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QUAND LA GP S'ILLUSTRE PAR DES ACTES DE GANGSTERISME

Depuis ces deux dernières décennies, la Garde présidentielle (GP), force d'élite de l'armée chargée de la sécurité de celui qui s'attelle à diriger la destinée du peuple centrafricain, ne cesse de s'illustrer négativement auprès du peuple



Beaucoup d'actes qui sont des violations des droits de l'homme, des actes de viols, de séquestrations ou d'arrestation arbitraire, voire d'intimidation et menaces d'exécutions sommaires, voilà le gros des actes posés par les éléments de la sécurité des différents chefs d'Etat en Centrafrique qui leur sont attribués. Le début des agissements de la garde présidentielle remonte aux années 90, après la mutinerie déclenchée par la sécurité du président André Kolingba à l'époque. Avec le début du régime Patassé, l'on croyait que les choses allaient se tasser, mais les mutineries de 96-97, le coup d'Etat manqué du 28 mai 2001, qui a été à l'origine de la montée en puissance des bérets verts, ont contribué au réveil du volcan. La garde présidentielle, image du président de la République et qui doit être plus discrète, servir d'exemple aux autres forces de défense et de sécurité à travers le respect des droits de l'homme et la liberté individuelle, s'affiche plutôt en bourreau du peuple centrafricain. La garde présidentielle participe aux opérations d'enlèvement, d'assassinat, de braquage de paisibles citoyens, initie et prend part à des opérations de contrôle et de perquisition des propriétés privées.

Des pratiques médiévales

La garde présidentielle se substitue à la police, à la gendarmerie, aux eaux et forêts, aux éléments de la police municipale, aux agents des douanes et des impôts, que sait-on encore ? Ces pratiques se font au vu et au su de leur commandement, qui ne lève même pas un bout de doigt pour arrêter ce que beaucoup qualifient de pratiques médiévales ou de la barbarie développée au sommet de l'Etat. Car la Garde présidentielle, ce n'est pas n'importe qui. C'est le président de la République qui la gère directement. S'ils agissent comme décrit ci haut, on serait tenté de conclure qu'ils agissent sur ordre du chef de l'Etat et même affirmer que ce dernier est directement impliqué dans ce qu'ils commettent comme actes, puisqu'on dit le plus souvent que qui ressemble s'assemble. Avec le ‘‘sursaut patriotique du 15 mars 2003'', une nouvelle composition de la garde présidentielle s'est imposée au peuple : ‘‘les libérateurs''. Ce qui aura donné l'espoir d'en finir avec la barbarie des éléments des gardes présidentielles des deux précédents régimes. Mais ce ne sera que de courte durée. D'ailleurs, la garde présidentielle ne sera composée essentiellement que des ex libérateurs. Ceux-là qui se sont illustrés par leur atrocité, leur barbarie, leur méthode de sécurité qui ne ressemble pas de près ou de loin à celle des deux autres. Ils ont fait perdurer les pratiques de type exécutions sommaires, pillages de l'économie, viols, vols à mains armées, braquages et autres. Quelques uns sont utilisés par les opérateurs économiques pour servir de couverture afin de rentrer leurs marchandises dans le pays en évitant de régler les frais fiscaux et douaniers. Ils font des obstructions aux agents des impôts ainsi qu'aux éléments de la douane, de la police et la gendarmerie avec qui ils se rentrent dedans souvent.

Des officiers sont de la partie…

L'autre méthode, profitant d'une opération officielle, ils dépossèdent les particuliers miss en cause de leurs biens matériels ou de valeur. Même les officiers de la garde présidentielle trempent dans ces pratiques. Mais qui va mettre de l'ordre ou faire régner la discipline dans ce corps d'élite ? Les éléments de la GP passent maintenant pour des gangsters, des voleurs, des braqueurs ou des forces d'occupation. Sur ces faits, qui sont connus de tout le monde, on observe un silence de cimetière du côté de la hiérarchie militaire et du ministère de la défense qu'on peut comparer à un cabinet de complices de ces actes. Le département de la défense n'est-il pas complice de ce qui arrive aux Centrafricains ? Les derniers actes, lorsqu'un officier de la garde présidentielle, chargé de la sécurité de la résidence du président de la République de Sassara avait braqué puis perquisitionné au domicile de M. Hubert Feidangamokoï, résident au quartier Bafio, cet officier l'a dépossédé de la voiture qu'il utilisait et de son téléphone portable. Un officier qui prend de manière illégale le portable d'autrui ! Cela ne se fait qu'en Centrafrique et nulle part ailleurs. Le second fait, au moment de l'arrestation de M. Claude Aimay Rangba, ancien DRH de la présidence, un autre officier s'est offert le luxe de saisir son véhicule. Que cherche alors un véhicule dans une affaire de faux et usage de faux ou de haute trahison qu'on reproche à Claude Aimay Rangba ? La voiture est utilisée en ce moment par la copine de cet officier pour ses courses et la voiture n'emprunte que le chemin qui passe devant la femme du prévenu Rangba encore à la maison carcérale.

Alors, les observateurs de la vie publique centrafricaine se posent la question de savoir si la voiture est saisie en compensation de la faute commise. Mais si tel est le cas, pourquoi maintenir Rangba en détention ? Le comble, c'est que ceux qui utilisent ces éléments de la GP ne se prononcent pas sur le comportement nauséabond qu'ils affichent et des actes de torture qu'ils font subir aux populations centrafricaines. Moins encore, la justice, qui les utilise et qui doit veiller à la liberté individuelle et au respect des droits de l'homme en poursuivant les gens devant les tribunaux, est abonnée aux absents. Damnées de Centrafrique !

Lundi 23 Juin 2008
Prospert YAKA MAÏDE
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