Au cours de cette visite, Faustin Archange Touadera a dénoncé les prestations de la société SATOM, qu’il qualifie de sabotage. De sources proches de l’équipe qui a accompagné le Chef du gouvernement dans cette visite, le Premier ministre a instruit l’entreprise à reprendre les travaux de la réhabilitation des avenues Barthélemy Boganda et Koudoukou qui font partie des lots attribués à ces deux sociétés. Cette prise de position du Premier ministre a trouvé une audience auprès du public banguissois qui pense réellement qu’il y a négligence. Mais du côté de SATOM et SOGEA, on est resté serein. Selon certains responsables interrogés, on ne se reconnaît nullement dans de ce que le Premier ministre a formulé comme reproche. Pour eux, le travail a été fait dans le respect des engagements pris par les deux parties. Du Premier ministre Faustin Archange Touadera et SOGEA/SATOM, qui a raison ?
C’est là toute la question. SATOM a-t-elle saboté les travaux de réhabilitation de ces deux avenues ?
A en croire une source qui requiert l’anonymat, le Premier ministre Touadera a péché par ignorance. Il évoque l’origine de ce projet qui remonte à l’an 2002. L’étude de faisabilité de ces travaux remonte à cette année. La Convention avec SOGEA/SATOM a été signée en 2006. Entre temps, en signant la convention, on n’a pas tenu compte de l’évolution sur le marché des prix des matériaux qui entre dans la réhabilitation de ces avenues. Aussi, avec la dernière crise de flambée des prix et des produits pétroliers, le pays a connu une nouvelle augmentation des prix. Le matériel recommandé pour les travaux doit faire l’objet d’une commande spéciale dans les usines en Europe.
Cependant, au niveau national d’autres contraintes rentrent en ligne de compte, que le mathématicien n’a pas pris en compte au moment de sa déclaration qui incrimine SATOM. Pour cette source, SATOM n’est pas à sa première preuve dans le pays. Elle reproche au Premier ministre de ne pas consulter le maître d’ouvrage avant de faire des déclarations tapageuses qui le place en porte à faux devant une société de renommée comme SATOM.
Ce projet est financé par l’Union Européenne, qui dans ses habitudes, ne lésine pas dans l’utilisation correcte des aides accordées à une nation. Pour s’engager dans cette voie, Touadera aurait dû utiliser la probabilité que de penser qu’il s’agit d’une simple opération avec des résultats précis. Une mission de l’UE réside dans le pays, le ministère du Plan, maître d’ouvrage de ce projet, est là et les services techniques impliqués dans le projet sont encore là .
Un homme politique ne doit pas porter des accusations aussi graves de ce genre sur une société.