Selon les informations à notre disposition, le président du collectif des opposants et dissidents au régime d’Idriss Déby venait à Bangui en vue de solliciter la médiation du maître de Bangui. Selon ce collectif, le maître de Bangui entretient de bonnes relations avec son homologue du Tchad. Il est rentré régulièrement par le poste frontalier de Béloko, où il a présenté ses papiers et le but de son déplacement à Bangui.
Toujours selon nos sources, il a été auditionné après son arrestation par le Procureur de la République lors de sa détention dans les geôles de Bossembélé. A l’issue de cet interrogatoire, le Procureur a promis à Ngarhotom Yedalata Lévy qu’il sera rapatrié dans le pays d’où il vient. Les jours passent sans suite ! C’est grâce à l’intervention du Commissaire de cette localité auprès du Procureur qu’il est conduit au commissariat du port. Depuis son arrivée le week - end du 20 février, il n’a pas encore été situé sur le sort à lui réservé. Il a passé en gros 15 jours dans les geôles à Bossembélé, sans aucune assistance de la part des autorités centrafricaines (en nourriture et surtout en eau), à en croire ces mêmes sources. Il passait la nuit soit sur un banc et quelquefois à même le plancher. Et pour cause ?
Dr. Ngarhotom Yedalta Lévy, président du Parti des Démocrates pour la Liberté et la Justice (PDLJ), est l’un des opposants et dissidents tchadiens qui, après l’appel lancé par le président tchadien Idriss Déby, ont opté pour entrer en pourparlers avec le pouvoir de N’Djaména. Après de nombreuses tentatives infructueuses depuis le Cameroun de contacter les autorités tchadiennes, ils ont décidé de solliciter les bons offices des autorités centrafricaines en jouant la médiation dans l’espoir de voir aboutir leur démarche de rentrer au pays. Ngarhotom Yédalta Lévy est choisi par ses pairs regroupés sur le territoire camerounais de mener ces démarches auprès des autorités centrafricaines.
Alors, quelqu’un qui opte pour la paix à travers le dialogue et qui sollicite votre médiation, pour quelle raison on va le mettre en prison ? S’il était rentré au pays clandestinement, on comprendrait. Mais dans son cas, il s’est régulièrement présenté aux responsables de l’immigration au poste frontalier. Ceux-ci ont pris sa filiation et l’ont enregistré normalement comme en attestent ses papiers administratifs. S’il était venu en guerre, on comprendrait. Que reproche-t-on exactement à quelqu’un qui est aux abois et qui sollicite de l’aide ?
Surtout que le collectif n’a rien de belliqueux mais fait plutôt de l’opposition démocratique en s’opposant à la manière avec laquelle le président Déby gouverne le Tchad. Dans ces conditions, le mieux serait d’œuvrer pour que les deux parties rapprochent leurs idées au bénéfice de leur pays et d’œuvrer pour l’unité, la paix et le développement économique, social et le bien-être de leur cité.
La situation de Ngarhotom Yédalta Lévy interpelle toutes les bonnes volontés et tous ceux qui sont épris de paix. Les défenseurs des droits humains sont également concernés par rapport aux conditions de sa détention. Il est signalé également que l’état de santé du leader PDLJ, qui souffre de l’hémorroïde, est d’autant critique, car depuis lors il n’a pas reçu de soins adéquats.