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DROITS DE L'HOMME
QUAND LE GOUVERNEMENT FAIT ABATTRE SES CADRES SUPERIEURSDu Dr Blagué en passant par Séhoulia, Dr Nguembi, Dr Latou, Delphine Zouta… et la liste n’est pas limitative, tous des respectables cadres supérieurs du pays qui ont connu la mort à cause du laxisme du gouvernement à assurer leur évacuation sanitaire d’urgence afin que leurs cas soient traités dans des hôpitaux de référence, on est tenté de dire qu’être cadre supérieur dans ce pays n’enchante pas les gouvernants qui se succèdent. Le cas Zouta mérite d’être décrié. Cette illustre dame qui, dès sa jeunesse, bien que pouvant profiter de ses brillantes études à l’étranger, notamment en France, à un moment où les cadres féminins étaient recherchées pour se trouver un emploi bien payant, avait opté revenir au pays. Elle a servi son pays corps et âme jusqu’à ses derniers souffles. Son dernier poste au Haut Conseil de la Communication en tant que Vice Présidente, ne lui valait pas ce que le gouvernement a fait car étant dans la haute sphère de l’administration centrafricaine, c’est-à-dire, appartenant à la quatrième institution du pays venant après le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Lorsque Delphine Zouta ressentait ses malaises qui finalement vont devenir une maladie mortelle, elle était en fonction en qualité de Vice Présidente du HCC. Ayant vainement tenté de faire traiter sa maladie localement, elle a exprimé au gouvernement centrafricain le souhait d’aller se faire soigner en France. La procédure d’évacuation a tellement traîné qu’elle a pris sur elle même avec l’appui de certains de ses parents, d’assurer tous les frais liés à cette évacuation sanitaire ( frais d’avion, frais d’hospitalisation et des soins, assurance vie etc.). Ces conditions réunies sans le concours du gouvernement, Delphine était allée en France pour se soigner. Fait normal puisqu’il s’agissait de sa santé à elle, nous dira-t-on. Ce qui est gênant, c’est l’attitude du ministre Gouandjika ce jour à l’aéroport Bangi-M’Mpoko qui, sachant que Zouta était souffrante, a osé lui lancer ce mot acerbe en sango : « Mbi tomba ala azo ti Haut Conseil ni na kwa awè, a lingbi ala… » ce qui veut dire, j’ai mis fin à votre fonction au Haut Conseil de la communication, cela vous apprendra... Comment tolérer de tels propos en vers une vaillante cadre du pays qui a tant rendu service à sa nation ? Quelle intention cachait les allégations du ministre Gouandjika ? Nous ne le dirons jamais assez, mais les parents de la défunte présents ce jour ont témoigné de l’état de Delphine face à ce propos. Elle l’a accueilli comme un morceau de fer rougi qui allait droit fondre son cœur. Et, de fait, ce cœur noble a finalement fondu et Delphine n’est plus. Cette histoire presque anodine a sérieusement mécontenté les parents et proches de Zouta qui n’avaient pas voulu de la présence des membres du gouvernement aux obsèques. Mais la sagesse a prévalu. D’ailleurs les témoignages du président de l’UJCA, M. Maka-Gbossokoto qui disait que « Zouta était victime des coupeurs de tête » faisait allusion à cette épisode. Faire la politique n’est pas être ennemi à tout le monde et surtout le monde des médias. L’on ne cesse de dire qu’en politique, il n’y a pas d’ennemis mais des adversaires. Etre adversaires c’est accepter le fair-play, la tolérance, la recherche de la concorde et de la cohésion pour une paix durable. Juste parce que Gouandjika s’était vu retirer l’antenne pendant les campagnes électorales, il a gardé des dents pourries contre tout professionnel des médias en général et particulièrement les anciens membres du HCC qu’il a réussi à transformer comme un organe gouvernemental à son gré. La vie finit toujours et toute chose a une fin comme Delphine a connu sa fin. Grand . Petit-Jean
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Mercredi 1 Février 2006
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