Profitant du micro qui lui a été tendu par la Radio nationale, M. David Gbéti ne s’est pas fait prier pour réitérer la déclaration qu’il avait faite lors de la rentrée politique de la
JRDC. Comme un véritable agent de propagande qui parle la bouche pleine, le président de la Jeunesse du Rassemblement Démocratique Centrafricain n’a pas tari d’éloges à l’endroit du président François Bozizé, fondateur du KNK.
Le Bureau Politique du RDC a choisi son camp
Par ses prises de position quelque peu incendiaires, M. David Gbéti, sachant pertinemment qu’il s’est placé dans une position inconfortable a persisté et signé. Pour lui, il n y a pas d’alternative. Le Rassemblement Démocratique Centrafricain doit soutenir la candidature du président François Bozizé, parce qu’à son avis, la plus crédible, compte tenu des réalisations du candidat du KNK. Cette déclaration n’est no partagée par les militants du RDC et encore moins par les membres du Bureau Politique Provisoire de ce parti. Le Rassemblement Démocratique Centrafricain, on le sait, depuis la disparition du Directoire national et l’installation du Bureau Politique Provisoire a choisi son camp et s’est installé dans l’opposition. Les représentants de ce parti siègent au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) et au sein du Collectif des Forces du changement (CFC), qui est un regroupement plus élargi des partis d’opposition. A propos de la prise de position de M. David Gbéti, un membre du Bureau Politique Provisoire dit d’un air amusé :’’ M. Gbéti parle-t-il en son nom ou au nom du parti ? Le Rassemblement Démocratique Centrafricain n’a été associé ni de près ni de loin à une telle position qui ressemble à un chant de sirène qui cherche à endormir la galerie’’
Une étiquette qui colle à la peau
L’onde de choc provoquée par la déclaration de M. David Gbéti lors de la rentrée politique de la Jeunesse du RDC plane encore en l’air. Les jeunes et les militants du Rassemblement Démocratique Centrafricain se demandent quel ver a piqué le président de l’organisation connexe de leur parti pour créer un ‘’scoop’’ aussi grave qui perturbe sérieusement la vie du Rassemblement Démocratique Centrafricain. Et comme une telle déclaration fait les affaires du pouvoir en place, l’occasion a été offerte à M. David Gbéti de s’exprimer sur les ondes de la radio nationale. La situation créée par la prise de position tonitruante du président de la Jeunesse RDC ressemble à celle qui avait prévalu à la veille du 2è tour de l’élection présidentielle de 2005. Certains marginaux parmi les cadres du RDC avaient préféré soutenir la candidature du président François Bozizé, alors que des négociations étaient encore en cours entre la Convergence KNK et le RDC. Finalement, les négociations avaient capoté et le président fondateur du RDC avait appelé à la neutralité. Ceux qui s’étaient affichés pour soutenir la candidature du président François Bozizé, ont été récompensés et d’autres résistent encore à la mangeoire, s’ils n’ont pas tout simplement changé de camp. Il n’en demeure pas moins que l’étiquette de transfuge du RDC leur colle à la peau et les suit comme ‘’ l’œil qui traquait Caën’’.
Le départ de David Gbéti n’affectera pas le RDC
Une décision aussi grave que celle pour un parti politique structuré de soutenir la candidature d’un homme politique ne se prend pas à la légère. Même au sein d’un parti, le candidat à l’élection présidentielle, doit être investi par un Congrès de la formation politique. Or, dans le cas de la déclaration du président de la Jeunesse du RDC, le Bureau politique de son parti n’a pas été consulté pour des négociations préalables avec le KNK. Quelles conditions pose le RDC pour apporter les voix de ses militants? Ces contours n’ont pas été déterminés. Et voila que de but en blanc, un militant fut-il le président d’une organisation connexe du parti), se lève et proclame ‘’ tout de go’’ que le RDC doit soutenir la candidature du candidat du KNK, François Bozizé. Tout le monde maintenant au sein du RDC se demande combien M. David Gbéti a touché de la part du parti au pouvoir pour mener un tel battage médiatique. De nombreux militants du RDC, considèrent qu’il y a anguille sous roche et ce vent malsain qui souffle n’aura aucune influence sur leur parti qui garde pour le moment la tête froide. Pour les militants convaincus du RDC, d’autres avant David Gbéti sont partis, mais cela n’a nullement affecté le militantisme de ceux qui croient aux idéaux de leur formation politique.
Une stratégie de débauchage qui inquiète
Les observateurs avisés et les autres membres de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) et du Collectif des Forces du Changement, observent l’air amusé ce qui se passe au Rassemblement Démocratique Centrafricain, traversé par plusieurs courants antagonistes, depuis la disparition du président –fondateur André Kolingba. Pour ces observateurs, cela ne fait aucun doute que la réaction actuelle de M. David Gbéti procède de la stratégie du pouvoir de semer la zizanie au sein des parties d’opposition par le débauchage de certains de leurs cadres. Cette stratégie, élaborée avec finesse n’a pas commencé aujourd’hui. Les cadres de ce qu’on pourrait appeler le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain Courant Originel (MLPCO), avaient promis drainer tous les militants du MLPC derrière le président François Bozizé. Les tenants de cette thèse n’avaient pu réaliser leurs rêves parce qu’ils n’avaient aucune assise populaire. Le courtisan ne vivant qu’aux dépens de celui qui l’écoute, le pouvoir semble s’installer dans la logique d’écouter ces chants de sirène, de la part de certains individus peu scrupuleux, qui veulent manger ou qui ne veulent pas s’éterniser dans le chômage.
C’est bien le cas actuel pour le président de la JRDC qui remue ciel et terre pour se donner une certaine crédibilité. En bourrant ses rangs des transfuges d’autres partis, le KNK court le risque à la longue d’être une poudrière, lorsqu’il connaîtra une traversée du désert.