C'est d'une banalité achevée. Des prolos polonais exploités pour construire de rutilants paquebots. Venus de Szczecin comme les autres, 21 salariés de la société Gawa, sous traitant de second rang en calorifugeage, ont entamé une grève le 2 décembre. Ils ont obtenu gain de cause dans la soirée, preuve que la révélation récurrente de ce dumping social finit par lasser jusqu'à la résistance des patrons qui l'ont orchestré. Il faut dire que ces métallos-là n'ont aucune imagination. Leurs revendications ont des airs de copié-collé des motifs de leurs prédécesseurs : règlement des deux mois de salaires en retard, paiement des heures sup au tarif majoré, obtention d'un bulletin de salaire. Rien que du légal. Du basique. Ils auraient pu demander un truc fou, deux minutes de croisière sur le paquebot sur lequel ils ont trimé. Mais non. Juste la loi. Pour aggraver leur cas, ils étaient payés en dessous du Smic et 3 à 5 % de leur maigre paie leur était gentiment ponctionné comme «taxe de recrutement». Des vilains esprits appelleraient ça du racket à l'embauche. Mais il ne faut pas céder au mauvais esprisme, forcément déformant.
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Lulu 51 décembre 2005
Calorigrugage. Arrêt technique dans l'élevage de polonaisLu 1808 fois
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