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TROIS QUESTIONS AUX PREDATEURS DE LA LIBERTE DE LA PRESSE EN CENTRAFRIQUE
On aurait tort de croire et de faire croire que la République Centrafricaine est un modèle de régime démocratique en Afrique. Et pourtant les leçons d'un passé trouble et dictatorial auraient pu conforter la démocratie centrafricaine. Le malheur, c'est que comme partout dans le monde, il n'y pas de démocratie sans démocrates ! Les dirigeants politiques centrafricains comme l'élite politique centrafricaine ou l'élite intellectuelle ont toujours refusé de jouer le jeu, car la démocratie, c'est-à-dire la gestion transparente et orthodoxe est le pire ennemi des « mangeocrates » qui font plutôt l'éloge de la « médiocratie en se faisant donneurs de leçons de choses politiques et même de morale politique. La morale qui se moque de la morale, bien sûr !
Quelle est justement cette démocratie où l'élite intellectuelle n'est démocrate que dans l'opposition politique mais jamais démocrate dans l'exercice du pouvoir ? Depuis l'indépendance jusqu'à ce jour, les intellectuels centrafricains ont largement démontré qu'ils sont les bourreaux de leur peuple et de dignes prédateurs de la liberté de presse et d'opinion. Comme tels, ils sont devenus de véritables «mangeurs » des démocrates, c'est-à-dire ceux qui osent encore penser autrement qu'eux… Des cannibales politiques qui continuent de faire des malheurs à tout ce qui bouge dans le sens de plus de liberté et de démocratie. Une règle en République Centrafricaine depuis l'Indépendance ! Idéologues et thuriféraires des régimes de parti unique et donc de « pensée unique », ils sont aussi les idéologues et les thuriféraires des « démocraties musclées » à l'ère du multipartisme. La palme revient d'abord à eux qui créent des partis nains ou « godillots » qui sont les appendices artificiels des pouvoirs en place. Mais la palme revient surtout à ceux qui ont crée des partis politiques et qui n'hésitent pas à les saborder pour se mettre au service d'un pouvoir dans le seul souci d'avoir une place au soleil, c'est-à-dire au bord de la mangeoire de la République. C'est plus que du « Koudoufarisme » qui est l'art consommé du vagabondage politique, et c'est surtout du reniement intellectuel, moral et politique. Ridicule ! Mais tout le monde sait désormais que le ridicule ne tue pas en Centrafrique. Suivez notre regard ! L'affaire est d'autant plus ridicule que les « les intellectuels organiques » dont parlait si bien le philosophe et sociologue Antonio Gramsci ont l'art de fabriquer des « boucs émissaires » pour dédouaner leur incapacité quasi congénitale à faire décoller la République Centrafricaine. Car le « nanisme » dans lequel baigne la République Centrafricaine est aussi le « nanisme » des « intellectuels organiques » au service des pouvoirs de pensée unique et de manque de génie et d'ingéniosité. C'est de la fuite en avant que de chercher à faire la peau à une presse indépendante qui se débat dans les dédales de sa jeunesse et dans les difficultés inhérentes à une presse qui fait peur et qui n'est jamais aidée structurellement par les pouvoirs publics. Le sort même des médias publics dans une situation de « clochardisation » avancée, est la parfaite illustration de cette démission politique. Et là aussi, ce ne sont pas les pourfendeurs de la presse centrafricaine qui vont nous démentir sous prétexte que cette presse n'évolue pas et qu'elle va du même au même… La critique paraît si légère, qu'elle nous oblige à poser trois (3) questions à tous les prédateurs de la liberté de la presse. Premièrement: Quelles sont les réalisations prométhéennes du Ministre d'Etat Teya à la tête de la Communication et pourquoi l'organe gouvernemental (« Sesse ti mo ») dont il était pourtant le Directeur de Publication a eu les ailes brisées dès sa création ? On s'interroge au sujet des « cerveaux de la Convergence KNK qui n'ont pas réussi à créer et à enrichir le site du gouvernement pour soigner et vendre l'image de leur régime. Deuxièmement: Quelle est la contribution réelle de ces caciques de la « Nébuleuse KNK » à l'effort, de reconstruction nationale entamée par le général Bozizé depuis son élection à la magistrature suprême de l'Etat, mise à part leur « querelle de clochers » autour de la mangeaille de la République ? La démagogie et le griotisme sont-ils une méthode de gouvernement à l'ère de la démocratie et de la mondialisation ? Le président François Bozizé n'est pas dupe ! Troisièmement: Une presse libre peut-elle évoluer quand au sommet de l'Etat rien n'évolue et lorsqu'on continue de régler des comptes politiques en cherchant vaille que vaille à tirer la couverture à soi ? Là encore on s'interroge. Mais ce n'est certainement pas un seul organe de la presse indépendante respectueuse de la liberté d'opinion qui va empêcher des « pouvoiristes » d'assouvir leurs ambitions carriéristes et opportunistes de perdurer au pouvoir ou même de devenir chef de gouvernement… Dans tous les cas, la prédation de la liberté de presse ne passera pas ! Vendredi 03 Août 2007
Oscar Banalé
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