NARBONNE: Ces voix de femmes libres qui fleurissent au Maghreb

NARBONNE: Ces voix de femmes libres qui fleurissent au Maghreb


NARBONNE: Ces voix de femmes libres qui fleurissent au Maghreb
NARBONNE: Ces voix de femmes libres qui fleurissent au Maghreb


Trois militantes de la Ligue des droits des femmes marocaines ont débarqué à Narbonne, hier, accueillies par la Maison des potes et diverses associations locales. Le but : nouer des partenariats et informer les femmes.

Elles n'en sont pas à leur première initiative dans l'hexagone.

Fouzia Assouli, présidente de la Ligue des droits des femmes marocaines (LDDF), Zahra Sadik, vice-présidente et Latifa Lliraqui, présidente de l'école de l'égalité et de la citoyenneté s'échinent depuis plus de 15 ans, dans leur pays d'origine et ici, en France, à informer les femmes sur les dernières avancées du Code de la famille.

Leur objectif : «agir pour une réelle égalité entre les hommes et les femmes, et pour une justice sociale, résume Fouzia Assouli.

En dépit de la modernisation législative du Maroc concernant l'âge du mariage, relevé à 18 ans au lieu de 15, la polygamie, désormais soumise à l'approbation d'un juge, ou encore le partage des biens des deux époux en cas de divorce, le respect de la tradition règne encore en maître dans certaines régions reculées.

Et en milieu urbain, les textes sont appliqués avec largesse. C'est pourquoi le combat de Fouzia, Zohra, Latifa et les autres est loin d'être terminé.

En France, la situation est «encore pire»

Parole de militante : «En France c'est encore pire qu'au Maroc», lâche Latifa Lliraqui, responsable de l'école de l'égalité, structure affiliée à la Fédération, à Casablanca. Au fil de leurs voyages en France, au sein des caravanes pour l'égalité des femmes organisées à Toulouse, Montpellier ou encore Lyon, les militantes l'ont constaté : "Ici, c'est plus grave parce qu'elles subissent une double discrimination".

Ce sont des femmes et en plus elles viennent d'ailleurs. Parfois, elles n'osent pas parler parce qu'elles ont peur de perdre leur carte de séjour», explique Fouzia Assila. Et Latifa d'enchaîner : «On rencontre des situations que l'on retrouve de moins en moins au Maroc.
C'est pire. Chez nous, à travers la presse et l'information, les femmes entendent quand même parler des changements. Ici, elles n'ont aucune visibilité. Certaines vivent selon les traditions qui valaient encore au Maroc lorsqu'elles ont immigré».

A la Maison des potes, Karima Belkacem, médiatrice, fait le même constat. «Nous avons préparé cette rencontre avec des femmes marocaines de Narbonne. Je me suis rendu compte que leur situation était plus compliquée.

Au Maroc, les femmes sont plus émancipées, analyse Karima. Elles ont beaucoup de difficultés liées aux questions de divorce, d'héritage, de pension alimentaire, naturalisation...»

Autant de questions que ces Narbonnaises ont évoqué lors d'une rencontre confidentielle, hier après-midi, à la Maison des services de Saint-Jean Saint-Pierre.

Demain, les trois militantes répondront à nouveau aux questions du public
lors d'un repas improvisé à la Maison des services (chacun peut apporter un
plat sucré ou salé). A 14 h, un film sur la Caravane de l'égalité dans la
région de Ouarzazate sera projeté et sera suivi d'un débat. Entrée libre.

*P. B.*

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