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Mort de Boganda: réaction du général Xavier Sylvestre Yangongo
Le 07 novembre 2007 un document intitulé'' Lettre d'information à tous les membres de la famille Boganda, de la famille Fayama et de la famille Kangala,…'', sous la signature de Moammar BENGUE-BOSSIN, Président de la fondation PanAfrican Union, prétendait faire la lumière sur les circonstances de l'accident d'avion du 29 mars 1959 dans lequel a péri le Président fondateur Barthélemy Bonganda, avec l'équipage et plusieurs passagers parmi lesquels ses compagnons Albert Fayama, et Prosper Kangala.
Dérogeant à toutes les règles de l'investigation policière scientifique, prenant le contre-pied de la vérité historique, adossant des visées manifestement politiques à des amalgames et des affabulations, Monsieur BENGUE-BOSSIN, voudrait faire croire que le Président Boganda ne serait pas mort dans l'accident, mais aurait été déporté, via l'Algérie, aux Antilles où il viendrait de mourir. Alphonsine Yangongo Boganda rabrouée Il s'est malheureusement trouvé des personnes, soit de mauvaise foi, soit intéressées, qui ont épousé cette cause hasardeuse et jeté le trouble dans l'esprit des centrafricaines et des centrafricains sur les circonstances de la mort du Président Fondateur, espérant attirer sur elles les projecteurs de l'actualité. C'est le cas de Mme Alphonsine Yangongo Boganda, ancienne élue à l'Assemblée Nationale, apparemment en mal de reconnaissance. Son initiative individuelle n'engage en rien la famille Boganda qui est très étonnée de cette croisade dans laquelle elle s'est lancée. Il convient de préciser que, née Alphonsine Wakouzou Wagbandia, l'honorable Alphonsine Yangongo Boganda n'a jamais été reconnue de son vivant par feu le Président Boganda, qui ne l'a jamais vue. Plus tard après le décès du Président Boganda, et grâce à l'entremise du feu Président David Dacko, elle sera, à l'âge de dix-huit ans, reconnue par le frère aîné de Boganda, feu Norbert Yangongo, et acceptée dans la famille. Mais ce n'est ni le lieu ni le moment d'étaler des secrets de familles ou de s'éloigner de l'objet du débat. Cependant il est très regrettable qu'Alphonsine s'associe avec légèreté dans une aventure dont on ne voit pas clairement l'objectif poursuivi. S'agit-il de demander réparation à la France ? Mais quelle France ? Et au profit de qui ? Au profit de la République Centrafricaine ? Au profit des parents ? Certains protagonistes se sont laissés en effet dire que s'ils donnaient leurs signatures ou s'ils appuyaient la campagne, ils recevraient compensation en espèces sonnantes et trébuchantes. Ainsi, dans sa lettre d'information, Monsieur BENGUE-BOSSIN somme-t-il le gouvernement de réclamer à la France dix milliards de dollars par déporté décédé et ( seulement !) un milliard de dollars par déporté encore en vie, quelques milliards de Francs CFA revenant à chaque famille. C'est honteux et indigne ! S'agit-il de rétablir une simple vérité historique ? Dans ce cas, n'y a-t-il pas en République Centrafricaine des historiens plus compétents que Moammar BENGUE-BOSSIN pour mener une enquête sereine, loin de l'agitation médiatique et en se fondant sur des documents avérés et des témoignages dignes de foi ? Si toutes les archives ne sont pas encore tombées dans le domaine public, pourquoi s'agite-t-il ? S'agit-il de compromettre les bonnes relations entre la France et la République centrafricaine ? Dans ce dernier cas, ceux et celles qui endossent une telle responsabilité devront assumer leur responsabilité devant les hommes et devant l'histoire. Notre pays n'a que trop souffert déjà pour ne pas qu'il soit permis à des apprentis sorciers d'attiser des rancœurs et de troubler de paisibles veuves et des familles qui essaient de se reconstruire. Au demeurant, Barthélemy Boganda n'appartient plus à sa famille. Sa mémoire est l'héritage collectif de la nation centrafricaine toute entière. Il en va de même de ses illustres compagnons. Si l'histoire doit être interrogée, cela se fera soit à l'initiative de chercheurs politologues ou historiens dans une approche dépassionnée, soit à la demande du Gouvernement. La mort du Président Fondateur Barthélemy Boganda est un événement trop important pour que des opportunistes veuillent s'en servir comme tremplin pour revenir dans le jeu politique. Lorsque l'on a fait des choix malheureux pendant une campagne électorale récente, il faut savoir les assumer jusqu'au bout. Il ne suffit pas de se cacher derrière un nom, serait-ce celui célèbre de Boganda. Bien entendu, la famille détient des informations de première main et certains documents clefs sur l'accident d'avion du 29 mars 1959. Ces informations seront rendues publiques sous une forme appropriée le moment venu. Mais ce ne saurait être pour diviser des familles, diviser des parents, diviser des nations amies. Ce serait contraire à la philosophie et à l'éthique qui ont animé Boganda durant toute sa vie. Xavier Sylvestre Yangongo Général de Division Lundi 31 Décembre 2007
Xavier Sylvestre Yangongo
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