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les 'pleurnicheries' de ma filleMa fille pleurniche et j'ai beaucoup de mal à le supporter, voici ce que je fais :
Ce qui m'aide beaucoup dans un premier temps, c'est de travailler sur le
présent. Concrètement, c'est de m'isoler au maximum de toutes interactions sociales (obligations, horaires, regard des autres). Dans le cas des pleurnicheries, j'ai remarque que ce qui me rend vraiment dingue, ce sont les pleurnicheries de ma fille sous le regard réprobateur (réel ou imaginaire) des autres. Donc travailler sur mes réactions d'aujourd'hui, ca veut dire opérer cette coupure mentale sur ce qui important (ma fille) et ce qui ne l'est pas (l'opinion des autres). Plus j'y travaille et plus j'y arrive.
Travailler sur le passé aussi. Ce que ça dit sur moi cette réaction aux
pleurnicheries, c'est que j'étais le porte-drapeau de mon père, toute mon attitude (sociale) devait être valorisante pour lui. Partant de la, j'essaye de renouer avec les émotions forcément très confuses d'une petite fille qui n'est aimée que quand elle est gratifiante. Les émotions cachées très profondément qui sont associées a ça remontent peu a peu, ca peut prendre des mois et des mois, faut laisser mûrir. Et quand c'est mûr, la vie me donne l'occasion de rejouer pleinement, en toute conscience, une situation qui met en scène tous les éléments que j'ai identifiés. Et la c'est très fort, il y a des larmes, des cris, des choses très anciennes qui remontent et que j'accueille comme on accueille les émotions d'un enfant. Sauf que l'enfant c'est moi il y a 20 ou 30 ans. C'est de l'auto-co-écoute sauvage si tu veux ;-))
Le troisième aspect, c'est de pouvoir faire un pont entre le passé et le
présent. Quand ma fille a un comportement qui me rend violente, c'est de comprendre que mon agacement, cette violence, ne m'appartient pas réellement en fait, de m'en débarrasser comme on se débarrasse du manteau trop lourd d'un inconnu, et de saisir dans ce que j'observe des émotions de ma fille l'occasion de renouer enfin avec mes émotions d'enfant (toutes effacées de ma mémoire consciente). Je la regarde et je me laisse prendre, envahir par ce qu'elle vit, c'est de l'empathie pure. Après une expérience comme ça, je peux repenser à la petite fille que j'étais et y connecter cette émotion "nouvelle" que j'ai redécouverte en me laissant emporter par les émotions de ma fille, je peux me visualiser enfant vivant ce type d'émotions, et je sens au fond de moi un très grand changement, un grand apaisement, comme quand 2 pièces de puzzle se retrouvent enfin. C'est très difficile de mettre des mots sur ce type d'expérience. C'est le miracle thérapeutique. C'est rare, ca peut passer totalement inaperçu aux yeux des autres, mais ça change totalement la vie. Une fois que l'on retrouve cette unité intérieure, d'avoir reconnecté une émotion réprimée à notre histoire d'enfant, on ne revient plus jamais en arrière. Parfois, le conditionnement est tellement fort que l'on continue pendant un moment à agir comme si on était toujours le jouet de la violence, mais le coeur n'y est plus, on crie encore un peu, mais moins fort, on montre de moins en moins les dents, tout ca semble finalement inutile.
Bon, c'est très confus tout ca, surtout le 3eme point qui est une
expérience que j'ai vraiment du mal a décrire, mais dont j'ai l'impression que nous la partageons tous. Pour le cas précis des pleurnicheries, je n'ai hélas pas beaucoup avancé, ça risque de prendre encore quelques années... Samedi 12 Mars 2005
Fab
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