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Devenir SDF : la moitié des Français pensent ne pas être à l'abri.

Un sondage souligne que la crainte d'être à la rue.

Si l’on doit retenir un chiffre dans cette campagne présidentielle c’est bien celui-ci.
A la question : «Pensez-vous que vous puissiez devenir un jour SDF ?», près de la moitié (48 %) (1)des personnes questionnées répond : «Oui, cela pourrait m'arriver» ou «Oui, c'est très possible».



On a d’abord une réaction incrédule à la lecture de ce sondage

hiver 1954... hiver 2007... et plus ?
hiver 1954... hiver 2007... et plus ?
Il est trafiqué, il ne reflète pas la réalité. Je pense que cette tendance n’est pas fausse et que pour une fois les instituts de sondages sont dans le vrai à l’opposé des sondages politiques que nous lisons tous les jours sur les intentions qui sont de la poudre aux yeux par exemple du sociologue Emmanuel TODD.

Cette France qui a peur, non pas de l’autre comme le stigmatise Le Pen mais de la dégradation de sa propre condition matérielle est consubstantiel d’une révolte à prévoir dans les urnes au mois d’avril prochain.

Ces français qui ne sentent plus protéger par le meilleur système protecteur du monde nous a-t-on dit pendant 20 ans vont réagir très fortement, encore davantage je crois que lors du référendum sur le TCE de mai 2005. La poussée tellurique qui a eu lieu va grandir et s’affirmer.

Cette précarité touche dorénavant les classes moyennes. Le sociologue essayiste Louis Chauvel qui a les étudiées très finement dans son livre (2) exprime lui aussi cette inquiétude en analysant une peur dans l’avenir exprimée par les classes moyennes.


«C'est un chiffre énorme. Nous interpellons les responsables politiques pour qu'ils traitent de façon sérieuse cette exclusion qui fragilise toute la société», commentait hier Didier Cusserne, délégué général de l'association Emmaüs. La peur de basculer dans l'extrême précarité est aussi particulièrement prononcée dans les couches ouvrières, très exposées aux restructurations industrielles et aux délocalisations : 74 % estiment «possible» qu'ils deviennent sans-abri.

Une lecture du sondage par tranche d'âge, montre aussi une inquiétude forte chez les 35-49 ans (62 %), le noyau dur des actifs. Les incertitudes liées à leur activité professionnelle et la crainte de ne pas pouvoir faire face aux charges financières pesant sur leur foyer (remboursement d'emprunts, paiement du loyer...) semblent alimenter la peur de la grande exclusion.
Dans le sondage, «le surendettement» (31 %) et le «licenciement» (21 %) sont cités en tête parmi les causes pouvant conduire au «sans-abrisme». Les accidents de la vie, comme «la maladie» (20 %), «une séparation ou un divorce» (10 %), la «mort d'un proche» (7 %), sont perçus comme des facteurs secondaires. La situation économique est encore mise en avant par les sondés lorsqu'on les interroge sur le profil des personnes les plus menacées par la grande exclusion, puisque les plus vulnérables sont les «travailleurs à faible salaire» (59 %) et «les jeunes» (39 %).

Logement. La précarité professionnelle des jeunes (21,8 % de chômeurs selon le ministère du Travail) comme celle des travailleurs pauvres les expose plus que les autres au risque de devenir SDF. L'absence de revenus réguliers ou suffisants compromet l'accès au logement qui établit la frontière entre les ADF (avec domicile fixe) et les SDF. Autres considérations venant assombrir ce tableau pessimiste : 85 % des sondés estiment que le nombre de sans-abri a augmenté ces dernières années en France (3). Seulement 17 % pensent que la situation des exclus va « s'améliorer» alors que 40 % craignent qu'elle «se dégrade» et pour 41 %, elle va «rester la même».

En réponse à cette précarité et pour tendre vers le plein emploi, le candidat gaulliste et républicain à l’élection présidentielle, Nicolas Dupont Aignan, propose 10 mesures fortes pour relocaliser l’emploi en France et en Europe

Dupont Aignan propose 10 mesures radicales
Dupont Aignan propose 10 mesures radicales
Des mesures nationales, avec :
l’instauration d’une « TVA sociale »,
le doublement de l’effort de recherche (de 2,2 à 4,5% du PIB) et l’amélioration de ses performances,
la généralisation de l’actionnariat-salarié,
la suppression des charges pour la première nouvelle embauche dans les TPE,
un étiquetage précis sur l’origine des produits de consommation courante
et la création d’une « sécurité professionnelle » offrant à chacun un accès à la formation qualifiante tout au long de la vie.
Et des mesures européennes, avec :
la réorientation de la politique de l’euro,
la création d’écluses sociales et écologiques pour les échanges commerciaux,
une vraie harmonisation sociale et fiscale à l’intérieur de l’UE
et la création d’agences européennes de coopération épaulées par un emprunt de 150 milliards d’euro de la Banque Européenne d’Investissement, pour financer de grands travaux partout dans l’UE.



(1) sondage BVA-Emmaüs- l'Humanité-la Vie, portant sur la question cruciale des sans-abri Réalisé du 3 au 4 novembre 2006 par BVA auprès de 1 008 personnes
(2) Louis Chauvel Les classes moyennes à la dérive, édition du seuil collection la république des idées.
(3) Le dernier recensement des SDF par l'Insee date de 2001. Il faisait état de 86 500 sans-abri.

frederic bobard
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1.Posté par hardi le 15/02/2007 21:04
Je vous livre des chiffres étonnants en Europe
La riche Europe compte 15 % de pauvres en moyenne...

La pauvreté en Europe de l’Ouest

La riche Europe est loin d’avoir éradiqué la pauvreté : 15 % de la population dispose d’un revenu inférieur à 60 % du revenu médian*. Mais les disparités sont grandes entre les pays nordiques et la France d’un côté, où la pauvreté se situe plutôt autour de 11 à 12 % et les pays du Sud, l’Irlande et le Royaume-Uni, où le taux de pauvreté est compris entre 18 et 21 % soit au minimum 50 % de pauvres en plus. Ces pays ont connu une industrialisation plus tardive (Grèce, Portugal), ou ont opté pour des politiques de déréglementation et de moindre redistribution (Royaume-Uni). Ces données relativisent l’engouement pour le "modèle britannique", où la pauvreté diminue, mais à partir d’un niveau considérable.

* Seuil de pauvreté utilisé pour les comparaisons européennes, le revenu médian étant celui qui sépare la population en deux, la moitié recevant moins que ce revenu, l’autre plus (distinct d’une "moyenne").

Les formes de la pauvreté

Les niveaux de vie des pays de l’Est de l’Europe sont nettement inférieurs à ceux de l’Ouest. L’impossibilité de subvenir à ses besoins essentiels (se nourrir, se loger, se vêtir) y demeure fréquente. En Roumanie, 47 % des ménages en 2001 ne disposaient pas d’eau chaude ; en France, seulement 2 % des français étaient dans ce cas. Logiquement, on consacre dans ces pays une part plus importante de son budget aux dépenses de base, comme l’alimentation qui représente 59 % des achats des ménages en Roumanie .

Les 10 % de français les plus pauvres ont un revenu presque égal au revenu médian portugais et deux fois plus élevé que les revenus médians polonais ou russe. Cependant, être pauvre dans un pays riche est aussi une question relative : la norme de consommation y est plus élevée et de bas niveaux de vie ne permettent pas d’y accéder.

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