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L'histoire sur le bout des doigts

Agnès Vitour


Le musée Grévin et ses célèbres statues de cire vont s’implanter à Montréal en janvier prochain. Une partie de cette nouvelle vitrine sera consacrée aux personnages qui ont marqué l’histoire du Québec. Mais c’est en Sarthe que les costumes qui les habilleront sont fabriqués. Plus précisement dans l’atelier de couture de Quai de scène où Agnès Vitour a posé ses quartiers d’été pour réaliser
ce chantier hors-normes.



CC Flickr maureen lunn
Dans l’atelier, des dizaines de rouleaux de tissus entourent les quatre couturières affairées. Devant leur espace de travail, une dizaine de mannequins en pied font l’objet de toutes leurs attentions. Sur leurs épaules en plastique, on trouve, pèle-mêle, les costumes de l’ explorateur Jacques Cartier, de Louis de Buade, comte de Frontenac, ancien gouverneur de la Nouvelle-France ou encore de Kateri Tekakwitha, la première amérindienne d’Amérique du Nord canonisée. Tous ces personnages, hauts en couleurs, sont issus des livres d’histoire du Québec.
Depuis près de six mois, les petites mains s’affairent sous la direction d’Agnès Vitour pour réaliser une quinzaine de ces costumes. « On fait régulièrement des points d’ étapes avec les responsables du musée Grévin. Il y a des historiens d’art qui passent voir le travail accompli. C’est très pointu » précise la costumière professionnelle. Car cette commande en province est une première dans l’histoire du musée parisien. D’habitude, tous les costumes, ainsi que les célèbres figurines en cire sont fabriquées en interne.
Sous surveillance, donc, et sous pression, Agnès Vitour dirige malgré tout son équipe avec entrain. « On travaille à notre rythme. Chacune d’entre nous s’est chargée d’un costume en particulier. Ça nous permet de le maîtriser de A à Z. Mais il faut environ un mois par tenue car tout est fait à la main : les cols, les plissés, les passementeries. » Agnès Vitour travaille habituellement pour deux gros événements sarthois : la revue de La Flambée et Le Mans fait son cirque. Autant dire un univers radicalement différent de celui des costumes historiques. Du coup, la couturière s’amuse énormément avec ces tenues de nonnes ou d’ecclésiastiques : « C’est le musée Grévin qui nous fournit tous les tissus.  Certains viennent spécifiquement du Vatican, comme celui utilisé sur la tenue de Jeanne Mance, une missionnaire qui a fondé puis dirigé l’Hôtel-Dieu de Montréal. Nous avons aussi des beaux tissus venus d’Angleterre, on trouve pas ça au Mans ! » s’ esclaffe-t-elle.
Le musée Grévin fournit aussi aux couturières tous les éléments historiques à leur disposition : patrons, gravures, croquis d’ époque. Une fois leur mission terminée, les couturières pourraient se retrouver de nouveau sous la direction d’ Agnès Vitour. Car, si le musée est content de leur prestation, les quatres salariées pourraient se voir confier soixante-dix autres costumes historiques. Le musée Grévin poursuit, en effet, son développement à l’ étranger. Après Montréal, une autre succursale devrait voir le jour en République Tchèque. Les petites mains sarthoises ne devraient pas chômer.


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Pause n°1 est sorti

Pause n°1 est sorti
Les lieux de diffusion de Pause sont susceptibles d'évoluer mais voici les principaux endroits où l'on peut se procurer le magazine :

- Le Barouf / Le Mans : rue Victor-Bonhommet
- Le Lézard / Le Mans : rue de la Barillerie
- Péniche Excelsior / Allonnes
- Salle Jean-Carmet / Allonnes
- Librairie Bulle / Le Mans : rue Saint-Honoré