Ainsi l’organe chargé de préparer et d’organiser les élections de 2010, a réuni ses trente un commissaires de la Coordination Nationale de la CEI. Au cours de cette réunion sur fond de crise, chaque sous-commission devait rendre compte des tâches accomplies au cours de cette période considérée comme sans pression majeure.
Vives réactions de New Tech
Au cours de cette rencontre de la Coordination Nationale de la Commission Electorale Indépendante (CEI), le schéma auquel la CEI ne s’attendait pas du tout s’est produit. C’était le samedi 5 mai 2010.
L’entreprise New Tech Institut, à qui le marché de saisie des anciennes listes électorales avait été confié ainsi que la saisie des listes révisées, a tout simplement refusé de remettre les listes traitées des seize préfectures de la République et des huit arrondissement de la ville de Bangui. L’entrée en possession de ces listes était très importante pour la Commission Electorale Indépendante, qui les attendait de pied ferme afin de préparer les prochaines missions des superviseurs de la CEI en province. Ces missions devaient conduire les agents réviseurs à procéder à la violation des listes pour les rendre définitives. Pour certains commissaires qui ne comprenaient pas l’attitude de New Tech Institut, jugée arrogante, le « pot aux-roses » venait d’être découvert : l’entreprise de traitement a tout simplement confisqué les listes, parce que sur le montant du marché qui s’élevait à 500 millions de francs CFA, la Commission Electorale Indépendante doit encore à New Tech la somme de 200 millions de francs CFA, autrement dit, le montant de la facture n’a pas été apuré comme semblaient le faire croire certains responsables de la CEI.
La colère et l’indignation des commissaires
Du coup, les interrogations ont commencé à fuser de partout.
Que sont devenus les 3, 5 milliards que l’Etat Centrafricain a déboursé et à quoi a servi cet argent, si la CEI doit des ardoises salées à certaines sociétés de la place. Dans le budget initial, élaboré à l’époque par la CEI, l’Etat devait avoir en charge le déboursement de 2 milliards de francs. Or compte tenu des atermoiements et des hésitations de la communauté internationale à procéder aux décaissements promis, l’Etat est allé au-delà des ses obligations de 2 milliards de francs, en accordant une rallonge financière qui a finalement atteint 3, 5 milliards de francs. Avec une telle générosité de l’Etat, la CEI ne devrait pas en principe trainer des dettes. La manne décaissée par l’Etat a-t-elle pris une autre destination ? En tout cas, l’étonnement et la frustration étaient grands dans la salle, lorsque l’entreprise New Tech a confisqué les listes déjà saisies. Cette situation donne à réfléchir et nécessite un audit administratif et financier comme l’avait exigé le collectif des Forces du Changement dans sa déclaration du 13 janvier 2010, qui avait causé une crise sérieuse au sein de la Commission Electorale Indépendante. Du coup, la gestion scabreuse de la CEI a donné raison à toutes les entités parties prenantes au Dialogue Politique Inclusif, qui avaient signé le Protocole d’Accord de février 2010, sous la médiation de Mgr Paulin Pomodimo, qui exigeaient un recensement électoral en bonne et en forme, au lieu d’un tripatouillage de révision de listes électorales comme l’avait préféré la CEI, pour soi-disant faire des économies. Où sont ces économies et où la CEI va-t-elle trouver les 200 millions pour éponger les dettes de New Tech et récupérer les listes électorales déjà saisies. Les nerfs des connaissances de la CEI sont à fleur de peau car ils ne comprennent plus rien de la gestion des fiances de l’organe chargé de préparer et d’organiser les élections. C’est ainsi que lors de la plénière du vendredi 4 mai 2010, les membres de la Coordination Nationale de la CEI ont unanimement demandé que les dépenses de la CEI fassent l’objet d’un débat public et d’explications, sinon ils cesseront leurs activités au sein de la Commission Electorale Indépendante. La situation de banqueroute de la CEI s’aggrave surtout que hier lundi 7 mai 2010, toutes les opératrices de saisie devaient être mises en chômage. Mais cette situation n’émeut nullement le président Joseph Binguimalé, qui continue néanmoins à recruter du personnel, soi-disant technique. La CEI est-elle sur la bonne voie ? Wait and see. En attendant, le torchon brûle entre la CEI et New Tech Institut.