histoire jugera si le choix qu'ils ont fait c'est bon. C.B. : Officiellement, Ange Félix Patassé est toujours le président de votre parti, MLPC, Est-ce que vous n'êtes pas condamné à perdre toutes les élections à venir tant que vous n'aurez pas rompu définitivement avec l'ancien président ? M.Z. : J'ai aussi la faiblesse de croire que le MLPC a des militants qui réfléchissent sur leur sort, sur leur situation et le moment venu, dans le cadre des organes statutaires du parti, les militants trancheront. C.B. : Ce qui signifie qu'au prochain congrès de votre parti MLPC, vous viendrez pour un changement à la tête du parti. M.Z. : Nous n'en sommes pas là, le débat est prématuré. C.B. : Depuis votre défaite électoral du 8 mai dernier vous vivez en France où vous êtes consultant. Pourquoi n'êtes-vous pas restez en Centrafrique pour préparer peut-être les futures élections ? M.Z. : Mais je vais rentrer en Centrafrique bientôt, je suis entrain de régler des problèmes administratifs. Je vais rentrer en Centrafrique plus tôt que vous le croyez pour préparer l'avenir. Vendredi 06 Janvier 2006
Source Rfi
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