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QUI CONSEILLE THIERRY MALEYOMBO ?Il y a des signes annonciateurs d'un ciel nuageux au sein du Ministère de la Justice que dirige le ministre, Garde des Sceaux, Thierry Maleyombo.
Les magistrats centrafricains sont sur le qui vive et toutes les voies sont maintenant utilisées par ces praticiens du droit pour se faire entendre.
A l'origine de ce malaise, le projet de loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) soumis pour adoption par l'Assemblée Nationale. Un projet jugé suspect par les magistrats qui dénoncent la volonté de leur ministre de tutelle de dépouiller le CSM de tous ses pouvoirs pour les confier au président de la République, au président de l'Assemblée Nationale, au Médiateur de la République et le ministre de la Justice lui-même. En un mot, des tierces personnes auront désormais, si ce projet belliqueux portant organisation et fonctionnement du CSM venait à être adopté par ce Parlement aphone, le droit de décider de la vie, de la carrière des magistrats. Cet état de fait est considéré par le Garde des Sceaux, Thierry Maleyombo comme une réforme capitale du système judiciaire centrafricain. L'histoire est faite parce qu'il existe des hommes et il n'y a que ceux-ci qui peuvent influer aussi bien positivement que négativement sur le cours de l'histoire. Et ce qui est en train de se passer au sein du département de la justice sera aussi inscrite dans les annales de l'histoire. Ceci étant, à chaque homme ses reformes, ses Conseillers occultes. A chaque ministre sa vision politique d'un Département et Thierry Maleyombo, ministre de la Justice, qui ne brille que de manière négative, a aussi sa vision des reformes à entreprendre au sein de la dame Justice. Un ministère rompu dans l'art de la corruption, des détournements, des faux arrêts, des fausses ordonnances pour ne pas dire des décisions ''monnayables''. Un Département qui n'inspire plus confiance au sein de la population centrafricaine eu égard aux comportements peu scrupuleux et indignes de la stature des magistrats. Un ministère dont on se sert du statut pour intimider, violer les lois de la République afin de régler les comptes des particuliers (l'affaire du Lycée Caron est encore présente dans les mémoires). Un département à problèmes En un mot, le ministère de la Justice est un ministère à problèmes sans solution car ceux et celles qui, réunis pour les Assemblées Générales et autres foras, proposent des solutions de sortie de crise aux fins de rendre crédible la Justice centrafricaine, sont ceux là qui sont les premiers à briller dans les détournements, la corruption et que sait-on encore. Ce sont là autant de maux ''inguérissables'' qui caractérisent le ministère de la Justice Centrafricaine. Vérité triviale et indéniable s'il en est et qui ne peut nullement être contredite par les magistrats centrafricains. Le contraire est souhaitable Fort de tout cela, liberté est donc donnée à tous ceux qui ont l'imagination fertile de la mettre en œuvre afin d'accoucher ce qu'ils appèlent des ‘‘ solutions extrêmes'' au problème. Et c'est dans cette lancée que Thierry Maleyombo, l'homme des records négatifs (arrêtés viciés, certificat de note sécurisé-récusé…) a cru bon d'utiliser la manière forte pour dépouiller le CSM de tous ses pouvoirs pour les répartir entre des personnalités de la République qu'il a choisies. Président de la République, président de l'Assemblée Nationale, Médiateur de la République et un clin d'œil à lui-même en fait. Le décor est ainsi planté et témoigne, si besoin en était, que le ministre de la Justice veut par là remercier les ‘‘mains occultes'' qui le soutiennent et qui lui donnent à manger. Qu'est-ce qui pourrait se permettre ce luxe insolent de cracher dans la main qui lui donne à mangeotter ? Question pertinente qui vaille d'être posée et pour laquelle aucune réponse n'est permise. Le pouvoir judiciaire en voie d'être phagocyté De ce fait, au regard des dispositions constitutionnelles en vigueur, le projet de loi portant organisation et fonctionnement du CSM, s'il était adopté, consacrerait ipso facto une révision de la Constitution du 27 décembre 2004 qui a clairement défini les missions assignées au CSM. Lesquelles consistent à assister le président de la République, Président du CSM dans son rôle de garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire, de nomination et de discipline des magistrats. Des missions claires qui risqueraient de disparaître au point que le CSM (version Maleyombo) ne serait plus comme on le dit au sein du ministère de la justice, une simple chambre d'enregistrement. Par cette volonté, c'est non seulement l'indépendance de la justice qui est ici mise à rude épreuve, mais c'est également le principe de la séparation des pouvoirs qui vole ainsi en éclats. Normal que depuis 72 heures, on assiste à une tension vive au sein du ministère de la Justice puisque les magistrats, se sentant touchés dans la profondeur de leur être, remuent ciel et terre pour faire entendre raison. Cette raison qui, selon Descartes, est la « chose du monde la mieux partagée » et qui devait ressortir dans les décisions, arrêts et ordonnances que rendent les magistrats au nom du peuple centrafricain quand bien même ces mêmes magistrats ne rendent pas justice aux justiciables. La partie sera âprement disputée et déjà, ils se posent la question de savoir qui conseille leur ministre de tutelle Thierry Maleyombo. Mardi 05 Août 2008
Fleury _ K
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