projet Femmes du monde


LE POLE FEMMES A LA MAISON DES POTES

Comment s’est-il constitué ?


Le 8 février 2002 la MDP de Narbonne a accueilli la Marche des Femmes contre les ghettos et pour l’égalité. Pour préparer cette journée, avec les 2 médiatrices, nous avions rencontré un grand nombre de femmes qui nous avaient fait part de leurs difficultés. Nous avions profité de cette journée pour poser les problèmes liés au logement : logements insalubres, HLM vétustes, regroupement des plus démunis dans des certains secteurs créant ainsi de véritables ghettos.
A l’issue de cette journée, plusieurs femmes avaient exprimé leur envie de se retrouver pour apprendre à mieux maîtriser le français, pour s’informer et lutter contre l’isolement. De notre côté, nous avions la conviction que si la possibilité était donnée aux femmes de s’affirmer en participant à des actions collectives, elles seraient à l’initiative des changements, elles prendraient une place importante dans la construction du lien social et elles travailleraient à leur projet d’émancipation : se battre seule contre les préjugés et l’ignorance relève de l’impossible.

Ainsi est né le groupe « Femmes du Monde » de la MDP. Il s’est tout de suite appuyé sur les 2 médiatrices sociales et scolaires, sur leur travail en direction des femmes et leurs contacts. Sans le travail de terrain et de proximité et les liens de confiance qu’elles avaient tissés, rien n’aurait été possible.

Les objectifs généraux

- lutter contre l’isolement et les discriminations,
- favoriser les échanges interculturels et créer du lien social,
- aider les femmes à formuler leurs problèmes, leurs difficultés pour les accompagner à trouver des pistes de remédiation et à devenir autonomes,
- favoriser la prise d’initiatives, de responsabilités au sein de la vie de la cité,
- valoriser leurs compétences et savoir-faire.

Les ateliers

Deux ateliers hebdomadaires ont été mis en place : l’atelier gym en partenariat avec le collège Georges Brassens et la FCPE en direction des mamans d’élèves du collège et l’atelier d’insertion à la vie quotidienne. L’atelier gym s’est arrêté par manque de participantes.
Par contre, l’atelier d’insertion à la vie quotidienne se déroule chaque semaine, le mardi après midi, à la MDP. Il s’adresse à des femmes de toutes origines qui ne maîtrisent pas totalement la langue française et qui de ce fait se sentent exclues et marginalisées. Il s’agit de les amener à plus d’autonomie notamment dans les démarches administratives en leur donnant des repères. Les objectifs de l’atelier sont les suivants :
- apprendre quelques notions simples de la langue écrite pour remplir des documents indispensables dans la vie de tous les jours (feuilles de maladie, chèques, carnet scolaire) et se perfectionner dans la langue parlée pour accomplir les démarches quotidiennes,
- rencontrer des intervenants extérieurs (infirmière, assistante de vie) pouvant apporter des informations sur la santé et l’alimentation (mise en place d’un point santé),
- rencontrer des représentants des administrations, des services sociaux ou de l’éducation nationale pour identifier les différents interlocuteurs (CAF, HLM, AS, CIO), s’informer et favoriser l’autonomie des les démarches administratives,
- favoriser l’écoute, l’échange et créer du lien entre des femmes de différentes origines sociales et culturelles.
L’atelier est animé par une équipe de femmes bénévoles qui acceptent de donner et de partager un moment de leur temps avec des femmes issues d’autres cultures avec lesquelles se tissent des relations d’amitié et de solidarité.

Les soirées de partage et d’échange

Trois fois dans l’année, nous organisons avec les femmes des soirées conviviales basées sur le partage et l’échange autour de chants, musiques, danses, poèmes.

Le mois des Richesses de l’immigration
Depuis 3 ans, nous organisons des manifestations au cours du mois de mai sur le thème des richesses apportées par l’immigration pour faire changer le regard que certains de nos compatriotes portent sur les immigrés. Conférences et débats, films, expositions sont au programme afin de susciter échanges et réflexions.

Les récits de vie

Ce projet fait partie du projet plus global qui consiste à changer le regard sur l’immigration, à modifier les représentations et à montrer que c’est une richesse plus qu’une charge. Il nous a semblé important de lier les récits de vie à la question de l’insertion et de l’éducation, à l’autonomie pour des femmes souvent marginalisées et à qui on donne rarement la parole : autonomie par rapport à la communauté d’origine pour s’ouvrir aux valeurs du pays d’accueil (sans pour autant rejeter ses propres valeurs) et prendre en charge autrement la famille ; mieux s’insérer en maîtrisant mieux la langue française et à terme acquérir une formation pour accéder à un emploi. Le but de ces récits de vie étaient de valoriser les itinéraires personnels, de montrer qu’ils sont une richesse pour nous mais aussi pour les enfants et petits-enfants qui souvent connaissent mal l’histoire de la famille et survalorisent le pays d’origine, de faire le lien entre le pays d’où l’on vient, celui où l’on vit et aider à se projeter dans un avenir possible.
Les objectifs qui ont guidé le projet sont les suivants :
- créer des liens, des passerelles entre 2 univers qui ne se rencontrent pas avec les risques inhérents à ce type de situation : méconnaissance réciproque, rejet de l’inconnu, incompréhension, risque de repli communautaire,
- valoriser la parole des femmes issues de l’immigration pour leur donner une image positive d’elles-mêmes et de leur histoire (les aider à se réapproprier leur histoire individuelle),
- faire connaître aux jeunes et aux enfants leur histoire à travers l’histoire familiale,
- permettre une meilleure connaissance des coutumes et des traditions,
- valoriser l’histoire de l’immigration et montrer que cette immigration est une richesse pour la France,
- faire tomber les incompréhensions mutuelles et éviter le repli communautaire.

Une trentaine de femmes ont accepté de témoigner de leur histoire. Les entretiens ont été menés par la sociologue Kadidja ATTOU. Parmi ces femmes, 8 ont accepté que leur entretien soit filmé par Nicole AUCOUTURIER qui a réalisé le montage du film. Ainsi est né le film « D’une rive à l’autre, femmes venus d’ailleurs ». Projeté plusieurs fois et dans des lieux différents, il suscite toujours l’émotion et permet d’engager le débat. Notre objectif est de continuer à le diffuser.

L’ensemble des entretiens devraient donner naissance à un livre sur lequel travaille actuellement l’écrivain, Simone SALGAS.

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Narbonne Underground - Un documentaire de Max Knorth et Vincent Diderot