Il est trafiqué, il ne reflète pas la réalité. Je pense que cette tendance n’est pas fausse et que pour une fois les instituts de sondages sont dans le vrai à l’opposé des sondages politiques que nous lisons tous les jours sur les intentions qui sont de la poudre aux yeux par exemple du sociologue Emmanuel TODD.
Cette France qui a peur, non pas de l’autre comme le stigmatise Le Pen mais de la dégradation de sa propre condition matérielle est consubstantiel d’une révolte à prévoir dans les urnes au mois d’avril prochain.
Ces français qui ne sentent plus protéger par le meilleur système protecteur du monde nous a-t-on dit pendant 20 ans vont réagir très fortement, encore davantage je crois que lors du référendum sur le TCE de mai 2005. La poussée tellurique qui a eu lieu va grandir et s’affirmer.
Cette précarité touche dorénavant les classes moyennes. Le sociologue essayiste Louis Chauvel qui a les étudiées très finement dans son livre (2) exprime lui aussi cette inquiétude en analysant une peur dans l’avenir exprimée par les classes moyennes.
«C'est un chiffre énorme. Nous interpellons les responsables politiques pour qu'ils traitent de façon sérieuse cette exclusion qui fragilise toute la société», commentait hier Didier Cusserne, délégué général de l'association Emmaüs. La peur de basculer dans l'extrême précarité est aussi particulièrement prononcée dans les couches ouvrières, très exposées aux restructurations industrielles et aux délocalisations : 74 % estiment «possible» qu'ils deviennent sans-abri.
Une lecture du sondage par tranche d'âge, montre aussi une inquiétude forte chez les 35-49 ans (62 %), le noyau dur des actifs. Les incertitudes liées à leur activité professionnelle et la crainte de ne pas pouvoir faire face aux charges financières pesant sur leur foyer (remboursement d'emprunts, paiement du loyer...) semblent alimenter la peur de la grande exclusion.
Dans le sondage, «le surendettement» (31 %) et le «licenciement» (21 %) sont cités en tête parmi les causes pouvant conduire au «sans-abrisme». Les accidents de la vie, comme «la maladie» (20 %), «une séparation ou un divorce» (10 %), la «mort d'un proche» (7 %), sont perçus comme des facteurs secondaires. La situation économique est encore mise en avant par les sondés lorsqu'on les interroge sur le profil des personnes les plus menacées par la grande exclusion, puisque les plus vulnérables sont les «travailleurs à faible salaire» (59 %) et «les jeunes» (39 %).
Logement. La précarité professionnelle des jeunes (21,8 % de chômeurs selon le ministère du Travail) comme celle des travailleurs pauvres les expose plus que les autres au risque de devenir SDF. L'absence de revenus réguliers ou suffisants compromet l'accès au logement qui établit la frontière entre les ADF (avec domicile fixe) et les SDF. Autres considérations venant assombrir ce tableau pessimiste : 85 % des sondés estiment que le nombre de sans-abri a augmenté ces dernières années en France (3). Seulement 17 % pensent que la situation des exclus va « s'améliorer» alors que 40 % craignent qu'elle «se dégrade» et pour 41 %, elle va «rester la même».