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Un Etat fort, un Etat policier ?
Il y'a encore des hommes politiques centrafricains ou prétendus tels, qui croient qu'un Etat fort est un Etat policier et qu'il lui suffit d'arrêter, de réprimer et d'intimider pour être stable et pérenne.
Les dictatures les plus féroces et les plus sanguinaires l'ont cru pendant longtemps de Moscou à Bangui en passant par La Havane, Bucarest, Addis-Abeba, Beijing ou le Chili de Pinochet. Il a souvent suffi une petite accélération de l'histoire pour que tout l'édifice des systèmes totalitaires et policiers, s'écroulent comme un château de cartes. On l'a vu avec le vent de l'est ayant entraîné la dislocation de l'Union soviétique, l'écroulement du Mur de Berlin et la fragilisation des Etats satellites hier adossés à l'URSS au nom du fameux « Pacte de Varsovie ». Il aura suffi également du discours de la Baule pour que les Etats africains soient gagnés par le virus de la démocratie. Les partis uniques vont voler en éclats sous la poussée des Conférences Nationales Souveraines qui ont fini par dépouiller « les Présidents à vie » et leurs partis uniques à la trappe. Le Bénin, le Togo, le Mali, le Congo Brazzaville et même la République Centrafricaine n'ont pas échappé au « Sursaut Patriotique et Démocratique ». On aura ainsi compris que les Etats supposés forts et imprenables d'hier, n'étaient en fait que des géants aux pieds d'argile, des tigres en papier. Le Président Kolingba et le RDC en avaient fait les frais à leur corps défendent pour faire place au retour au multipartisme et à la démocratie. C'est dire que les Etats policiers ne durent que le temps qu'ils doivent durer. Mais lorsque sonne le glas, leurs canons à eau, leurs chars, leurs kalachnikovs et autres baïonnettes, leurs services de renseignements omnipotents ne servent plus à rien. Même Ange Félix Patassé, qui avait tenté un retour paradoxal de l'Etat policier, l'a vécu à ses dépens. Il a été renversé par une rébellion armée. Alors, son armée et ses services étaient littéralement liquéfiés. Attention donc à la tentation totalitariste! Or malheureusement, certains proches du pouvoir en place en Centrafrique croient encore dur comme fer qu'un Etat fort, c'est-à-dire un Etat policier est celui qui terrorise le peuple, arrête les opposants politiques sous de faux prétextes, torturent et tuent tout ce qui bouge et dérange. La tentation est en effet trop grand pour les « faucons tribalistes » du régime de régler leur compte aux opposants politiques sous le prétexte qu'ils seraient les véritables « cerveaux » des rébellions du Nord de la République Centrafricaine. Plusieurs fois en effet, nous avons entendu certains de ces faucons (hommes et femmes), monter au créneau pour pointer du doigt les opposants politiques et pour les menacer de représailles. Le Président de la République lui-même avant de changer de ton ces derniers temps ne faisait, pas autre chose. La chasse aux sorcières ! La tentation reste en effet trop forte pour les mêmes faucons du régime de fermer la porte au Dialogue Politique Inclusif sous prétextes que ce sont les opposants qui ont raté le coup à Birao ou à Paoua qui veulent repassée par le dialogue comme une « courte échelle » pour accéder rapidement au pouvoir. Tout se passe en effet comme si la crise de confiance en Centrafrique et les bruits de bottes en Centrafrique ne seraient que de, simples épiphénomènes. No problèmes ! Une erreur monumentale d'appréciation ou d'approche des problèmes de la République : En réalité, un Etat fort n'est pas forcément un Etat féroce et policier, un Etat qui réprime systématiquement au nom des Lois de la République et de la Raison d'Etat, un Etat qui met le feu aux maisons de particuliers et qui tue impunément. Un Etat fort fonde sa grandeur et son rayonnement d'abord sur le respect de la Constitution et des lois de la République. Il fonde sa stabilité sur le respect des libertés et des droits de l'homme et sur la justice pour tous. Un Etat de droit dont les libertés et la démocratie constituent de solides fondations. On ne peut justement avoir renversé un régime policier au nom des idéaux d'unité nationale, de liberté, de démocratie et de justice pour lui substituer un autre régime policier et le dialogue politique s'impose en vertu de la démocratie elle-même qui est avant tout une « discussion permanente » sur les problèmes de la société : problème de gouvernance, problèmes de sécurité, problèmes économiques et sociaux. La raison en est qu'une assemblée toute acquise au pouvoir et à ses dérapages est incapable de conduire un débat de fond sur l'avenir politique de la République Centrafricaine. Mais de grâce, un Etat fort n'est pas un Etat policier ! Lundi 10 Décembre 2007
Oscar Banalé
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