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OCSS : DECONFITURE ORCHESTREEIl était une fois l’OCSS ! Hier, joyau des sociétés et des offices parapublics de l’Etat Centrafricain, avec d’importantes réserves de capitaux (plus de 5 milliards de FCFA en 1976 !). Aujourd’hui, l’Office Centrafricain de Sécurité Sociale est dans une situation particulièrement alarmante face à sa mission de prestation sociale.
Quelques chiffres : 21 trimestres d’arriérés de pension ! (soit 5 ans d’arriérés). 26 trimestres d’allocations familiales ! (soit 6 ans et demi d’arriérés). Et une créance astronomique de presque 35 milliards de FCFA sur l’Etat Centrafricain se décomposant, pour plus de la moitié en prélèvement direct sur les réserves en capitaux de l’OCSS, sous forme d’un énorme prêt sans intérêt, soit au titre de participations, sur injonction des pouvoirs publics, dans les sociétés qui ont fait faillite, soit qui ne versent aucune dividende en retour. Il faut également intégrer les arriérés chroniques des cotisations de l’ensemble des décisionnaires de l’Etat, et notamment la situation singulièrement paradoxale et choquante de non versements des loyers des 17 villas de l’OCAM, occupées par quelques Ministres en fonction et autres hauts cadres de l’Administration, alors que ces derniers bénéficient tous d’importantes indemnités de logement.
Ce tableau, pour apocalyptique qu’il soit, mérite d’être scruté de plus près. L’analyse de la situation fait dégager deux types de responsabilités : les Dysfonctionnements propres à l’OCSS et les interférences hautement dommageables pour la bonne gestion liées de certains délégués des retraités. Certes que l’ampleur du marasme économique, avec la déliquescence du tissu économique, a entraîné la baisse substantielle des recettes de l’OCSS. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que la déconfiture présente de l’OCSS est quasiment orchestrée en son sein. En deux (2) décennies, il y a eu plusieurs missions d’audit avec des rapports alarmants et des propositions concrètes pour un éventuel redressement afin de requinquer cet important organisme de protection sociale. Malheureusement, pour les dirigeants, cadres et agents de l’OCSS, les notions de service public et de service du public sont curieusement très éloignées de leur préoccupation. Les arriérés colossaux enregistrés dans les versements des pensions et des allocations familiales auraient pu, depuis belle lurette, faire l’objet d’une réflexion profonde et utile de la part des dirigeants et agents de l’OCSS. D’ailleurs les rapports des différentes missions les y auraient aidés énormément. Hélas ! A l’OCSS, la vue des septuagénaires retraités, ramassés sur eux-mêmes et se déplaçant péniblement, est un spectacle presque ordinaire qui n’émeut presque plus. On gère un peu comme on peut. De ce fait, l’OCSS, avec son personnel pléthorique et privilégié, semble avoir perdu de vue sa mission fondamentale de service public. Pour tous les retraités du secteur privé voire ceux du secteur public, on totalise 5 ans voir 6 ans d’arriérés. Pour les retraités, anciens personnels de l’OCSS : pas d’arriérés de pensions et des autres prestations. D’ailleurs quelques uns des retraités de l’OCSS ont même déjà perçu par anticipation les pensions de 2008 voire 2009. Ce sont véritablement les protégés sociaux de l’OCSS ; car les pensions et les autres prestations leur sont versées mensuellement. Comme quoi, travailler à l’OCSS est plus qu’une assurance, c’est une garantie en béton. La Dg qui est suspendue était quelque peu opposée à cette singulière discrimination dans le traitement des retraités. Et ce n’est pas un hasard que cette dernière est réclamée, à cor et cri, par les délégués des retraités, pour reprendre la direction générale de l’OCSS. Pour les personnels de l’OCSS en activité, ils ne sont vraiment pas à plaindre comme les autres fonctionnaires qui sont confrontés à la grave question de l’illiquidité du trésor public. Tous les personnels de l’OCSS perçoivent régulièrement leurs salaires à terme échu. Ils bénéficient tous des facilités de caisse et jouissent également d’une bonne protection sociale. Ironie du sort, au lieu de s’employer à un meilleur rendement, bref à verser dans l’excellence pour soutenir l’organisme qui les emploie, paradoxalement, tout est mis en œuvre pour hypothéquer l’avenir de l’OCSS. Actuellement, les dépenses de fonctionnement de l’OCSS connaissent des progressions anormales, comparées à la forte baisse des versements des pensions et autres prestations sociales ainsi que du faible niveau des recettes recouvrées. En tout point, les dysfonctionnements constatés incombent pour partie à la qualité de recrutement des cadres et agents. Sociologiquement, l’OCSS a connu une importante vague de recrutements identitaires et réellement népotistes, sous les deux régimes qui se sont succédés entre 1981 et 2003. L’intrusion de la politique est fortement illustrée par la présence de deux centrales syndicales de représentation presque égales : la CNTC et l’OSLP. Les recrutements de complaisance ou sur la base de clientélisme politique ne sont nullement les critères qui prennent en compte les obligations de performance et de rendement. D’où les nombreux cas d’incompétence, d’insubordination, d’absentéisme et de nombreuses fraudes qu’on n’a de cesse de déplorer, et qui demeurent presque toujours impunies. Certaines directions de l’OCSS constituent les points d’hémorragie des dysfonctionnements actuels. Dans l’ordre d’importance, c’est la Direction des Services de Prestations. Un très haut cadre de l’OCSS disait, à qui voulait l’entendre, que les services techniques avaient un calligraphe spécialisé dans la production des faux dossiers de pensions. La gestion des BC est la véritable pierre d’achoppement des agents de l’OCSS. Il y a quelques temps de cela, les délégués des retraités qui supervisent au niveau des caisses les paiements des BC avaient surpris, en fin de semaine, un planton envoyé par un membre de l’Inspection Centrale (MIC) qui s’était présenté à la caisse avec 25 BC pour paiement. La caissière s’est exécutée et le planton est reparti avec une grande enveloppe bien gonflée au vu yeux et au su des délégués des retraités. Cette pratique avait suscité quelques émois en son temps… Tout compte fait, les BC constituent du pain béni pour les cadres et agents de l’OCSS. Jugez en : l’administration des affaires sociales affectait quelques agents du département pour intervenir dans le les services socio-médicaux de l’OCSS. A peine débarqués, les personnels mis à la disposition de l’OCSS épousaient les habitudes de la maison et rivalisaient en fraudes. Allez-y comprendre. Est-ce l’occasion qui fait le larron ou un environnement propice au gain facile voire à cette rente de situation? Depuis peu, les dirigeants de l’OCSS ont choisi de se séparer du personnel détaché. (Suite au prochain numéro) Mercredi 28 Novembre 2007
Y. MOSSANGAMA KOKO
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