MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL
Par Djemila Benhabib,
Auteur d'un ouvrage critique
Mesdames les sénatrices, Mesdames les présidentes, Mesdames et messieurs
les dignitaires,
Chers amis,
Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites, aujourd'hui, de
me consacrer parmi les Femmes debout et de permettre à ma voix, celle
d'une femme de culture musulmane féministe et laïque de résonner dans
cette prestigieuse institution de la République. Merci à vous, mes amies
de Femmes solidaires et de la Ligue du droit international des femmes
pour votre travail acharné, permanent et indispensable que ce soit dans
les quartiers, auprès des femmes victimes de violences et
discriminations, des sans papiers ou encore au sein des politiques et
des instances onusiennes. C'est dire que c'est ici, localement que prend
racine le travail pour les droits des femmes pour se répercuter à
l'échelle internationale. C'est dire aussi que la Marche des femmes pour
la liberté et l'égalité est une et indivisible. Lorsqu'une femme souffre
dans un quelconque endroit de la planète, c'est notre affaire à toutes
et à tous. Merci de nous faire sentir de mille façons que nous sommes
les maillons d'une même chaîne. Voilà encore quelques années, je
n'aurais jamais imaginé que ma vie de femme, que ma vie de militante
serait si intimement liée au féminisme et à la laïcité. Je vous
surprendrai peut-être en vous avouant que je ne suis pas devenue
féministe en tournant les pages du /Deuxième Sexe/, ni en me plongeant
dans ce magnifique roman d'Aragon /Les Cloches de Bâle/, où il était
question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa Luxembourg, deux
figures de proue du féminisme et de la paix dans le monde. Je ne suis
pas devenue laïque en m'abreuvant de Spinoza, de Ibn Al-Arabi, de
Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de Voltaire, mon maître. Absolument pas.
J'aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre dans cette
enfance si heureuse que j'ai eue dans une famille généreuse, cultivée,
ouverte sur le monde et sur les autres, profondément engagée pour la
démocratie et la justice sociale.
J'aurais pu m'égarer dans la beauté de cette ville qu'est Oran où il
faisait si bon vivre au bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la
carrière littéraire d'Albert Camus, avec son célèbre roman /La peste/,
jusqu'au Nobel de littérature. J'aurais pu ne rien voir, ne rien
entendre des brimades, du mépris, des humiliations et des violences
qu'on déversait sur les femmes. J'ai choisi de voir et d'écouter d'abord
avec mes yeux et mes oreilles d'enfant. Plus tard, j'ai choisi de dire
les aspirations de toutes ces femmes qui ont marqué ma vie pour que plus
jamais, plus aucune femme dans le monde, n'ait honte d'être femme. Pour
vous dire vrai, à l'enfance et surtout à l'adolescence, je n'ai jamais
rêvé de mariage, de prince charmant, de robe longue, de grande maison,
d'enfants et de famille. Les quelques mariages auxquels j'avais assisté,
en Algérie, me faisaient sentir que la femme était un objet bien plus
qu'un sujet. Inutile de vous préciser que ma perspective était
ultra-minoritaire, car les femmes sont formatées à devenir des épouses
puis des mères dès l'enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six,
peut-être sept ans tout au plus, lorsqu'on me somma de rejoindre ma
grand-mère dans la cuisine, car ma place naturelle était à mi-distance
entre les fourneaux et la buanderie, de façon à pouvoir faire éclater
mes talents de cuisinière et de ménagère le moment venu.
En 1984, l 'Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia
islamique. J'ai 12 ans à cette époque. Brièvement, ce code exige de
l'épouse d'obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la
répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale,
permet à l'époux de corriger sa femme et en matière d'héritage comme de
témoignage, l'inégalité est érigée en système puisque la voix de deux
femmes équivaut à celle d'un homme tout comme les parts d'héritage.
Question : L'Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ? Réponse : Je
vous la donnerai pendant le débat tout à l'heure si vous le souhaitez.
Pour ce qui est de la laïcité, j'ai compris sa nécessité lorsque, au
tout début des années 1990, le Front islamique du salut (FIS) a mis à
genoux mon pays l'Algérie par le feu et par le sang en assassinant des
milliers d'Algériens. Aujourd'hui, on est forcé de constater que les
choses n'ont pas tellement changé. Trop de femmes dans le monde se font
encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler,
fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l'islam en
l'occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage
arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le
divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le
seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes
subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos
soeurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire
trembler l'un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad. Je pense à
*Neda*, cette jeune Iranienne assassinée à l'âge de 26 ans. Nous
avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant
de sa bouche. Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite Yéménite de 10 ans,
qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui
s'est battue pour obtenir le droit de divorcer, et qui l'a obtenu. Je
pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le gouvernement de
Khartoum l'été dernier à cause de sa tenue vestimentaire. La pire
condition féminine dans le globe, c'est celle que vivent les femmes dans
les pays musulmans. C'est un fait et nous devons le reconnaître. C'est
cela notre première solidarité à l'égard de toutes celles qui défient
les pires régimes tyranniques au monde. Qui oserait dire le contraire ?
Qui oserait prétendre l'inverse ? Les islamistes et leurs complices ?
Certainement. Mais pas seulement ! *Il y a aussi ce courant de pensée
relativiste qui prétend qu'au nom des cultures et des traditions nous
devons accepter la régression, qui confine l'autre dans un statut de
victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en
nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons
l'égalité des sexes et la laïcité. C'est cette même gauche qui ouvre les
bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV
en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République.* Sachez
qu'il n'y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous
un linceul, emblème ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine
à accepter le triomphe de l'idiot, du sot et du lâche, surtout si on
érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcuté
sans que ma chair en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le
fouet ou l'aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le
plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame
rouillée sur ma gorge. Et si c'était le cas, je renierais sans remords
ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui
m'a vu grandir. L'islamisme politique n'est pas l'expression d'une
spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C'est une affaire
politique, une menace collective qui s'attaque au fondement même de la
démocratie en faisant la promotion d'une idéologie violente, sexiste,
misogyne, raciste et homophobe. Nous avons vu de quelle façon les
mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de
certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s'est
installée au coeur même de nos villes. Au Canada, nous avons tout de
même failli avoir les tribunaux islamiques. En Grande-Bretagne c'est
déjà la norme dans plusieurs communautés. D'un bout à l'autre de la
planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient
même une alternative acceptable aux yeux de certains car c'est tout de
même mieux que la burqa! Que dire de la démission des démocraties
occidentales sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble et
de la citoyenneté tels que la défense de l'école publique, des services
publics et de la neutralité de l'État ? Que dire des reculs en matière
d'accessibilité à l'avortement ici même en France ?
Tout ça pour dire qu'il est toujours possible de faire avancer les
sociétés grâce à notre courage, notre détermination et à notre audace.
Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les
chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les
seuls chemins de l'émancipation humaine, je n'en connais pas d'autres.
Cette merveilleuse page d'histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que
subir n'est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les
humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c'est se donner le
droit de choisir sa destinée. C'est cela pour moi le féminisme. Une
destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES
les femmes. C'est ainsi que j'ai donné un sens à ma vie en liant mon
destin de femme à tous ceux qui rêvent d'égalité et de laïcité comme
fondement même de la démocratie. L'histoire regorge d'exemples de
religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère
publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les
premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples
dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se
mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de
tous. Il n'y plus de place pour les avancées scientifiques, la
littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma,
bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se
multiplient. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une aversion profonde à
l'égard des intégrismes quels qu'ils soient, car je suis une amoureuse
de la vie. Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de
la cité, nous ne sommes plus dans l'espace du possible, nous ne sommes
plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère
de la Raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer
l'espace public de l'espace privé en réaffirmant la neutralité de l'État
me semble indispensable, car seule la laïcité permet de se doter d'un
espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes
croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée
de la cité. Avant de conclure, permettez-moi de partager avec vous une
lettre destinée à un de vos élus. J'ai longuement hésité avant de vous
écrire. Peut-être, par peur d'être perçue comme celle venue d'ailleurs
qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au
diable les convenances, je n'ai jamais été douée pour la bienséance
surtout lorsqu'elle est au service des plus forts, des plus puissants et
des plus arrogants. Puis, s'il avait fallu que je vive en fonction du
regard des autres, je n'aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu'il
s'agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur
l'essentiel. L'essentiel étant : la liberté, l'égalité et l'émancipation
des femmes. J'entends encore des copines françaises me dirent avec
insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me
rappellent le titre de ce magnifique film d'Almodovar : Parle avec elle,
où dès les premiers instants, le rideau se lève furtivement, pendant
quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps
d'une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses
chorégraphies crûment la violence exercée à l'encontre des femmes.
Monsieur Gérin, c'est à vous que je m'adresse, je voudrais vous parler,
vous dire la peur que j'ai connue le 25 mars 1994 alors que j'habitais à
Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux
femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j'ai marché
la tête nue ainsi que des millions d'autres Algériennes. Nous avons
défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du
GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans
assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée planait sur nos
têtes nues. Il y a des
événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction
particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi.
Depuis ce jour-là, j'ai une aversion profonde pour tout ce qui est
hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or,
aujourd'hui vous êtes à la tête d'une commission parlementaire chargée
de se pencher sur le port du voile intégral en France. En mars dernier,
je publiais au Québec, un livre intitulé : Ma vie à contre-Coran: une
femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais
le ton de ce qu'est devenue ma vie en termes d'engagements politiques en
écrivant ceci : « J'ai vécu les prémisses d'une dictature islamiste.
C'était au début des années 1990. Je n'avais pas encore 18 ans. J'étais
coupable d'être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je
ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité,
par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps
car je ne peux me résoudre à voir l'islamisme politique gagner du
terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et
laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence
derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour
étouffer leurs désirs et taire leurs rêves. Il fut un temps où on
s'interrogeait en France sur le port du voile islamique à l'école.
Aujourd'hui, il est question de voile intégral. Au lieu d'élargir la
portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous
débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des
cercueils. Est-ce normal ? Demain, peut-être c'est la polygamie qui sera
à l'ordre du jour. Ne riez pas. Cela s'est produit au Canada et il a
fallu que les cours (de justice) s'en mêlent. Car après tout la culture
à bon dos lorsqu'il s'agit d'opprimer les femmes. Ironie du sort, j'ai
constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et
disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est
devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une
jupe, un acte de résistance. C'est tout de même une banlieue française
qui est le théâtre du film : La Journée de la jupe. Alors que dans les
rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en
plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République
française, le voile est devenu la norme. Que se passe-t-il ? La France
est-elle devenue malade ? Le voile islamique est souvent présenté comme
faisant partie de « l'identité collective musulmane ». Or, il n'en est
rien. Il est l'emblème de l'intégrisme musulman partout dans le monde.
S'il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout
avec l'avènement de la révolution islamique en Iran en 1979. Que l'on ne
s'y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur
corps, de leur liberté et de leur sexualité. Pire encore, la perversion
est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans.
Il y a quelques temps, j'essayais de me rappeler à quel moment
précisément, en Algérie, j'ai vu apparaître ce voile dans les salles de
classe. Pendant mon enfance et jusqu'à mon entrée au lycée, c'est-à-dire
en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À
l'école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les
enseignants, ni surtout parmi les élèves. Voilà 12 ans que j'habite au
Québec dont la devise inscrite sur les plaques d'immatriculation des
voitures est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France
devrait-elle se souvenir ? Quelle est porteuse des Lumières. Que des
millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont
le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C'est peu dire.
Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci
vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les
petits. C'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, tous les regards sont
tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous
fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de
la burqa. Pour notre part au Québec, on se souvient qu'en 1961, pour la
première fois dans l'histoire, une femme, une avocate de surcroît, est
élue à l'Assemblée législative lors d'une élection partielle. Son nom
est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux
règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour
se présenter à l'Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête
pendant les sessions. Elle refuse. C'est le scandale. Un journal titre :
« Une femme nu-tête à l'Assemblée législative ! » Elle résiste et
obtient gain de cause. Il faut comprendre par là que nos droits sont des
acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu'ils sont le résultat
de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de
femmes et d'hommes épris de liberté et de justice. J'ose espérer,
monsieur Gérin, que la commission que vous présidez tiendra compte de
tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le
monde et les siècles. A vous chers amis, s'il y a une chose, une seule,
que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c'est la
suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de
l'extrême droite et le laisser-faire et
la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les
choses, plus encore nous avons la responsabilité historique de faire
avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte,
responsables de notre avenir et de celui de nos enfants. Car il prendra
la direction que nous lui donnerons. Nous, les citoyens. Nous, les
peuples du monde. Par nos gestes, par nos actions et par notre
mobilisation. Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d'un pays
à l'autre au-delà
des frontières. L'avenir nous appartient. La femme est l'avenir de
l'homme disait Aragon. S'agissant d'homme, je veux en saluer un présent
aujourd'hui, c'est mon père à qui je dois tout. Et je finirai par une
citation de Simone de Beauvoir : «On a le droit de crier mais il faut
que ce cri soit écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela
résonne chez les autres. » J'ose espérer que mon cri aura un écho parmi
vous.
*Djemila Benhabib*