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SASSOU, PRESIDENT DE L'UA : LA SAGESSE L'EMPORTE SUR LES CONSIDERATIONS EGOCENTRIQUES




Le suspens est levé depuis hier à Khartoum où se sont réunis les Chefs d'Etats et Chefs de gouvernements africains pour le 6ème sommet de l'Union Africaine. La question ne se pose plus pour la succession du Nigérian Obassandjo qui vient d'être remplacé par le Président Congolais Dénis Sassou-Nguessou, désigné consensuellement par ses pairs.
La désignation de Dénis Sassou-Nguessou met ainsi un terme à de viles controverses qui se sont élevées autour de la candidature du Soudanais Omar Al Béchir. En effet, lorsque Khartoum avait été choisi pour abriter le prochain sommet de l'UA, le Président Soudanais n'a pas hésité un instant pour annoncer sa candidature à la succession de Obassandjo. Mais à cause de la situation qui prévaut dans le Darfour à l'Ouest du territoire Soudanais ayant fait plus 300.000 morts en moins de trois ans et bien entendu, à cause du différend Tchado Soudanais, des voix se sont élevées contre la présidence soudanaise de l'UA.
Cette situation ambiguë allait diviser les Chefs d'Etats africains, mais l'antique sagesse africaine a prévalu pour le choix du Congolais Dénis Sassou-Nguessou. Optant pour le consensus, les Chefs d'Etat d'Afrique dont certains quittaient déjà ce sommet n'ont pas voulu exprimer le rejet de leur homologue soudanais, mais plutôt, trancher court avec une situation qui risquait de creuser davantage le fossé entre l'Afrique de l'Est pro Omar Al Béchir et l'Afrique centrale ou de l'Ouest qui n'étaient pas très chaudes.
A mieux voir, plusieurs facteurs ont contribué à cette solution consensuelle. Il convient de relever d'un côté, l'impérieuse nécessité de sauvegarder l'intégrité de l'UA, la sage diplomatie des cinq Chefs d'Etat qui ont pris l'initiative de convaincre le président Omar Al Béchir à retirer sa candidature, la clairvoyance et la bonne compréhension de Omar Al Béchir qui a sacrifié les importants investissements du soudan qui sous-tendaient l'accès à la présidence de l'UA. Il y a de l'autre côté, l'influence plus ou moins considérable des acteurs de la défense des Droits de l'Homme qui, si Omar Al Béchir avait été choisi, allaient crier au scandale et probablement, allaient faire un tohu-bohu impossible qui risquerait de donner du fil à retordre à la présidence soudanaise de l'UA.
Tout de même, la perte de cette présidence pour laquelle Omar Al Béchir a énormément investi ne doit pas être vue comme une victoire du Président Tchadien Idriss Deby qui avait pris la tête de file des opposants à la candidature de Béchir. Ce sera fausser les données de la chose. Le consensus ainsi dégagé, est non seulement un témoignage de la solidarité africaine, mais aussi un appel lancé à Deby et surtout à Béchir pour parvenir à mettre de la propreté devant leurs cases, c'est-à-dire parvenir à arranger aux mieux d'abord les problèmes internes liés à l'existence des rebelles de part et d'autre qui violent les Droits de l'Homme, puis le différend entre les deux pays frères. D'ailleurs, ce n'est qu'à ces conditions, ont clamé les Chefs d'Etat africains, que Omar Al Béchir pourra récupérer la présidence de l'organisation en 2007.



Jeudi 26 Janvier 2006
Grand. Petit-Jean
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