Daniel Garrigue, un député UMP courageux qui claque la porte
La bonne nouvelle pour ce début d'année
Daniel Garrigue, une guerre des clans ?
Un député UMP qui claque la porte du parti présidentiel, voilà sans doute une nouvelle d'importance qui révèle des fissures dans le dispositif majoritaire que l'on croit, en le regardant de l'extérieur, solide et à l'épreuve de tous les vents contraires.
Déjà, dans ce paysage pas vraiment idyllique, un Dominique de VILLEPIN fait entendre sa différence. Alain JUPPE ne dit pas grand chose mais n'en pense pas moins. Même un Jean-François Copé, c'est déjà pour Nicolas Sarkozy et son fidèle lieutenant, agent d'assurance de son métier, Xavier BERTRAND, un sacré caillou dans la chaussure du Président de la République.
Cette majorité souffre du sarkozysme et sans doute son calvaire n'est pas terminé. Ce sera un long chemin de croix parsemé de défaites, de trahisons et de désillusions amères.
Le coup de tonnerre de Daniel GUARRIGUE, courageux député UMP qui claque la porte du parti majoritaire, fragilise encore plus cet édifice politique branlant.
Daniel GARRIGUE les rangs des non-inscrits à côté de ... Nicolas DUPONT-AIGNAN. Mais cette initiative n'est-elle pas un coup de sang contre l'appareil sans réel désaccord sur le fond en particulier sur l'Europe, Daniel GARRIGUE a défendu le traité de Lisbonne.
Il siège maintenant dans le poulailler...
Le poulailler de l'Assemblée Nationale, une bonne hauteur de vue !
Par Mathilde Mathieu
Jusqu'ici, Daniel Garrigue occupait la place n°3 dans l'hémicycle. Un fauteuil envié, tout en bas, au premier rang – pas besoin de grimper.
Celui du grand résistant Georges Mandel. Jeudi 18 décembre, le site internet de l'Assemblée nationale a révélé que Daniel Garrigue déménageait au n°143. Désormais, ce fidèle d'Alain Juppé siégera dans le "poulailler", où sont relégués les parlementaires "non inscrits", sans groupe politique, dans la dernière travée. Il vient en effet de claquer la porte de l'UMP, écœuré par les réformes et «le style» de Nicolas Sarkozy.
Je ne fais pas carrière
De Villepin, derrière ?
Le 10 décembre, Daniel Garrigue a envoyé sa lettre de démission au secrétaire général du parti et prévenu Jean-François Copé, patron des députés UMP, qu'il reprenait sa «liberté». «Je ne fais pas carrière. Je fais de la politique. Je défendrai jusqu'au bout mes convictions gaullistes, sociales et européennes», écrivait-il, les jugeant trahies.
Lui qui avait obtenu, en début de législature, le "droit" de rejoindre la prestigieuse commission des finances, devra laisser sa place.
Pourquoi s'infliger un tel purgatoire? «Trop de désaccords de fond», tranche cet ancien du RPR de Jacques Chirac, auquel il avait adhéré en 1976, dès sa création.
D'autres raisons, sans doute moins glorieuses, ont pesé lourd dans sa décision: candidat à sa propre succession à la tête de la fédération UMP de Dordogne, début décembre, Daniel Garrigue s'est fait rafler la place par le conseiller politique du président de la République, Jérôme Peyrat, maire d'un patelin local. Pour faire gagner son poulain, l'Elysée avait dépêché Xavier Bertrand auprès des militants et mobilisé l'octogénaire Yves Guéna, figure tutélaire de la droite périgourdine, ancien membre du Conseil constitutionnel – la grosse Bertha. En clair, "le Château" a coulé Daniel Garrigue et le député n'a pas pardonné.
«Mes critiques dérangeaient, dans un parti où le débat n'a plus sa place», affirme-t-il aujourd'hui dans un véritable réquisitoire contre la présidence sarkozyste. Son premier grief: la mise au rencard des objectifs gaullistes de «justice sociale». «C'était manifeste sur le RSA [le revenu de solidarité active de Martin Hirsch voté cet automne à l'Assemblée], puisque le gouvernement a refusé que les plus riches participent à la solidarité nationale.» Le projet de loi prévoyait en effet que les Français bénéficiaires du bouclier fiscal (qui plafonne les impôts à 50% des revenus) échappent à la taxe créée pour financer le nouveau dispositif. Par un amendement, Daniel Garrigue a tenté d'y remédier, quand d'autres UMP, pourtant convaincus, se dégonflaient.
Idem quand le parlementaire a voulu contrer une disposition sur les «emplois familiaux» (femmes de ménage, etc.), relevant de 12.000 à 15.000 euros le plafond des dépenses ouvrant droit à des réductions d'impôts – un cadeau à ceux qui peuvent déjà se l'offrir. «Des collègues m'ont apporté leur soutien moral», jure-t-il. Le plus souvent dans la coulisse.
Un retour de la France dans l'OTAN qui passe très mal
Alain Juppé, premier acte de rébellion pour 2009 ?
Son second reproche vise la politique étrangère et le retour programmé de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. «Le Président fait fausse route quand il affirme que c'est un passage obligé pour que les Etats-Unis acceptent un projet de défense européenne», pointe-t-il. En avril 2008, quand François Fillon est venu défendre la stratégie élyséenne au perchoir de l'Assemblée, Daniel Garrigue est «resté assis, sidéré». Pas question d'applaudir à l'enfouissement de l'héritage gaullien et de l'indépendance française. «Quant aux relations franco-allemandes, franchement, Nicolas Sarkozy a cumulé les maladresses»...
Un stype présidentiel qui l'insupporte
En fait, «le style présidentiel» l'insupporte: «Il surfe en permanence sur l'émotion, la médiatisation, sans cohérence, comme Ségolène Royal au PS », déclare le député. Pire: «Il n'accepte pas le débat», «à l'inverse d'Alain Juppé», qui a piloté l'UMP de 2002 à 2004. Pour preuve, le projet de loi tout juste déposé à l'Assemblée, visant à limiter le droit d'amendement des parlementaires, de l'opposition comme de la majorité.
Du coup, Daniel Garrigue travaille à la création d'un nouveau parti, susceptible d'aimanter les gaullistes, dans l'orbite d'Alain Juppé, dont il vante – dernier tacle au chef de l'Etat – «la supériorité intellectuelle». Une nouvelle alerte pour l'Elysée, après la récente création d'une association chiraquienne à l'Assemblée et d'un club de sénateurs proches de Jean-Pierre Raffarin.
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